Hanouna et les ayatollahs:

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Des témoins introuvables, des plaignants (supposés) étrangement mutiques et fantomatiques, le président d’une association, Le Refuge, ( Nicolas Noguier) pris au piège d’une affaire qu’il ne contrôle plus et au cœur d’un mauvais vaudeville qui se dégonfle à vue d’œil, des médias d’une légèreté coupable, trop heureux de clouer au pilori, et  à bon compte, un animateur qu’ils avaient dans leur viseur, un CSA qui ne s’honore pas et qui s’engouffre grossièrement dans cette pauvre brèche… N’en jetons plus. L’affaire Hanouna, dont les médias se regorgent depuis dix jours, touche misérablement à sa fin. Reste le pitoyable spectacle de médias en surchauffe et à l’affût qui, la plume érectile, tentent d’abattre un feu-follet, sans autre motif qu’une détestation profonde.

Le numéro d’assez mauvais goût de Cyril Hanouna, singeant à l’antenne un homosexuel que l‘on ne trouve plus que dans des « Cages aux folles » d’un autre temps, aura vu une déferlante d’affirmations imaginaires, d’approximations et de contre-vérités assez rares en pareille occasion. Le clavier a remplacé le goupillon et les postures morales ont succédé aux prêches enflammées d’une poignée de plumitifs prompts à excommunier celui qui s’apprête à saisir la justice.

Et on l’y encourage. Non pas qu’Hanouna soit exempt de reproches : son numéro reste, dans sa forme, foncièrement déplacé. Mais la violence et la disproportion des réactions posent la question de la liberté d’expression et « de dérision » : ce que l’intéressé défend dans les colonnes du JDD, ce dimanche. Les ayatollahs du net ont cela de dangereux qu’ils instruisent à charge et chassent en meute, sans preuves, ni enquêtes : au doigt mouillé et à l’instinct. En d’autres temps, ils auraient envoyé leur voisin de palier au bagne pour une motte de beurre.  C’est l’affligeante conséquence des dérives d’une profession sur le qui-vive, des excès d’un petit cercle de procureurs qui font la loi sur la toile. En d’autres temps, ici encore, les Desproges, les Collaro, les Lafesse, les Amadou et autres Francis Blanche, auraient fini au bagne. Avec Hanouna, en 2017, Les pique-assiettes de la haine ont trouvé un os à ronger. Bonne digestion,, messieurs!

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6 Comments
  • Antoine
    mai 30, 2017

    Se servir du carnage de l’emballement médiatique pour négliger la souffrance qu’a causé et cause ce type de sketch est dégueulasse. Au delà des victimes directes pensez aussi aux campagnes de prévention qui ont été balayées.

    Mais ensuite comparer Hanouna avec des humoristes de talent ?…

    Une place se libère dans son cirque, cet article est donc une lettre de motivation ?

    • Tipanda69
      mai 30, 2017

      Je fait partie d’une génération de gays qui savait se moque de soit car on n’avait l’impression d’être considéré comme une personne normal au yeux des autres
      Oui le sketch peut être déplacé pour certains et risible pour d’autres au même titre que la cage aux folles ou pedale douce
      L’humour est comme le café chacun le préfère de différentes façons
      Voila

  • Daniel Conrad
    mai 30, 2017

    Voilà le parfait exemple de ce que vous dénoncez. Un article lamentable, orienté, farci de contre-vérités et à la plume molle. Finalament, je vais passer pour un Revelophobe.

  • Glassay
    juin 5, 2017

    Défense inconditionnelle de Morandini, puis d’Hanouna, etc.
    Vous abîmez votre crédibilité à la longue.
    Personne ne vous le dit dans votre entourage?

  • Ignatius J. Reilly
    juin 9, 2017

    Article débile et arguments (?) débiles pour défendre l’émission débile d’un animateur débile : tout ça est très cohérent. Avec en bonus, fautes d’orthographe et barbarismes, encore plus grotesques quand on prétend faire du style. Et ça a été rédacteur en chef de L’Express ? Pauvre clown.

  • Daniel Conrad
    juin 9, 2017

    Pour votre gouverne, monsieur le journaliste expert médias et fréro de Cyril Hanouna… Renseignez-vous avant de dire des annêries dans une émission de sots !
    Jeudi soir, Touche pas à mon poste a même fait intervenir un journaliste qui a jugé la sanction illégale. « Il y a un vice de forme du droit, je pense. Le CSA est habilité pour distribuer des amendes. Là, c’est une sanction économique. Ils touchent au portefeuille de la chaîne. Je pense que juridiquement, ça ne tient pas », a affirmé Renaud Revel, journaliste au Journal du dimanche.

    En réalité, la loi accorde bel et bien un tel pouvoir au gendarme de l’audiovisuel. « Le CSA peut prononcer […] la suspension d’une ou plusieurs séquences publicitaires pour un mois au plus », indique clairement l’article 42-1 de la loi sur l’audiovisuel de 1986.