Après Netflix et Amazone, Facebook se lance dans la production de séries.

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L’annonce était attendue et le projet risque de faire du bruit. Selon le « Wall Street Journal » Facebook envisagerait de se lancer dans la production de programmes diffusés sur sa plateforme planétaire. Pour se faire le groupe de Mark Zuckerberg discuterait avec le tout-Hollywood en vue de la diffusion sur son réseau de premiers programmes d’ici à la fin de l’été. Scénaristes, réalisateurs, producteurs: une petite armée se serait mise au travail. Et les moyens sont naturellement à la hauteur de la puissance du réseau mondial. Facebook serait prêt à investir pour ses fictions jusqu’à 3 millions de dollars par épisode, ce qui équivaut à des couts de production de très haut niveau, comparables à ceux engagés par des géants comme HBO ou Warner aux Etats-Unis.

 

L’intrusion de Facebook sur le marché des programmes vient après celles d’autres mastodontes du net, tels que Netflix, Apple ou Amazones. Elle consacre leur absolue domination et signe la fin d’un modèle. 1,86 milliard d’abonnés dans le monde, dont 349 millions en Europe : le géant américain  dispose d’une clientèle captive proprement sidérante pour les industriels d’Hollywood dont le modèle économique, lui aussi, se trouve bouleversé, avec des débouchés jamais imaginés depuis la création de la cathode.

L’autre atout de Facebook, c’est l’âge de ses internautes et la tranche visée : les 17-30 ans. Une génération grande consommatrice de séries. Conséquence de cette lame de fond : la disparition programmée, à moyen terme, de la fiction américaine sur les chaînes dites classiques, (TF1, France 2, M6, en France)  qui n’auront pu les moyens de lutter sur un  marché qui voit les consommateurs se déporter massivement sur d’autre écrans.

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1 Comment
  • Emmanuel Razavi
    juillet 3, 2017

    Monsieur Revel, cher confrère,

    Nous sommes grands reporters, reporters de guerre, envoyés spéciaux, appelez cela comme vous voulez.

    Notre mission est d’informer, d’aller sur le terrain pour en rapporter des images et des témoignages.
    J’ai moi-même connu de graves problèmes de santé après un reportage qui a mal tourné, au tout début des printemps arabes. J’ai dû affronter trois années de rééducation physique, de thérapie douloureuse.

    Je n’en ai voulu à personne. Ni à la chaine qui m’envoyait là-bas, ni à mon rédacteur en chef. Car j’avais décidé d’y aller.
    J’étais volontaire, j’étais le seul responsable. Je l’ai assumé, et j’ai remonté la pente avec l’aide de gens comme Jean-Pierre Canet, qui connaît tout des affres et des douleurs de ce métier.

    Je dois vous le dire : le sujet qui m’a cloué sur un lit avait été décidé sur un coin de table, comme bien souvent, ce que vous semblez ignorer.
    En effet, nous agissons le plus souvent assez vite. Car l’actualité le commande. Mais en mesurant tous les risques.
    Concernant la gestion des risques, justement : nous les grands reporters, comme nos rédacteurs en chefs nos alter egos, sommes des gens précis. Nous connaissons les protocoles de sécurité que nous respectons autant que possible dans ces zones de conflits où règne un désordre souvent proche de l’enfer.
    Je sais bien que l’on nous prend, dans certains milieux, pour des têtes brûlées. La vérité est que nous sommes des gens de devoir, suffisamment aguerris pour nous débrouiller avec la seule confiance de notre rédacteur en chef et de notre production, qui connaissent et mesurent notre expérience.

    Stéphan, avec qui j’ai réalisé plusieurs reportages en Algérie et en Colombie connaissait les risques de ce métier. Comme moi, comme chacun de nous.
    Je suis, comme tous les gens de notre métier, infiniment malheureux de ce qui lui est arrivé et je pense à ses proches. Stéphan n’était que vie.

    Aujourd’hui directeur de la rédaction d’une société de production indépendante, J’envoie régulièrement des journalistes en zone de guerre, et je suis bien placé pour savoir que rien ne se passe jamais comme on le prévoit. C’est ainsi, car la guerre n’est faite que de danger et d’imprévus. On appelle cela le chaos.
    Et la gestion du chaos, justement, est notre quotidien de reporters et de rédacteurs en chef.
    Et comme les consoeurs et confrères qui occupent les mêmes fonctions que moi, seul notre jugement et notre expérience comptent dans ces instants difficiles où il faut prendre la décision d’envoyer un reporter en zone de guerre.
    Soyez cependant assurés d’une chose : nous prenons chacune de nos décisions avec nos adjoints, nos producteurs, et les reporters expérimentés et responsables qui partent sur la base du volontariat, après avoir pesé le pour et le contre.

    Les grands reporters sont des gens responsables, qui limitent au maximum les risques.
    C’était le cas de Stéphan.
    Ne cherchons pas de bouc émissaire.
    Car les seuls responsables de la mort de nos camarades sont les voyous qui les ont assassinés.

    S’agissant de Jean-Pierre Canet, il est sans aucun doute l’un des meilleurs rédacteurs en chef que compte la place de Paris. Sans doute parce qu’il a été un excellent reporter de terrain, il connaît les moindres arcanes de notre métier.
    L’homme est de parole, et il a pour ses reporters autant de respect et de bienveillance que d’exigence.
    Je le sais, j’ai travaillé avec lui bien des fois.

    Vous parlez d’accords préalables qui n’auraient pas été donnés. Je n’en sais rien, mais suis certain que vous êtes bien informé.
    Sachez toutefois que la plupart du temps, nous signons nos contrats avec les chaines alors que nos journalistes sont déjà sur le terrain en train de tourner.
    Car notre ennemi au quotidien, c’est l’administratif.

    Monsieur Revel, je vous en prie. Ne vous trompez pas de cible.

    Encore une fois, ceux qui sont à blâmer, ce sont les assassins, les lâches qui ont tué nos camarades en Irak.
    Ces mêmes lâches qui doivent se réjouir aujourd’hui de voir que notre profession se déchire autour des victimes de leur crime infâme.
    Car ils guettent le moindre de nos faux pas, et en profitent pour nous diviser.

    En ce temps de deuil, faisons preuve de solidarité et de bienveillance avec ceux qui souffrent.
    Si erreur il y a eu, parlons-en au sein de nos instances professionnelles. Mais ne donnons pas de grain à moudre à ces voyous qui ont assassiné tant de nos camarades depuis le début des printemps arabes.

    Confraternellement,

    Emmanuel Razavi,
    Directeur de la rédaction de l’agence BEW