Questions autour de la mort de Stéphan Villeneuve à Mossoul et des responsabilités, affligeantes, de France Télévisions   

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Que s’est-il passé à France Télévisions dans les jours qui ont précédé le départ de Stéphan Villeneuve Mossoul, où il est tragiquement décédé ?

Les conditions édifiantes dans lesquelles ce journaliste français est parti en reportage en Irak, avant d’être tué (aux côtés de son confrère irakien, Bakhtiyar Addad et de la journaliste, Véronique Robert, décédée à son retour en France) après l’explosion d’une mine, soulèvent un vent de questions, de colère et de stupeur au sein de la rédaction de France Télévisions, où les langues se délient à la veille de son enterrement.

A la lueur d’informations  recueillies au sein même des équipes d’Envoyé Spécial et de la rédaction de France 2, la disparition tragique de ce  reporter d’images, âgé de 48 ans, qui avait couvert de nombreux conflits à travers le monde, est le résultat d’un « amateurisme catastrophique », entend-t-on depuis quelques jours dans les étages de France Télévisions, où l’on dénonce, de manière extrêmement précise, une accumulation de faits qui témoignent de dysfonctionnements coupables. Au point que la veuve du défunt, ainsi que sa famille, n’écartent plus des poursuites contre le groupe présidé par Delphine Ernotte.

Première élément proprement « sidérant » pour les journalistes de terrain interrogés à France Télés: Stephan Villeneuve s’est envolé pour l’Irak pour le compte de l’émission Envoyé Spécial, sans que personne dans l’encadrement de France Télévisions, au plus haut niveau, n’en ait été informé. Ni le nouveau patron de l’information de France Télévisions, Yannick Letranchant, ni la directrice des reportages de France 2, Dominique Tierce et pas moins le directeur de la rédaction, Alexandre karra, n’ont été prévenu du départ de ce reporter pour l’Irak. Et ce au mépris des règles les plus strictes et des process qui encadrent, de longue date, les missions des reporters de guerre dépêchés sur le terrain.

C’est en effet une société de production privée, #5 bis Productions, mandatée par le  seul rédacteur en chef d’Envoyé Spécial, Jean-Pierre Canet, qui a pris la décision de dépêcher à Mossoul celui qui passe alors sous tous les radars. Si Elise Lucet est informée du départ du journaliste, aucun accord  préalable n’a été donné par la direction de l’info de France Télévisions où ce reportage n’existait pas, puisque personne, encore une fois, n’en a été informé.

Si le recours à des sociétés de production privées, extérieures à France 2, peut se produire, même pour ce type très particulier de missions à gros risques, c’est  toujours à l’initiative de la direction de l’information de la chaîne. Et de même toujours avec l’aval explicite de la présidence de France Télévisions qui donne son  feu vert.

Or dans ce cas précis, rien de cela ne s’est produit.

 

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Le reportage de Stephan Villeneuve s’est en effet décidé sur un coin de table, entre une société de production désireuse de réaliser un « coup » sur le sol de Mossoul et un magazine qui, piloté par Elise Lucet, vit en totale autonomie, échappant à tous contrôle.

Car l’usage veut, de tout temps, que ce soient les reporters estampillés France 2 qui partent d’abord sur ces terrains à risques. Et non, sauf à de très rares exceptions et dans de strictes conditions d’encadrement, des éléments isolés n’appartenant pas à la rédaction de la chaîne publique. Dès lors qu’un reporter de guerre dispose de son ordre de mission, c’est toute une logistique, technique, humaine et juridique qui se met en place à France Télés, selon des process codifiés de longue date. « On ne sous-traite pas les risques en déléguant de telles missions à des sociétés de production extérieures dont ce n’est pas la compétence première», tempête cet autre grand reporter, qui pointe du doigt l’ignorance et l’irresponsabilité au plus haut niveau de la présidence France Télévisions.

Assurance, repérages en amont, équipement de trackers (des boitiers GPS), liaisons avec les états-majors à Paris, contacts en amont avec les services français sur le terrain, balisage méticuleux des risques, (avant et pendant le reportage), validation et imprimatur du PDG de France Télévisions, lui-même, feuille de route clairement établie, traçabilité du reporter sur le terrain, liens permanents avec le reporter…C’est un véritable mille-feuilles de précautions et de process qui préside à ces séjours en terrains hostiles.

Ces derniers ont été mis en place en 2000 par l’ancien PDG de France Télés, Marc Tessier, après l’affaire des otages  de Jolo. Souvenons-nous : dix-neuf otages (treize Philippins, trois Malaisiens, un Américain et deux journalistes de France 2) étaient alors aux mains d’un groupe musulman extrémiste, Abu Sayyaf. Or l’évasion des deux reporters de France 2, Jean-Jacques Le Garrec et Roland Madura -détenus pendant soixante-dix jours- avait incité Marc Tessier à instituer, à partir de cette date, un cahier des charges draconien impliquant toute la chaîne de direction de la maison qu’il présidait alors. Jusqu’à son bureau.

Patrick de Carolis et Rémy Pflimlin, ses successeurs, l’appliqueront à la lettre durant leur mandat. Pas un reporter de France 2 ou extérieur à l’entreprise, dépêché  sur une zone de conflit, n’a pu quitter Paris depuis, sans l’aval et le sceau de son PDG et après que ce reportage ait été dûment validé et encadré. Jusqu’à aujourd’hui…La mort d’Hervé Ghesquière, le 14 juin dernier, aurait dû sonner comme un rappel à l’ordre.

Cela n’a été le cas avec Stéphan Villeneuve. La désorganisation de la direction de l’info de France Télévisions, sous la gouvernance de Michel Field, conjuguée à l’autonomie des équipes, hors contrôle, d’Envoyé Spécial, plus l’absence et l’inexpérience d’une présidence de France Télévisions, à l’évidence ignorante et déconnectée de ces questions: c’est tout cela mêlé qui a précipité ce drame. C’est cet enchaînement d’approximations pagailleuses, de désorganisation interne  et de décisions non validées, jusqu’au sommet du groupe, qui est à son origine.

Stephan Villeneuve est un homme seul quand il s’envole pour l’Irak. Un s exemple : c’est sur internet que ce reporter (dont il faut parcourir la page Facebook pour mieux lui rendre hommage et comprendre son parcours) est allé, seul, contracté une assurance avant son départ pour Mossoul. Sans que personne, à quelque niveau que ce soit à la direction de l’information de France 2, n’ait pu un seul instant baliser son voyage. Si bien que l’on ne découvrira à France Télés sa présence sur le terrain tout simplement qu’à l’annonce de sa mort…

Depuis quelques jours le malaise est immense dans les étages dirigeants de cette maison, où se mêlent, la tristesse, la colère et surtout la gêne.

«C’est d’autant plus odieux que tous les reporters de guerre de France 2, en Irak, à commencer par Martine Laroche-Joubert, avaient été sommés de quitter les zones de combat  à Mossoul, compte tenu de l’extrême dangerosité qui y règne», confie, effaré, un reporter de la rédaction. « Rien n’a été respecté, toutes les procédures et les principes ont été bafoués», tempête cette autre figure de France 2, qui compte tenu du caractère sensible et embarrassant (euphémisme) de cette affaire exige l’anonymat. Comme tous ceux que j’ai pu interroger ces dernières heures.

La dirigeante de #5 bis Productions, Emilie Raffoul, Dominique Tierce, la responsable des magazines à France Télévisions et la grand reporter Dorothée Olliéric s’étaient rendues en Irak pour organiser le rapatriement de Véronique Robert, qui a subi plusieurs opérations à Bagdad avait de décéder à Paris. On m’ajoute que personne de France 2 ou de France Télévisions se serait rendu sur le tarmac de l’aéroport parisien, la nuit du rapatriement du corps de Stephan Villeneuve. Sans confirmation aucune, le conditionnel est ici de mise…Quant à l’Elysée il a annoncé mardi dernier que le journaliste allait être fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

Et maintenant ? 

La première conséquence de cette triste affaire est la non reconduction du contrat de Jean-Pierre Canet par Yannick Letranchant. Le rédacteur en chef d’Envoyé Spécial a dû quitter ses fonctions. Tout cela s’est réglé en silence à l’abri des murs du bureau du successeur de Michel Field. Nommé il y a dix jours, le nouveau patron de l’info s’est d’ailleurs attelé à une réorganisation totale des règles et process qui président au fonctionnement d’une rédaction laissée bride lâche sous la direction précédente de  Field. Pour que plus jamais se reproduisent, notamment, de tels dysfonctionnements.

Quant à la pédégère de France Télévisions, Delphine Ernotte, elle n’avait pas encore passé, ce dimanche, un coup de fil à la veuve de Stephan Villeneuve. La présidente du groupe public va avoir à gérer la délicate question des dommages collatéraux, des préjudices subis, bref des conséquences sonnantes et trébuchantes inhérentes à un tel drame, qui laisse sur le bord du chemin une mère et ses quatre enfants.

Stéphan Villeneuve n’était pas salarié de France 2 et à ce titre, sans couverture aucune. Les avocats de cette mère de famille n’auront pas de mal à faire valoir les liens de subordination entre une société de production aujourd’hui sur la sellette et une chaîne publique, (représentée par son magazine Envoyé Spécial), celle-ci coupable de graves négligences.

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16 Comments
  • Barbier Thomas
    juillet 3, 2017

    Cher M Revel,

    J’ai attentivement lu votre point de vue.
    Il me semble plutôt important de ne pas perdre de vue qui sont les véritables coupables de cet assassinat.

    • Emmanuel Razavi
      juillet 3, 2017

      juillet 3, 2017
      Monsieur Revel, cher confrère,
      Nous sommes grands reporters, reporters de guerre, envoyés spéciaux, appelez cela comme vous voulez.
      Notre mission est d’informer, d’aller sur le terrain pour en rapporter des images et des témoignages.
      J’ai moi-même connu de graves problèmes de santé après un reportage qui a mal tourné, au tout début des printemps arabes. J’ai dû affronter trois années de rééducation physique, de thérapie douloureuse.
      Je n’en ai voulu à personne. Ni à la chaine qui m’envoyait là-bas, ni à mon rédacteur en chef. Car j’avais décidé d’y aller.
      J’étais volontaire, j’étais le seul responsable. Je l’ai assumé, et j’ai remonté la pente avec l’aide de gens comme Jean-Pierre Canet, qui connaît tout des affres et des douleurs de ce métier.
      Je dois vous le dire : le sujet qui m’a cloué sur un lit avait été décidé sur un coin de table, comme bien souvent, ce que vous semblez ignorer.
      En effet, nous agissons le plus souvent assez vite. Car l’actualité le commande. Mais en mesurant tous les risques.
      Concernant la gestion des risques, justement : nous les grands reporters, comme nos rédacteurs en chefs nos alter egos, sommes des gens précis. Nous connaissons les protocoles de sécurité que nous respectons autant que possible dans ces zones de conflits où règne un désordre souvent proche de l’enfer.
      Je sais bien que l’on nous prend, dans certains milieux, pour des têtes brûlées. La vérité est que nous sommes des gens de devoir, suffisamment aguerris pour nous débrouiller avec la seule confiance de notre rédacteur en chef et de notre production, qui connaissent et mesurent notre expérience.
      Stéphan, avec qui j’ai réalisé plusieurs reportages en Algérie et en Colombie connaissait les risques de ce métier. Comme moi, comme chacun de nous.
      Je suis, comme tous les gens de notre métier, infiniment malheureux de ce qui lui est arrivé et je pense à ses proches. Stéphan n’était que vie.
      Aujourd’hui directeur de la rédaction d’une société de production indépendante, J’envoie régulièrement des journalistes en zone de guerre, et je suis bien placé pour savoir que rien ne se passe jamais comme on le prévoit. C’est ainsi, car la guerre n’est faite que de danger et d’imprévus. On appelle cela le chaos.
      Et la gestion du chaos, justement, est notre quotidien de reporters et de rédacteurs en chef.
      Et comme les consoeurs et confrères qui occupent les mêmes fonctions que moi, seul notre jugement et notre expérience comptent dans ces instants difficiles où il faut prendre la décision d’envoyer un reporter en zone de guerre.
      Soyez cependant assurés d’une chose : nous prenons chacune de nos décisions avec nos adjoints, nos producteurs, et les reporters expérimentés et responsables qui partent sur la base du volontariat, après avoir pesé le pour et le contre.
      Les grands reporters sont des gens responsables, qui limitent au maximum les risques.
      C’était le cas de Stéphan.
      Ne cherchons pas de bouc émissaire.
      Car les seuls responsables de la mort de nos camarades sont les voyous qui les ont assassinés.
      S’agissant de Jean-Pierre Canet, il est sans aucun doute l’un des meilleurs rédacteurs en chef que compte la place de Paris. Sans doute parce qu’il a été un excellent reporter de terrain, il connaît les moindres arcanes de notre métier.
      L’homme est de parole, et il a pour ses reporters autant de respect et de bienveillance que d’exigence.
      Je le sais, j’ai travaillé avec lui bien des fois.
      Vous parlez d’accords préalables qui n’auraient pas été donnés. Je n’en sais rien, mais suis certain que vous êtes bien informé.
      Sachez toutefois que la plupart du temps, nous signons nos contrats avec les chaines alors que nos journalistes sont déjà sur le terrain en train de tourner.
      Car notre ennemi au quotidien, c’est l’administratif.
      Monsieur Revel, je vous en prie. Ne vous trompez pas de cible.
      Encore une fois, ceux qui sont à blâmer, ce sont les assassins, les lâches qui ont tué nos camarades en Irak.
      Ces mêmes lâches qui doivent se réjouir aujourd’hui de voir que notre profession se déchire autour des victimes de leur crime infâme.
      Car ils guettent le moindre de nos faux pas, et en profitent pour nous diviser.
      En ce temps de deuil, faisons preuve de solidarité et de bienveillance avec ceux qui souffrent.
      Si erreur il y a eu, parlons-en au sein de nos instances professionnelles. Mais ne donnons pas de grain à moudre à ces voyous qui ont assassiné tant de nos camarades depuis le début des printemps arabes.
      Confraternellement,
      Emmanuel Razavi,
      Directeur de la rédaction de l’agence BEW

      • Frédéric PONS
        juillet 3, 2017

        Sans connaître tous les détails de cette affaire, ni les éventuels manquements internes de la présidence Ernotte à France Télévision, je partage les points de vue d’Emmanuel Razavi et de Thomas Barbier : ne pas se tromper de cible quand on cherche des responsabilités ; ne pas croire que le fait d’être salarié de France TV aurait empêché quoi que ce soit ; ne pas penser que le reportage de guerre est réductible, en tout temps et tout lieu, aux règles froides d’une administration ; ne pas croire que les vrais reporters de guerre sont des têtes brûlées ; savoir, au contraire, qu’ils connaissent bien les risques d’un métier qu’ils ont choisi ; bien comprendre que le reportage de guerre se bâtit souvent dans l’urgence, dans l’imprévu et le chaos et que la parole donnée, même sur un coin de table, vaut engagement, avant la nécessaire régularisation contractuelle ultérieure.
        Enfin, quand on est en responsabilité, le minimum est d’assurer ses responsabilités : ne pas oublier d’honorer ceux qui sont morts dans l’exercice de leur métier ; entourer les parents, la veuve, les orphelins ; et, au minimum, s’efforcer de les rencontrer pour partager leur peine. A moins de n’être qu’un bureaucrate indexé sur la courbe des ventes et l’indice de lâcheté. Frédéric Pons, journaliste, écrivain, enseignant

      • BERNADETTE BARUET
        juillet 4, 2017

        je partage votre analyse..je pense que Stephan Villeneuve: père de 4 enfants n’agissait pas à la légère il connaissait et acceptait tous les risques!! sa femme le s’avait aussi!! il est tellemnt facile après d’accuser pierre, paul, jacques..s’il a contracté lui même une assurance, c’est bien qu’il était au courant qu’il n’y avait pas de  »chapeau » c’est très triste…mais voilà je pense qu’il avait mesuré celà!!

      • marie d'I
        juillet 4, 2017

        Joli texte, mais il reste que la chaîne est responsable, sans remettre en doute les compétences , pensez aux familles qui restent et sont en droit d’être indemnisées par la chaîne . Ils ne sont pas partis seuls , à leur compte.
        Les risques doivent être mesurés et assurés quand on travaille pour le compte d’une chaîne publique, d’autant plus dans une zone de guerre.
        Ne nommez pas l’EI en responsable, c’est ridicule .

  • michel Anglade
    juillet 3, 2017

    Bonjour

    J’avoue que je suis assez troublé par votre papier!
    Je ne crois pas malheureusement que ces trois reporters auraient été plus en sécurité si ils avaient été salariés de France télévision dûment estampillés et missionnés par France télévision, équipés de trackers, en contact avec les services… etc , etc. Ils ont sauté sur une mine! Le reportage de Stéphan Villeneuve décidé sur un coin de table! je trouve la formule pour le moins méprisante.

    Je vous rappelle que Gilles Jacquier a été tué en Syrie en 2012 alors qu’il était dûment missionné par France télévision!
    Je crois que face au risque du terrain en zone de guerre il faut faire preuve de modestie quand on analyse après coup les circonstances d’un drame que l’on a pas vécu!
    Par ailleurs je ne comprends absolument pas le lien avec Hervé Ghesquière que vous citez et qui vient de nous quitter. Hervé vient de décéder d’une longue maladie…Votre phrase est pleine de sous entendus! Soyez clair! si vous évoquez l’enlèvement dont il a été victime en Afghanistan je vous rappelle aussi qu’il était à l’époque salarié de France télévision et missionné par France télévision.

    Bien à vous.

    Michel Anglade

    • Dana
      juillet 5, 2017

      Que voulez-vous, « spécialiste » des médias ne signifie pas « journaliste », vérifiez un minimum vos infos Monsieur Revel, Ca s’apprend à l’école… si il n’y a pas encore d’école de blogeurs ce n’est sans doute pas un hasard.
      Peut-être une idée..? pourquoi pas créer une boite à diplome d’école privée de « journaliste bloggeur » avec Morandini?
      Je suis sur qu’avec un tel travail vous pourrez prétendre au prix Albert Londres

  • DKDanse
    juillet 3, 2017

    La madone aux yeux bleus de l’investigation médiatico- socialiste a sur la conscience , si elle en a une, trois morts. Son objectif était de salir l’armée française en essayant de trouver des éléments ou en les inventant qui prouverait que nos militaires cherchent à tuer les terroristes de Daech qui seraient français.
    Sa chef, qui déteste les hommes blancs, la couvre et couvre toutes les turpitudes des équipes de cette émission. Trois morts c’est quand même moins grave que d’avoir des journalistes blancs de plus de 50 ans.

    • Jbdrewno
      juillet 5, 2017

      « Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute sur le sujet »

  • Yves Loiseau
    juillet 3, 2017

    Je suis entièrement d’accord avec ce que tu as écrit et mes infos sont les mêmes que les tiennes. J’ai aussi l’intention d’écrire quelque » chose sur le sujet mais j’attendais que Stephan Villeneuve soit porté en terre. Amicalement.

  • Franck Azemar
    juillet 3, 2017

    Je vous lis avec attention.
    Qui à tort, qui à raison ?
    Je sais juste qu un père, un mari, un ami est parti et que cela laisse un grand vide.

    J espère qu aucun des nazislamistes de daech n’ en sortira vivant.
    Bref, le sujet n est pas là.

    Je ne veux rentrer dans ces conflits et ne veux penser qu en à la mémoire de cet homme de coeur et de valeur qu’était Stéphan.

    Pensons à Sophie, ses enfants, ses parents et ses frères.

    Repose en paix mon ami.

    Francky

  • Osis Mabrouk
    juillet 4, 2017

    Elise Lucet s’en lave les mains. Qui pour lui coller un micro agressif sous le nez plagiant le style d’itw de cette pasionaria ideologiquement teintée?
    Responsable mais pas coupable dans la hierarchie du service public?

  • Stéphane MANIER
    juillet 5, 2017

    C’est la salope, la vicieuse, celle qui se dissimule derrière un décor banal, celle qu’on ne voit pas venir parce qu’elle se cache soigneusement, qui attend sa proie pendant des jours, des mois, des années, qui tue avec une froide indifférence quand on se croit dans une situation protégée. Et on ne sait même pas pour qui. Qui l’a posée, qui était visé, à quel moment. On ne veut pas penser à elle parce qu’elle est faite pour terrifier et dissuader d’y aller et qu’on veut y aller. Parce que la rencontrer serait trop bête alors qu’on n’a pas encore filmé, pas écrit, pas dit, pas montré. Elle se bat à armes inégales. En un instant où tout s’arrête, elle prend tout, votre famille, votre maison, votre avenir, vos rêves et ne rend rien que du malheur.
    Qui, parmi nous, n’a pas redouté de mettre pied ou le pneu dessus ? Qui a trouvé une parade imparable ? Ça sert à quoi d’avoir une correspondant qui vous appelle 2 fois par jour quand on a les deux jambes arrachées ? Ça sert à quoi d’avoir prévenu les militaires, d’être « embeded » quand la mitraille vous transperce ? Ça sert à quoi que vous ayez un CDI ou un CDD lorsque le cerveau réalise que c’est la fin ? Le protocole n’a pas été respecté ? Quel protocole peut-il être efficace contre la salope ? Quelle pudeur protège de la saloperie de ceux qui vont survivre dans la chaleur douillette des antichambres et gagner quelques euros en alimentant les polémiques qui ne serviront qu’aux assurances pour payer moins ou pas du tout.
    C’est le bal des débineurs qui commence et qui foule au pied le respect qui devrait pourtant être immense et sans tache pour Véronique, Stéphane et Bakhtiyar. Quelle médiocrité ! Quelle tristesse !
    Stéphane Manier ex petit et grand reporter à France2

  • EMPTAZ
    juillet 5, 2017

    M Revel,

    Votre post est révoltant. Comment peut on à ce point méconnaitre un sujet et lancer des accusations et des affirmations, avec une telle assurance? Comment peut-on parler de ‘bruits de couloirs », dénoncer cet « enchainement d’approximations pagayeuse » et faire preuve d’aussi peu de rigueur journalistique dans vos écrits? Que connaissez-vous aux terrains de guerre? Pensez-vous sérieusement qu’un tracker GPS ou une imprimatur protège quiconque d’une mine artisanale?

    A la remise du Prix Albert Londres où Samuel Forey, présent le jour du drame était récompensé, le nom de Jean Pierre Cannet a été largement acclamé par la foule de ses confrères et non pas jeté en pâture comme vous tentez de le faire. C’est un bien mauvais procès que vous faites et ceux qui connaissent un tant soi peu ces terrains comprendront que pour votre post vous n’avez pas mené l’enquête bien loin.

    Charles Emptaz

  • Benoît Bringer
    juillet 5, 2017

    La Réponse à Renaud Revel par le collectif « Informer n’est pas un délit », la rédaction d’Envoyé Spécial, la SDJ de France 2 et des journalistes signataires.

    Paris, le 5 juillet 2017,

    Le collectif « Informer n’est pas un délit », la rédaction d’Envoyé Spécial et la Société Des Journalistes de France 2 tiennent à exprimer leur plus profond soutien aux familles et aux proches de Véronique Robert, Bakhtiyar Haddad et Stéphan Villeneuve, tués par l’explosion d’une mine dans la vieille ville de Mossoul en Irak le 19 juin 2017.

    Véronique, Bakhtiyar et Stéphan étaient tous trois de grands professionnels expérimentés. Ils sont morts en faisant leur métier alors qu’ils filmaient la guerre menée par les forces irakiennes contre le groupe terroriste Daech lors d’un tournage pour le magazine d’information Envoyé Spécial. Ils sont l’honneur de notre profession.

    Chaque rédaction, chaque journaliste, sait le risque et les dangers de notre métier lorsqu’il est exercé sur les lignes de front.
    C’est avec professionnalisme que Jean-Pierre Canet, rédacteur en chef du magazine, ainsi que les autres rédacteurs en chef Séverine Lebrun et Sébastien Vibert, ont pris la décision d’envoyer sur le terrain une équipe de reporters aguerris et compétents. Et malgré un défaut d’information auprès de leur direction, la procédure éditoriale comme le protocole de sécurité ont bel et bien été respectés.

    Alors que France Télévisions vient d’annoncer qu’il ne sera pas reconduit à la tête d’Envoyé Spécial l’année prochaine, nous affirmons notre soutien sans faille à Jean-Pierre Canet. Son indépendance, son exigence et sa rigueur lui ont permis de mettre à l’antenne des reportages ambitieux depuis des années. C’est un excellent rédacteur en chef et un journaliste irréprochable, qui porte haut les valeurs de notre métier. Nous sommes nombreux à pouvoir en témoigner.

    Ce moment de douleur et de deuil ne saurait être sali par ceux qui, au travers d’un blog ou par le colportage de rumeurs, ne prennent le temps de vérifier une information avant de la publier. La tristesse est pour nous tous immense. N’ajoutons pas l’indécence à la peine.

    Enfin, pour l’intérêt général, nous devrons demain continuer à nous rendre dans les trous noirs de la planète, comprendre ce qu’il s’y passe et continuer à mener des investigations sans concession afin d’éclairer le public.

    Le collectif Informer n’est pas un délit, la rédaction d’Envoyé Spécial et la Société Des Journalistes de France 2.

    La rédaction de Bastamag.net
    La SDJ de L’Express
    La rédaction de LaTéléLibre
    La SDJ de Premières Lignes
    La SDJ de Télérama
    Jacques Aragones, Directeur Général de TV Presse
    Fabrice Arfi (Mediapart)
    Manon Bachelot
    Caroline Benarrosh
    Linda Bendali
    Jérôme Bermyn
    Véronique Blanc
    Frederic Boisset, rédacteur en chef Cellule de Crise (France 2)
    Martin Boudot
    Denis Boutelier, journaliste et producteur
    Arthur Bouvart
    Benoît Bringer
    Pedro Brito da Fonseca
    Christophe Brulé
    Pierre Chassagnieux
    Benoît Collombat (Radio France)
    Eric Colomer – Journaliste-producteur
    Emmanuel Creutzer, Grand Reporter
    Laurence Delleur, journaliste freelance
    Cédric Delport (Brainworks)
    Jérémie Demay, directeur de publication de l’Accent bourguignon
    Jennifer Deschamps
    Elizabeth Drévillon Journaliste-réalisatrice
    Zoe de Bussierre
    Nicolas Dumond
    Aude Favre
    Dorothée Frénot
    Emmanuel Gagnier, rédacteur en chef
    Caroline Gauthier
    Guilhem George, rédacteur en chef de l’Accent bourguignon
    Lionel Gendron, grand reporter
    Jules Giraudat
    Raphaëlle Girotto
    Jean-François Gringoire
    Antoine Guerre
    François Guillaume
    Luc Hermann
    Mathias Hillion, journaliste
    Thomas Horeau
    Romain Icard, réalisateur
    Rémi Labed
    Marina Ladous, Etienne Huver et le collectif Slugnews
    Thomas Lafarge
    Doria Laib
    Wandrille Lanos
    Mériem Lay
    John Paul Lepers (Journaliste)
    Matthieu Lère, monteur.
    Nolwenn Le Fustec
    Pauline Lietar
    Geoffrey Livolsi, journaliste d’investigation
    Sylvain Louvet
    Elise Lucet
    P-E. Luneau-Daurignac, réalisateur
    Marie Maurice, journaliste
    Valérie Montmartin (Little Big Story)
    Paul Moreira
    Valentine Oberti, journaliste à Quotidien
    Solène Patron
    Jean-Louis Pérez, Producteur-réalisateur
    Edouard Perrin
    Laure Pollez, journaliste
    Olivier Ponthus
    Andrea Rawlins
    Alexandra Renard, grand reporter France 24
    Jean-Baptiste Renaud, journaliste
    Laurent Richard, journaliste
    Sandrine Rigaud, journaliste
    Richard Sénéjoux, Télérama
    Claire Tesson
    Nicolas Tonev
    Raphaël Tresanini
    Romain Verley, rédacteur en chef adjoint
    Nicolas Vescovacci, journaliste

  • Aero
    juillet 6, 2017

    Je confirme que personne de France 2 ou de France Télévisions n’était sur le tarmac de l’aéroport parisien, la nuit du rapatriement du corps de Stephan Villeneuve. Normal, le corps est arrivé dans la nuit hors même la présence de la famille mais seulement des pompes funèbres.
    Le lendemain, lors de l’hommage rendu en presence de la famille et où il la legion d’honneur a été remise à titre posthume, personne de France 2 et France télévisions sur demande express de la veuve.