De la Rotonde à l’Elysée: le journaliste Bruno Roger-Petit porte-voix d’Emmanuel Macron

La nomination  ce matin du journaliste Bruno Roger-Petit au titre de porte-parole de la présidence de la République, a surpris la profession. Etonnant atterrissage en effet que celui de cette figure au franc-parler parfois dévastateur qui se voit contraint à  54 ans d’apprendre la langue de bois…Ancien journaliste à France Télévisions et collaborateur des sites de l’Obs et de Challenges, ce chroniqueur tout-terrain, aperçu sur les plateaux de Canal+ et de C News, quand il n’est pas aux micros d’Europe 1 et de France Inter, «aura pour mission de relayer la parole publique de l’Elysée, et utilisera pour ce faire tous les moyens à sa disposition, notamment le compte Twitter de la Présidence », a précisé l’Elysée. Ce qui n’est pas pour déplaire à celui qui tweete plus vite que son ombre et qui a commencé à faire le ménage parmi les 37 000 tweets de son propre compte.

Sage initiative: personnalité véloce, impulsive et réactive « BRP » (ainsi surnommé par ses pairs) avait jusqu’ici pour réputation d’aligner la classe politique et certains médias avec une cruauté ciselée qui a laissé des traces chez certains. La relation de ce journaliste, longtemps proche de François Hollande, avec Emmanuel Macron remonte à plusieurs années. La presse se plaisait à rappeler ce matin sa présence à ses côtés à la Rotonde, au soir du premier tour de la présidentielle. « Bruno Roger-Petit conserve son poste de porte-parole, mais change de bureau », raille ainsi un internaute ! C’est oublier la longue liste de journalistes qui ont élu domicile à l’Elysée depuis l’aube de la Cinquième République, au service de son locataire.

 

L’arrivée de « BRP » n’est pas un hasard. Elle correspond à un début de divorce entre Macron et les médias. Voilà plusieurs semaines que la presse se fait soudainement incisive à l’égard de celui qu’elle encensait encore en juillet. Et dont la chute dans les sondages inquiète le premier cercle. Installer au porte parolat un homme qui connait le monde des médias, ses réseaux, son langage et ses rites, n’est pas une idée sotte. Mais si promener l’encensoir dans les colonnes de Challenges n’engage que son auteur, convaincre les journalistes qui frapperont à sa porte de la pertinence de la politique d’Emmanuel Macron est un  tout autre exercice. Que dire ? Un métier.

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