France Télévisions au régime sec: l’éternel et scandaleux lâchage de l’état.

par 2commentaires No tags 1

7279122_6855675-3033ea71ed93ff7531a743a4591dce4d2d150328-1000x625_1000x625

 

 

C’est niet ! Le gouvernement ne révisera pas sa copie. Il ne reviendra pas sur la baisse des crédits décrétés pour l’audiovisuel public, auquel l’état – Matignon et l’Elysée- demande de se serrer la ceinture. La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, l’a redit hier devant la commission culture du Sénat : des crédits en baisse pour France Télévisions de 30,8 millions par rapport à 2017. Et peut-être plus, si l’on en croit Bruno Lemaire à Bercy, qui promet d’autres coups de rabot.

Voilà donc l’équipe dirigeante de France Télévisions privée d’oxygène et placée dans un étau budgétaire délicat. On savait le nouvel exécutif critique à l’égard de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte et peu enclin à la soutenir: les derniers arbitrages de Matignon et du Château, sur fond de bras-de-fer, en sont la traduction. Or l’attitude de l’exécutif est ici conforme  à celle des majorités précédentes: c’est à dire déplorable.

 

De septennats en quinquennat, depuis plus de 30 ans, l’état affiche en effet  un désintérêt notoire à l’égard de notre télévision publique, qu’il tient, sur le plan de ses finances, bride serrée ou souple, selon que son PDG est un ami ou non. Soyez proche des princes qui nous gouvernent et vous n’aurez pas à tendre la main. Soyez en délicatesse avec le sommet de l’état et le robinet budgétaire se fermera. Voilà une politique vieille comme Hérode ou la cathode, indigne d’une démocratie moderne: une politique à la tête du client.

 

A peine nommé à la tête de cette même maison en 1990, Hervé Bourges, en son temps, se vit accorder 1 milliard (de francs à l’époque) par Michel Rocard, ( dont il était un proche) alors Premier ministre, après que le prédécesseur du même Bourges (à la tête de France 2 et de France 3), Philippe Guilhaume, ait été acculé à la démission, après avoir été étranglé budgétairement. L’homme dérangeait.

 

Delphine Ernotte qui le découvre se trouve prise dans une nasse dont il lui difficile de sortir, sauf à décréter de nouvelles économies forcément impopulaires et contre productives. Car ce dont France Télévisions a besoin « madame la ministre », c’est d’argent et d’une volonté politique. Car au moment où les cabinets d’Edouard Philippe à Matignon et de Bruno Lemaire, à Bercy, se livrent à des comptes d’apothicaires, Netflix annonce investir l’an prochain 8 milliards de dollars dans la production de séries originales. Quand Apple, de son côté, déboursera dans le même esprit 1 milliard de ces mêmes dollars (une piécette pour cet empire). «Un effort réel  mais soutenable », a ajouté la ministre, précisant que cela ne remettait « aucunement en cause le soutien de l’État ». Laquelle ministre estime par ailleurs que « la création doit demeurer la priorité et ne doit pas servir de variable d’ajustement ». On l’aura compris: faire mieux avec moins.

La «création»: c’est l’autre antienne des locataires successifs du ministère de la Culture. Pour quelle industrie de programmes, pour quels enjeux, avec quelles plateformes et quelles alliances? Françoise Nyssen, comme ses prédécesseurs, ne peut pas y répondre car elle ne sait pas. L’audiovisuel public demeure régenté dans ce pays par des ronds de cuir et comme une simple administration. Voient-ils l’énorme lame de fond des Gafa qui menace et qui devrait jeter l’état en renfort d’une télévision publique assiégée? Savent-ils que si  de l’autre-côté de la Manche la BBC reste le fer de lance de l’industrie de programmes de tout un continent et l’une des plus belles marques au monde, c’est parce que cette institution est soutenue et protégée depuis des lustres? Que disent d’ailleurs Edouard Philippe et sa ministre sur le périmètre de France Télévisions, l’évolution de son financement, le rôle exact de France 3 dans le concert des régions ? Que disent-ils également des mutations inexorables des téléspectateurs vers le digital et la Pay-tv ? Ou des avancées des Netflix et autres Amazon ? De la place encore de France télés dans la sphère des autres antennes publiques, dont on attend toujours le groupe qui devrait en découler ? Rien. Pa un projet, pas une idée : le vide sidéral.

Reste la vieille ardoise de l’état sur laquelle de petits comptables sortis d’une œuvre de Courteline jettent des plans d’économies.

1
2 Comments
  • Philipe
    octobre 29, 2017

    Évolution du statut retour à la possibilité de produire sans passer par les groupes de producteurs qui récupèrent les droits et bénéficient du cnc argent publique courage de la representation nationale et Csa indépendant avec cela ça devrait pouvoir fonctionner mieux tout le reste est cosmétique même si….

  • domer2
    octobre 29, 2017

    quand on voie les programmes de merde toute chaîne confondu. qu’il es vrais que la redevance T V devrait être fusionnée avec sel des ordure ménagère.on se demande a quoi serve tout se fric de la pub qui touche, alors qu’a vent quand il n’y en avais pas .