Harcèlement dans les médias: sur un air de dénonciations nauséabond

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La publication récente d’un billet à propos de l’affaire Weinstein et de ses prolongements en France a suscité un certain nombre de réactions, certaines surprenantes. Pointant du doigt certains cas de harcèlements dont j’ai pu avoir connaissance durant ma longue carrière, jusqu’à plus récemment, et m’insurgeant contre l’omerta qui règne, notamment dans l’univers des médias, quant à ces pratiques finalement communément admises et sur l’hypocrisie d’un métier souvent complice, j’ai trouvé quelques lecteurs m’enjoignant à faire ce qu’il y a de pire: donner des noms.

Oui, de balancer: de jeter en pâture l’identité de ces pauvres bougres indignes, dont on me demande de mettre la tête sur le billot. Belle conception nauséabonde…

Outre le fait que dénoncer quiconque me semble relever d’une démarche ignoble, au même titre que d’aller vendre du beurre à l’occupant, cette exhortation est à vomir. N’est-ce pas aux patrons de médias, aux responsables de chaînes ou de rédactions, aux représentations syndicales ou aux services sociaux de ces entreprises, d’assumer leurs responsabilités et de faire en sorte  que la vérité éclate, que la parole se libère  et que les sanctions suivent? Est-ce à la rue de livrer à la vindicte tel ou tel individu ? Est-ce au voisin de bureau ou au témoin involontaire de jeter le patronyme du harceleur ou de l’agresseur sur un réseau social et de le lapider au motif que sa hiérarchie et les corps intermédiaires (DRH, syndicats, services sociaux…) ont choisi de se taire? Et que dans une belle hypocrisie chacun feigne d’ignorer ce que chacun sait. Comme l’un de mes illustres confrères qui m’a sommé de donner des preuves sur une antenne de France Télévisions, maison où des cas de harcèlements ont été énergiquement réglés, sans publicité aucune. Dans ces différentes affaires, les dirigeants et les représentants syndicaux de cette entreprise ont tout simplement pris leurs responsabilités et les décisions qui s’imposaient.

Ce billet n’avait pas d’autre objet que de dénoncer la duplicité d’une profession qui a choisi de banaliser des pratiques connus de tous, qui a choisi le port des œillères. Il n’avait d’autre objet que d’en appeler au sursaut nécessaire d’une profession qui doit en appeler à la prise de conscience et de responsabilité de ses représentants et dirigeants.

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1 Comment
  • Lachance
    novembre 6, 2017

    Rien à voir avec les parties fines de la nomenclatura mediatique