Antoine Griezmann tente un Blackface: quand un footeux se tire une balle dans le pied

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Le «footeux», dès lors qu’il a un brin de notoriété et une intelligence inversement proportionnelle, s’autorise tout. Ainsi du joueur de l’équipe de France, Antoine Griezmann, qui a cru bon se faire photographier grimé en basketteur noir des Harlem Globe Trotters, perruque sur la tête et cirage noir sur la peau. Une simple recherche sur Google l’en aurait sans doute dissuadé, lui qui semble ignorer la signification d’un tel geste qui lui vaut un tombereau de critiques sur les réseaux sociaux.

Car si les Afro-Américains connaissent très bien la signification de Blackfacepuisqu’elle est liée à leur Histoire, en France, comme bien souvent ailleurs dans le monde, ce terme donne lieu à bien des méprises et à ce type d’errements.  Forme théâtrale très populaire au XIXème siècle, le Blackface,  avait pour but à son origine de stigmatiser les hommes et les femmes de couleur, le tout afin d’amuser les Blancs. Pratiqué le plus souvent dans des Minstrel Show, ces spectacles mêlant chants, danses et sketchs comiques, tournaient en ridicule une communauté ainsi mise au ban.  Le  plus souvent ce sont des comédiens Blancs, grimés pour l’occasion et déguisés en  Noirs, qui singeaient des populations alors victimes de la ségrégation. Il faudra attendre le début des années 60, 1965 très précisément, et les combats en faveur de l’obtention de droits civiques, pour que le Blackface soit aboli. Et qu’il soit considéré, dès lors, par la loi comme un acte raciste.

 

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Antoine Griezmann n’est naturellement pas le premier à verser dans l’ignorance et la bêtise. En se déguisant en égérie noire américaine, en novembre 2013, la journaliste française de Elle, Jeanne Deroo, s’était attirée les foudres aux Etats-Unis, déclenchant une vague de colère après s’être déguisée pour les besoins d’une soirée à thème en une vedette noire américaine : Solange Knowles, la propre sœur de Beyoncé. Ayant enfilé une perruque afro, elle s’était peinte le visage en noir, et avait envoyé cette photo  sur le réseau social Instagram. S’ensuivit un tollé monstre outre-Atlantique et l’embarras d’une journaliste qui ne pensait pas à mal, mais dont l’initiative fut perçue comme un geste équivoque et condamné de toutes parts.

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