Delahousse sous les feux de la critique: les professionnels de la profession en donneurs de leçon

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L’interview cousue-main, enregistrée, millimétrée, « packagée », d’Emmanuel Macron par un Laurent Delahousse rappelant, selon ses détracteurs, les plus belles heures d’une télévision publique que l‘on croyait disparue, a suscité un flot de critiques. « Faire-valoir », « supplétif », «valet » d’un président « giscardisé », le journaliste de France 2 est ainsi brocardé sans la moindre nuance. Sévère, la charge est quelque peu injuste. Car la forme  déambulatoire de cette interview réalisée à pas comptés dans les salons, bureaux et coursives de l’Elysée, n’avait pas pour vocation de répondre aux grandes questions du moment, mais plutôt d’emmener les français dans une visite d’un Palais que son locataire s’est maladroitement approprié. Ce n’était plus Giscard devisant au coin du feu, mais Macron en son Palais dissertant au détour d’une antichambre.

Laurent Delahousse n’étant pas Stéphane Bern, la méprise fut totale. L’erreur en incombe en premier lieu à Emmanuel Macron qui de manière assez sidérante confesse face caméras et au détour d’un escalier qu’il a fait retirer des murs l’ensemble des portraits de ses prédécesseurs. Comme si l’Elysée lui avait été légué en héritage. Comme si son mandat était une charge qui lui aurait été transmise. Comme si la France était un duché dont il porterait les armoiries. Piégé, Delahousse n’avait plus d’autre choix que d’emboiter le pas au maître des lieux, lequel le tint bride courte.

L’avalanche de critiques est d’autant plus excessive que celles et ceux qui se montrent aujourd’hui le plus sévères devraient prendre du recul et se regarder dans le miroir : la complaisance avec laquelle la profession traite face caméras et depuis l’aube de la Cinquième République les locataires de ce Palais devrait inciter à la retenue.

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