Retour sur l’éviction de Rokhaya Diallo du Conseil national du numérique

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La présidente du Conseil national du numérique (CNNum), Marie Ekeland, et 25 de ses membres ont claqué la porte pour protestet contre la remise en cause, par le gouvernement, de la présence en son sein de la militante féministe et antiraciste Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom. Dans un communiqué le secrétaire d’État  au Numérique, Mounir Mahjpoubi  indique avoir « demandé » à Marie Ekeland, fraîchement nommée à la tête de l’organisme, « de proposer une nouvelle composition » de son équipe. Bref de faire le ménage et de revoir sa copie.  Sitôt nommée, sitôt débarquée. Rokhaya Diallo venait tout juste d’être nommée par Édouard Philippe le 11 décembre dernier, avant que le gouvernement ne revienne brusquement sur sa décision et reprenne le manche en sanctionnant celle dont les idées et la franchise de ton dérangeaient.

La présidente démissionnaire, qui ne mâche pas ses mots, s’est dite « choquée par les caricatures auxquelles Rokhaya Diallo et Axiom ont été réduits ». Il est reproché notamment à la première d’avoir parlé à plusieurs reprises de « racisme d’Etat » sur les tréteaux et plateaux.  Où elle dénonce depuis de longues années les pratiques vexatoires comme les violences policières qui s’exercent quotidiennement sur des hommes et des femmes de couleur. Et de dénoncer en termes carrés un racisme rampant qui gangrènerait la société française et sa technostructure.

Marie Ekeland pensait avoir toute liberté pour installer à ses côtés une équipe de son choix, puisque tel était le vœu  du Premier ministre. Benoîtement, elle imaginait pouvoir faire figurer toutes les sensibilités au sein d’une instance qu’elle a très justement décidé de quitter. Car tel n’en a pas été le cas. Et ce ne sont pas les arguments confus du jeune secrétaire d’état, invoquant un besoin de «sérénité », qui seront de nature à apaiser un débat indigne. Comme de coutume en pareille affaire, ce sont les réseaux sociaux, où se sont déchaînés les réacs et les excités de tous poil, qui ont eu raison de celle que la députée Valérie Boyer qualifiait de «clivant ».  Un peu court madame la députée.

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