Descente de police au CSA: la justice veut toute la lumière sur la nomination de Delphine Ernotte

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Une descente de police au CSA ! Une première dans les annales de cette instance de régulation. Le Canard Enchaîné révèle en effet qu’à la suite d’une plainte déposée par les syndicats CFDT Médias et  CGC de l’audiovisuel, des enquêteurs de l’office anti-corruption de la police judiciaire ont réclamé au CSA mi-décembre des documents relatifs à la nomination de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte

 

Les enquêteurs, qui agissaient sur commission rogatoire de la juge d’instruction Milca Michel-Gabriel, se sont déplacés au siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel le 20 décembre. Si le CSA a confirmé ces informations à l’AFP, il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une perquisition mais d’une demande de documents. Les enquêteurs soupçonnent notamment le président du CSA, Olivier Schrameck, d’avoir fait pression sur d’autres membres de l’instance pour écarter certaines candidatures au profit de Delphine Ernotte.

 

S’il sera difficile, voire impossible, aux enquêteurs de faire la lumière sur ce qui s’est véritablement passé dans la coulisse, durant les deux journées rocambolesques des 22 et 23 avril 2015, qui ont vu les neufs membres du CSA installer Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions, cette procédure risque de créer un sérieux trouble parmi les membres de l’institution. Car personne n’a oublié les conditions dans lesquelles l’ancienne cadre dirigeante d’Orange a été mise en piste et propulsée au plus haut à France Télés. Après que des membres du CSA, de mèche avec l’Elysée et un petit cercle de lobbyistes proches du Château, aient tout fait pour annihiler les chances, réduites d’entrée en miettes, de tous les autres candidats: de pauvres pantins condamnés à la figuration dans ce qui restera un belle partie de dupes.

 

Delphine Ernotte, elle, n’a rien à se reprocher, qui s’est vue prise en main, du jour au lendemain, par quelques parrains très actifs, dont le conseiller en communication et ancien dirigeant de la société Balises, Denis Pingaud. Ce proche de l’ex communicant de François Hollande à l’Elysée, Gaspard Gantzer, est celui-là même qui a entraîné dans sa chute le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, dont il fut l’encombrant conseiller. Gantzer-Pingaud : c’est ce tandem (aujourd’hui à la tête d’une société de conseil) qui instrumentalisa Ernotte, qui organisa en sous-main sa campagne, qui convint François Hollande, atomisa les autres candidats en lice, enrôla Olivier Schrameck et circonvint des membres du CSA, traités un à un.

Du bel ouvrage.

Celle qui croyait assez peu à ses chances, quand elle s’est lancée, s’est laissée emporter par ceux-là même qui avaient décidé de l’imposer au  CSA: Delphine  Ernotte, qui n’est pas un hasard  de l’histoire, n’a jamais eu véritablement conscience que cet entourage l’avait programmée, dès le premier jour, pour l’installer, à coup sûr, dans le fauteuil de Rémy Pflimlin.

Certains des membres du CSA ont bien failli raconter ce qui s’est passé dans les huis-clos d’une institution tenue bride serrée par son président. Mais aucun n’a voulu franchir le pas, trop attaché à leur maroquin. Ils seront naturellement entendus par les enquêteurs. Ils devront s’expliquer. Mais ils se retrancheront derrière le secret des délibérations. Ils réécriront l’histoire. Falsifieront la vérité,  au nom d’un esprit de corps. Omerta oblige, il y fort à parier que rien ne sortira de leurs auditions. Restera la suspicion.

Emmanuel Macron, quant à lui, s’est fait une religion,  puisque le CSA va se voir retirer, dans le projet de loi sur l’audiovisuel à venir, la nomination des PDG de l’audiovisuel publique. Au nom des errements d’un collège pointé du doigt, dont l’image est aujourd’hui sérieusement entachée.

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1 Comment
  • Ginette
    février 7, 2018

    Et non Revel, ce n’est pas une première pour le CSA . Une vraie perquisition a eu lieu il y a quelques années concernant la chaîne Fashion Tv.