Nicolas de Tavernost: l’homme à la tête de M6, sans qui le Paf serait un mouroir

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Il dit les choses de bon sens avec netteté, tranche les débats avec une précision chirurgicale et cogne sans retenue là où ses congénères, patrons de chaînes, font dans les circonvolutions et la langue de bois. 30 ans que le patron de M6, Nicolas de Tavernost, assène avec une franchise de ton revigorante. 30 ans qu’il s’échine à faire bouger les lignes d’un paysage audiovisuel engoncé, dont il dénonce les rigidités et les conservatismes. Interrogé ce dimanche par le JDD le plus ancien patron de médias à son poste en France brocarde une nouvelle fois ce vieil arsenal réglementaire, datant de 1986, qui entrave une industrie aujourd’hui sur le reculoir,  chahutée, bousculée de toute part.

Il fallait que le dernier de nos Mohican rappelle quelques réalités ubuesques. On avait en effet presque oublié qu’à l’heure du Streaming et des plateformes  les chaînes françaises n’avaient toujours pas le droit de diffuser de films le mercredi et le samedi. Qu’il est encore des secteurs interdits de publicité à la télévision (comme le cinéma). Que les chaînes françaises, contrairement à tous leurs homologues européens, n’ont toujours pas le droit de produire de programmes, ce au nom de la protection d’un artisanat qui a disparu au profit de groupes solides. Et qu’à l’heure où internet est une terre de liberté, déréglementée, le Paf reste soumis à un arsenal de dispositions désuètes datant de la préhistoire.

Alors qu’une énième loi sur l’audiovisuel se profile à l’été, le patron de  M6 remet donc le couvert avec force. Et son discours, criant d’évidences, nous rappelle que notre paysage télé fait un petit village gaulois retranché à l’écart de la réalité qui nous entoure. Dans deux ans,  Nicolas de Tavernost rendra son tablier au terme d’une carrière sans accrocs. Symbole d’une génération de pionniers aux convictions affirmées, l’homme continue d’incarner la modernité et le courage entrepreneuriale; un flibustier de la trempe  de ces anciens timoniers que furent André Rousselet ou Patrick Le Lay, ces figures oubliées ou disparues dont on ne peut que saluer, avec le recul,  la pugnacité, le franc-parler et l’enthousiasme.

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1 Comment
  • Red John
    février 20, 2018

    Le succès de tavernost tient à son travail certes mais surtout à sa longévité. Il est là depuis la création de la chaine. Ceci explique cela.C’était la même chose avec Mougeotte et le Lay sur TF1 ou le duo De Greef lescure sur Canal.

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