Pas touche à la grande distribution! Condamné, le magazine Challenge par en guerre

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On ne touche pas à la grande distribution. L’une de ses grandes  enseignes vient de faire condamner le magazine Challenge à 10 000 euros d’astreintes par jour (et 12 000 euros de frais de justice), si ce dernier ne retire pas de son site un article faisant état des difficultés financières de cette grande entreprise. Or Vincent Beaufils, le directeur de l’hebdo fondé par Claude Perdriel, ne l’entend pas de cette oreille : il a décidé non seulement de se pourvoir en appel, mais de maintenir en ligne  cet article. Et  ce  au nom du droit à l’information.

Dans un éditorial en date du 25 janvier, le patron du magazine estime ainsi qu’il ne peut pas « y avoir deux catégories d’observateurs de l’économie : ceux qui ont le droit de savoir et ceux qui sont maintenus dans l’ignorance». Le journaliste s’insurge que l’information selon laquelle ce géant de la grande distribution ait été «placé sous mandat hoc » débouche sur une telle condamnation. Et que la justice, particulièrement pointilleuse, veuille museler un organe de presse qui n’aurait pas apporté la preuve matérielle d’une information qui n’avait pourtant plus rien de confidentielle.

Car Challenges n’a fait qu’informer ses lecteurs. Sa faute ? Avoir divulgué le fait que cette enseigne connaisse des difficultés financières et qu’elle ait été, par conséquent, bel et bien placé sous un tel «mandat ad hoc». Dans ses attendus le tribunal invoque un article du code du commerce où il spécifié que « toute personne qui est appelée à la procédure de conciliation ou à un mandat ad hoc, ou qui, par ses fonctions, en a connaissance, est tenue à la confidentialité». Condamnée à l’omerta. Pour Vincent Beaufils, que les Echos ont interrogé, « le secret des affaires »,  ainsi mis en avant, est facile: ce jugement est un voile de protection jeté sur une enseigne qui ne tient pas ce que l’on fasse la moindre publicité sur ses déboires.

On ne peut que naturellement gravement  s’interroger face à une telle décision de justice, qui consiste à empêcher toute transparence, toute information, (y compris auprès des salariés), dès lors qu’une entreprise en difficulté invoque des arguties juridiques. Le tout pour mieux se protéger et mettre sous silence ce qui la dérange.

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2 Comments
  • M. Ortiz
    février 5, 2018

    Quand même !!! Prenez le temps de relire !!!!

    « …. le magazine Challenge parT en guerre…. »

  • Pierre
    février 5, 2018

    Ne pas oublier que la confidentialité du mandat ad hoc sert justement à protéger l’entreprise et donc ses salariés… Dévoiler qu’une entreprise est en difficulté est autre chose que de dévoiler au grand jour qu’une entreprise demande l’aide du ministère public pour renégocier certaine de ses créances : cela peut entrainer une perte de confiance des autres créanciers, des banques, des assureurs crédits, des fournisseurs et mettre ainsi la trésorerie d’une entreprise en danger de cessation des paiements, la rapprochant donc d’un dépot de bilan. Ledit dépot pouvant également conduire, au pire des cas, au licenciement des salariés.
    Se prémunir de l’information des salariés pour les mettre en danger, voilà qui est étonnant.