TF1 et la patte Pélisson

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« Mon vœu, c’est que nous trouvions un accord dans des délais proches. Notre ambition est de nouer des partenariats forts avec les distributeurs et de concevoir, avec eux, la télévision de demain. Chaînes de télévision et distributeurs ont tout intérêt à unir leurs forces pour proposer aux téléspectateurs et aux abonnés une offre audiovisuelle ambitieuse, constituée de contenus uniques, et de services qui en modernisent la consommation » En tenant ses propos dans les colonnes du JDD le PDG de TF1, Gilles Pélisson, semble vouloir mettre rapidement un point final au bras-de-fer qui l’oppose depuis des semaines à Orange, sur le sujet du versement d’une redevance, d’un montant acceptable à ses yeux, pour la distribution de l’ensemble de ses chaînes.

L’issue de ce conflit commercial était écrite, car ni Orange, ni TF1, n’ont intérêt à s’ignorer sur un marché où le mariage des groupes télécoms et des diffuseurs est devenu un passage obligé. Il en va de la bonne santé économique d’Orange – qui facture ses contenus 40 euros par mois- comme il en va de la survie de TF1.

En attendant, Gilles Pélisson sort rasséréné de l’année écoulée: Avec un bénéfice de 185 millions d’euros et des audiences correctes – 20,4% de moyenne- le vaisseau amiral du groupe a limité la casse : dans ce climat d’incertitudes, sans visibilité aucune, qui voit le streaming vider peu à peu la salle et les plateformes et autres Google la menacer, TF1 tient son cap.

Reste à trouver les relais de croissance qui l‘empêcheront de piquer du nez. Gilles Pélisson en voit deux. Le digital d’abord : le groupe a pris un sérieux retard : le rachat l’an passé de la pépite du net, Auféminin.com, (au chiffre d’affaires de 100 millions d’euros) s’inscrit dans une stratégie d’acquisitions pertinentes. Les grands événements, ensuite: avec les Coupes du monde de football, masculine et féminine, le retour de la F1, la Coupe du monde rugby et une partie des JO de 2004, entre autres rendez-vous, TF1 espère faire de ces différents événements des produits d’appel à fortes valeurs ajoutées. Autre piste explorée avec détermination : la fiction française, où la chaîne va investir massivement. Signe avant-coureur: 32 des 42 fictions françaises présentes, l’an passé, dans le top 100 des meilleures audiences de la télévision ont été signées TF1. Tandis que par ailleurs, des accords de coproductions avec Netflix et Amazon (qui vient de cosigner sa toute première fiction avec La Une) devraient se multiplier. L’agrégation en 2017 du premier groupe de productions indépendant en France, Newen, est une autre indication.

L’info enfin : absolue leader, La Une va voir ses journaux de 13 heures et de 20 heures profondément transformés, à la rentrée prochaine. Transfuge de France Télévisions, le nouveau patron de l’info, Thierry Thuillier, peaufine sa copie. Objectif : faire de l’axe TF1-LCI un outil leader sur ce marché en pleine transformation.

Il ne reste plus maintenant qu’à transformer l’essai et à trouver pour ce groupe, privatisé en 1987, un modèle économique vertueux qui garantisse son avenir. Car TF1, qui est une petite PME dans le concert mondial, reste un frêle esquif face aux tankers du net et leur puissance de feu. Le monde audiovisuel a bien changé depuis l’époque où il suffisait à Francis Bouygues de faire chauffer le carnet de chèque pour être un roi du pétrole. En lieu et place du match TF1-France 2, nous avons  aujourd’hui ceux entre Netflix et Amazon, Orange et SFR, Google et Apple. Et ce qui se  comptait en millions de francs, se monnaye  aujourd’hui en milliards d’euros.

Moins de ressources, cela suppose plus d’imagination et d’agilité. L’objectif de Gilles Pélisson est donc de muscler son groupe et de le doter de tous les atouts, afin qu’il demeure à flot dans cet univers en complète mutation. Or ces premiers signaux semblent de bon aloi.

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1 Comment
  • Red John
    février 19, 2018

    Le gros souci de TF1 cest le programme de flux; Le divertissement.Ils ont un gros souci avec ce genre. Il manque un team d’animateur fort. Beaugrand Aliagas sont gentils mais n’ont pas la dimension d’un Foucault ou d’un Drucker. Il manque une figure tutélaire qui incarne la chaine. Si Dechavanne partait….Ce serait une grosse perte. La chaine ne lui confiant pas grand chose ça serait compréhensible qu’il aille voir ailleurs.