Affaire Koh-Lanta: le producteur (ALP) sous pressions

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L’ajournement de la saison, en plein cours de tournage, de la saison de Koh Lanta donne lieu depuis 72 heures à des débats sur la responsabilité des unes et des autres : de la société de production à l’origine du carambolage, ALP, aux participants à ce jeu d’aventure, deux ex-candidats empêtrés dans une affaire d’agression sexuelle supposée.

L’ouverture  par le parquet d’une instruction judiciaire n’est pas une bonne nouvelle pour le producteur de ce programme. En effet, là où ALP aurait pu transiger, trouver  un accord à l’amiable avec les avocats des deux protagonistes impliqués dans cette affaire (Eddy Guyot et Candide Renard), comme ce fut le cas lors du décès tragique en 2013 de l’un des candidats, Gérald Babin, l’enquête qui s’ouvre va être l’occasion d’une mise à nue et d’un grand déballage aux conséquences nombreuses.

Ce qui n’est pas bon pour une société de production à l’image déjà écornée et à qui cette affaire peut coûter très  cher. Ce n’est pas bon non plus pour TF1 qui se serait passée d’une telle publicité et qui pourrait se retourner vers la production de Koh Lanta s’il s’avérait que la suspension de  ce programme s’est décidée de manière précipitée.

Auditionnés par les policiers les cinq autres candidats et témoins dans cette affaire ont en effet corroborés le témoignage d’Eddy Guyot, lequel a expliqué,  devant ces mêmes enquêteurs, que l’agression sexuelle dont fait état la jeune Candide Renard (qui maintient sa version) n’avait pas de fondement. Les policiers disposent depuis quelques heures de l’ensemble des images tournées sur place, aux îles Fidji : celles faites nuitamment par la production sur le lieu où l’ensemble des candidats séjournaient et dormaient. Et celles également des tous premiers témoignages enregistrés, à chaud, par la production, dès le matin de l’incident. Viendra ensuite la confrontation entre les deux principaux intéressés. Et les auditions de l’équipe de production. Entendus 2 heures dès sa descente d’avion, Eddy Guyot a été relâché sans que les policiers aient pu se forger une opinion.

 

Les dirigeants d’ALP et de Banijay (Alexia Laroche Joubert et Stéphane Courbit) ont-ils pris la bonne décision en interrompant ce programme? Oui, si l’on se replace dans le contexte des premières heures de cette affaire, quand leur ait évoquée à plusieurs milliers de kilomètres de là une agression sexuelle, semble-t-il caractérisée au moment où ils l’apprennent. Principe de précaution oblige : au regard des accidents passés, ils ne pouvaient décemment et en toute responsabilité et faute d’éléments plus probants et plus précis, que suspendre le tournage.

Mais fallait-il pour autant l’ajourner? Une enquête un peu plus approfondie sur place n’aurait-elle pas permis de faire toute la lumière sur cet incident ? Autre question : craignant un emballement médiatique, les équipes de production sur place n’ont-elles pas cédées à la panique et brûler les étapes? Bref, fallait-il sonner le tocsin et déclencher ce plan Orsec ? Seule l’enquête le dira.

Les conséquences sont, en tous les cas, désastreuses. D’abord sur le plan de l’image d’un programme qu’il va falloir remettre sur pied  et sans doute recadrer (avec une exigence accrue dans le choix des candidats et des règles appliquées en termes d’éthique et de comportement).  Sur le plan financier, ensuite. Si TF1 chiffre aujourd’hui son manque à gagner, en termes de recettes publicitaires, toutes évaporées avec la suppression de cette édition, à quelques 25 millions d’euros, il en va de même pour ALP.

En première ligne, la société de production va devoir s’asseoir sur plusieurs millions d’euros. En effet, cette filiale de Banijay n’est pas assurée pour un type d’événements (une agression sexuelle, même supposée) qu’elle n’avait jamais imaginé avoir à affronter un jour. Si bien qu’ALP va avoir à supporter, seule, l’ensemble des pertes. Ainsi que les frais occasionnés par ce carambolage. En plus du manque à gagner: chaque « prime » de Koh Lanta lui ait payé par TF1 entre 750 000 et 800 000 euros.  ALP risque  enfin à devoir régler de lourds dédommagements si la justice la condamnait, d’aventure, au nom de ses responsabilités d’éditeur et de producteur. Les jours qui suivent, avec l’aboutissement de l’instruction en cours, permettront d’y voir plus clair.

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2 Comments
  • Champi de Paris
    mai 16, 2018

    On apprend la différence entre le verbe être et le verbe avoir en CE1…
    « quand leur ait évoqué… »
    «  chaque prime de Koh Lanta lui ait payé… »

    Amis journalistes, ayez un peu de respect pour la langu française,
    Merci

  • Red John
    mai 20, 2018

    La chaine devrait mettre au repos pour plusieurs années les productions de cette société au risque d’un nouvel incident.En terme d’image c’est catastrophique. Le pire dans la vidéo du présentateur entendre dire à la fin « on se retrouve bientôt dans une autre saison de Koh lanta » Mauvais gout

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