Droits télés de la Ligue 1: l’appel d ‘offres (inédit) de tous les dangers et sans doute de tous les records

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C’est un appel d’offres particulièrement explosif que vient de lancer la Ligue de Football professionnel en vue de l’attribution des droits de diffusion de la Ligue 1 et de la Ligue 2, pour la période 2020/2024. Car pour la première fois de sa jeune histoire cet arbitre du football professionnel en France autorise les vainqueurs de cet appel d’offres à revendre les lots qu’ils auront chèrement acquis. Ce qui va avoir pour conséquence de voir les différents acteurs possiblement en lice (Canal+, BeINSport, et SFR) s’appuyer sur des opérateurs (financiers ou autres)  désireux d’investir dans ces deux championnats.

Mais il peut également favoriser l’entrée en lice de nouveaux acteurs jusqu’ici en retrait ou à l’écart de cette bataille: des géants du marketing sportif, tels que Sportfive,  IMG ou Infront, des fonds d’investissements aux capitaux roboratifs, également, des groupes audiovisuels tels que l’américain Discovery (propriétaire d’Eurosport), encore, ou des géants du numérique tentés par le nouvel eldorado des droits sportifs.

L’interrogation semble légitime au regard des moyens gigantesques que les sociétés Google, Apple, Facebook et Amazon, souvent désignées par l’acronyme GAFA, ont commencé à investir dans ce domaine aux Etats-Unis. En avril 2016, Twitter s’emparait, devant Verizon, Yahoo! et Amazon, des droits numériques de dix des seize matches de football américain  pour 10 millions de dollars Un an plus tard, Amazon prenait sa revanche en proposant cinq fois plus pour sceller un nouvel accord avec la Ligue nationale de football (NFL) pour la saison 2017-2018.

Ainsi personne ne pourra dire précisément le 29 mai au soir, quand tombera le verdict de la LFP, quels sont les vainqueurs définitifs d’un appel d’offres à tiroirs et avec son lot inévitable d’incertitudes et de rebondissements. Car avec l’introduction de ce système, dit de « sous licence », la Ligue et ses dirigeants ont ouvert une véritable boite de Pandore. Tout devient en effet possible. On pourrait voir un Canal+, adossé à un partenaire, rafler l’ensemble des 7 lots de la .Ligue 1, avant d’en rétrocéder une partie, moyennant une plus-value, à tel ou tel autre diffuseur, BeINSport, TF1, M6, SFR…On pourrait assister à l’irruption d’un nouvel entrant, Orange par exemple, qui mette plus d’un milliard d’euros sur la table avant de revendre au fil des saisons, de celle de 2020 à celles suivantes jusqu’en 20024, tel ou tel lot à tel ou tel diffuseur. Ou voir un acteur du numérique ou de l’audiovisuel mondial débouler pour rafler l’ensemble et négocier ensuite au cas par cas et au plus offrant.

Un jeu de massacre n’est donc pas à écarter dans cette partie de poker menteur à multiples bandes. Découpé tel un salami, l’appel d’offres de la LFP offre de multiples scénarios et combinaisons possibles. Une seule quasi-certitude à ce jour : c’est bien la Ligue et les clubs français qui devraient sortir gagnant d’un appel d’offres aux sommes sans doute records.

 

 

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1 Comment
  • Red John
    mai 3, 2018

    La Ligue sera encore le grand gagnant de cet appel d’offre. Ira t’on jusqu’au Milliard d’Euros? A chaque appel d’offre depuis quelques temps on nous annonce la fin de Canal. Tous ces pseudos participants se partageront le gateau. je ne vois pas Canal disparaitre car si c’était le cas qui distribuerait les chaines Orange ou BeIn par satellite? le portefeuille abonné de Canal est très important.