Réforme de l’audiovisuel public: Macron pousse les feux

par 3commentaires No tags 3

French Culture Minister Francoise Nyssen talks to French President Emmanuel Macron (R) during a visit to Les Mureaux on February 20, 2018. / AFP PHOTO / POOL / LUDOVIC MARIN

250, 350, 500 millions…Les calculettes tournent à plein régime de Bercy à Matignon, de l’Elysée au ministère de la Culture, où l’on planche sur le niveau des économies que l’on s’apprête à fixer pour l’audiovisuel public. Convoquées à Matignon mardi dernier les PDG de France Télévisions et de Radio France, Delphine Ernotte et Sybille Veil, sont passés au tableau noir. Et c’est d’ici au 10 juin qu’Edouard Philippe annoncera ses décisions. Réunis entre eux,  hier mercredi, (comme c’est le cas régulièrement depuis l’automne dernier) l’ensemble des dirigeants de l’audiovisuel (INA, Arte, France Télés, TV5 Monde et Radio France) ont fait le point sur l’état de leurs maisons respectives. « Une conversation un peu surréaliste», confie l’un des participants, qui évoque une réunion «pour rien», sans ordre du jour, ni orientations, le tout dans un climat pré-cataclysmique avec les arbitrages et le projet de loi qui s’annoncent.

Si la réunion de ces patrons de chaînes s’est déroulée de manière courtoise, le climat en coulisses est tendu. La raison ? France Télévisions. Certains de ces PDG craignent d’avoir à faire les frais de hostilité que voue une partie de l’exécutif à l’entreprise de la sixième, Delphine Ernotte : d’avoir à payer pour une maison que Bercy et l’Elysée ont dans leurs viseurs. Bref d’être mis à contribution, alors que le cœur du projet gouvernemental est la reprise en main, le devenir, des chaînes publiques.

D’autres, parmi ce collège de PDG, dénoncent également le caractère prématuré de ce train d’économies. C’est en effet d’ici à la fin de l’été que devraient être dessinés les contours de la loi destinée à refondre l’audiovisuel public. Question : ne vaudrait-il pas mieux attendre ce texte que l’on dit ambitieux, fixer d’abord les enjeux, décider du périmètre de l’audiovisuel public et de ses priorités, bref présenter une stratégie d’ensemble, avant de décréter des économies? Pourquoi vouloir à tous prix ponctionner ce secteur, alors qu’une réforme profonde, dont on ne connait pas encore les contours, se profile à l’horizon?

A cette question, une réponse et un nom ; Emmanuel Macron. Le chef  de l’état, qui s’impatiente et qui tempête à l’évocation du dossier, exige des efforts immédiats sur le plan de la gestion de ces entreprises. Pour lui, le temps presse. Or avec l’encombrement des débats (notamment budgétaire) prévus au calendrier de l’Assemblée nationale, à l’automne, la loi sur l’audiovisuel ne devrait pas être débattue avant le début de l’hiver : texte qui ne sera pas promulgué, au terme des navettes avec le Sénat et des différents débats, avant 2019.

Trop loin, trop long, pour le locataire de l’Elysée qui veut que les choses bougent. Que les  discussions entre Radio France et France Télévisions, sur de possibles rapprochements et synergies, avancent un peu plus vite, notamment, pour ne prendre que ce seul exemple.

A ce titre le chapitre du mariage esquissé entre  France 3 et France Bleu est particulièrement éloquent. Car si l’on évoque du bout des lèvres à Radio France (où l’on  marche sur des œufs par crainte de mettre le feu aux rédactions) des expériences-tests dans quelques villes de France, l’Elysée, volontariste, plaide pour une fusion à terme de l’ensemble des antennes de ces deux entreprises. Et non d’une moitié de réforme.

Autre exemple de l’agacement d’Emmanuel Macron, la soufflante passée cet hiver, en Conseil des ministres, à la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin : le chef de l’état s’est agacé de son peu d’initiatives sur l’avenir de France O, cette chaîne croupionne de France Télévisions, dont la suppression sur la TNT est depuis dans les tuyaux. Seuls  quelques programmes et un JT, (produits par l’outil de production des différents départements et diffusés exclusivement sur ces territoires), seraient conservés.

C’est ainsi que France 4, digérée par France 5 ou basculée sur le numérique, selon les schémas, et  France O, seraient les deux premières victimes de l’imposante réforme que l’exécutif,  sous la baguette du secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, prépare à marches forcées.

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3 Comments
  • Eugenie Laurent
    mai 24, 2018

    L’unique objectif de Macron est de plaire â l’Allemagne…Bof!

  • Eugenie Laurent
    mai 24, 2018

    Publiée ou pas celà ne me fait ni chaud ni froid

  • Red John
    mai 25, 2018

    Il devrait revoir l’ensemble des diffuseurs.Collusion entre Bouygues Bolloré Drahi avec l’obtention de marchés publics par exemple….Est il normal encore aujourd’hui que Bouygues gère la 1ere chaine de télévision autrefois dans le giron du service public? Nous sommes le seul pays Européen avoir sa 1ere chaine de télévision privée. Revoir La numérotation sur la TNT ne serait pas un mal etc…Pas seulement le service public de télévision. Et ensuite s’occuper sérieusement de la radio numérique via le DAB dans toute la France. Enfin vous remarquerez que le service se porte pas trop mal par rapport à TF1. Les fictions sont de très bonnes factures et font la nique au privée. L’info est en forme et creuse l’écart avec TF1….On parle de 500millions d’Euros d’économies….Ce gouvernement veut il favoriser le privée? Les dernieres interviews de notre Président ont lieu sur le privée TF1 et BFM…..