Audiovisuel public: le gouvernement veut une BBC à la française

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French Culture Minister Francoise Nyssen talks to French President Emmanuel Macron (R) during a visit to Les Mureaux on February 20, 2018. / AFP PHOTO / POOL / LUDOVIC MARIN

La montagne va-t-elle accoucher d’une souris ? Le grand soir annoncé de l’audiovisuel public semble avoir un peu de plomb dans l’aile : en témoignent les annonces ce matin de Françoise Nyssen. Entourée des PDG de France Télévisions, de TV5 Monde, de Radio France, de France Média Monde et de l’INA, la ministre de la Culture et de la Communication devrait simplement donner une série d’orientations destinés à jeter les bases d’un audiovisuel public rénové. Trois mots clé: Numérique, synergies et création.

Développer la proximité, investir massivement dans le  numérique, promouvoir la création de contenus et accentuer les collaborations entre les différentes sociétés du secteur : ce sont les quatre axes principaux d’une réforme a minima. On ne parle plus,  (pour l’heure), comme l’évoque le JDD, sous ma plume) de réduction du périmètre de France Télés, de présidence commune à l’ensemble du secteur ou encore de coupes budgétaires massives dans les comptes de France Télés, mais d’une série d’initiatives toutes inspirées d’un modèle devenu la panacée aux yeux du gouvernement: celui de la BBC.

Créer un média global, associant  tous les métiers, tous les supports (radio, télés et réseaux sociaux), toutes les techniques, à l’image de ce qui se fait outre-Manche : c’est l’un des points sur lequel le gouvernement veut mettre particulièrement l’accent. La ministre  prend en privé l’exemple de Guyane Première, dont France Télévisions pourrait, dit-on, s’inspirer : une chaine locale que la ministre de la Culture montre en exemple depuis qu’elle l’a visitée, où la polyvalence a été instaurée au sein d’un seul et même média, dit « global ».

Autre effort, le numérique. Le retard pris en la matière -notamment sur la BBC, qui consacre 12% de son budget au numérique, contre 3% à France Télévisions-  devra être comblé, avec la mise en place d’une offre de contenus numériques ambitieuse. De même pour la création audiovisuelle. Si le projet d’un « Netflix à la française » – un temps imaginé par Delphine Ernotte-, est clairement abandonné, le gouvernement plaide, en revanche, pour la création d’un portail de vidéos à la demande (VOD), proposant au public l’ensemble des contenus de France Télévisions et pas seulement.

Le projet de suppression d’une ou plusieurs chaînes – France 4 et France O, notamment-  comme la rumeur a longtemps couru, est écarté. Celles-ci ont désormais vocation  à migrer sur le net. L’on n’évoque plus, de la même manière, la « fusion », un temps esquissée, entre France 3 et France Bleu, mais d’un rapprochement et de collaborations, avec la création de matinales communes.

Reste la délicate équation budgétaire. Alors que l’on évoquait, encore récemment, un plan d’économie drastique – de quelques 500 millions d’euros pour le seul groupe France Télévisions- la pression semble être retombée ces dernières semaines. Compte tenu des nombreux chantiers à venir, l’entreprise de Delphine Ernotte échapperait à la saignée.

Françoise Nyssen annoncera par ailleurs la création d’une commission chargée de plancher, plus largement, sur l’avenir du secteur et ses enjeux. Présidée par l’ancienne directrice de la stratégie de la BBC, Catherine Smadja, cette commission sera composée de quatre autres membres : l’ancien PDG de France Télévisions, Marc Tessier, la productrice Claire Leproust, l’ex directeur de cabinet d’Olivier Schrameck au CSA, Frédéric Lenica et la journaliste et directrice générale d’UniFrance films, Isabelle Giordano.

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1 Comment
  • Jackie Bobigny
    juin 4, 2018

    Bonjour,
    Vous etes nul en orthographe. Le petit rongeur, c’est une « souris » pas une « sourie ».
    Dommage.
    Jackie Bobigny