Humanitaire détenue au Mali, Sophie Pétronin pèse t-elle moins lourd qu’un journaliste-otage?

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Enlevée au Mali fin 2016, Sophie Pétronin est aujourd’hui le seul otage français dans le monde. On l’avait oublié, tant le sort de cette compatriote semble laisser les médias indifférents. Après plus de 600 jours de détention dans le désert Malien cette française âgée de 75 ans, atteinte de paludisme, ainsi que d’un cancer, a disparu de nos écrans radars : une laissée pour compte dont les médias signalent tout juste l’existence quand l’un des membres de sa famille s’en va désespérément sonner le tocsin au micro d’une radio ou devant une caméra de télé. C’est ce qui s’est passé hier avec le cri d’alarme lancé par l’un de ses neveux.

Ce sentiment d’indifférence a quelque chose de choquant. Car là où le locataire de l’Elysée a pour habitude et tradition de recevoir les familles d’un de nos ressortissants retenu quelque part dans le monde, Emmanuel Macron n’a pas jugé utile d’accueillir,  à ce jour, les proches de celle qui croupit depuis plus de deux ans quelque part dans le désert malien. Faut-il être journaliste et avoir le soutien tambourinant d’une corporation immédiatement mobilisable,  comme ce fut le cas à travers les dernières décennies pour Jean-Louis Normandin, Jean-Paul Kaufman, Stéphane Taponier, Christian Chesnot, Georges Malbruno, Hervé Ghesquière ou encore Florence Aubenas, et j’en oublie, pour que la machines médiatique se mette en branle? Et que l’exécutif, sous la pression des médias et d’une opinion sensibilisée, décide de remuer ciel et terre. Faut-il s’appeler Ingrid Bettencourt, disposer d’un comité de soutien et d’un parterre de « peoples » ayant ses entrées et son rond de serviette à l’‘Elysée pour que l’exécutif mette tous les moyens en œuvre, et ce jusqu’au plus haut sommet de l’état?

Sophie Pétronin n’est ni médiatique, ni diplomate, et encore moins journaliste : juste une humanitaire parmi des milliers d’autres,  invisible et sans réseaux, ni soutiens. Bien évidemment les services français sont à l’œuvre en coulisses pour tenter de faire libérer celle dont l’état de santé se dégrade, croit-on savoir. Mais chacun sait, – les exemples passés l’ont à chaque prouvé- que seules la mobilisation des médias et la  sensibilisation de l’opinion ont un effet accélérateur, cathartique, dans ce type d’affaires. L’appel sur les antennes  du neveu de Sophie Pétroni a fait l’objet d’une simple brève ce matin: glissée entre la canicule et l’annonce de la rentrée du gouvernement, l’information ne fera qu’un entrefilet demain matin dans les journaux. Là où les médias  devraient enquêter, insister et mettre une pression accrue sur l’exécutif.

La famille de cette otage souhaiterait simplement qu’on l’informe des efforts engagés. Et que la porte du bureau d’Emmanuel Macron s’entrebâille. Est-ce trop exiger ?

 

 

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