Balancetonporc: Eric Brion où la descente aux enfers d’une cible expiatoire

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Une vie passée au broyeur ; une famille éclatée ; une épouse qui tourne le dos; des amis aux abonnés absents et un job qui implose : en l’espace de quelque jours, en octobre 2017, l’ancien patron de la chaîne Equidia, Eric Brion, a découvert ce que pouvait être l’exil intérieur et l’enfer de la disgrâce. Quand tout un monde s’écroule, que les portes se ferment, quand que tout un métier se claquemure à votre approche et qu’une fatwa s’abat sur vos épaules.

Si Eric Brion a connu l’opprobre et une traversée du désert, dont il n’entrevoie pas l’issue, s’il est toujours  dans  l’incapacité de retrouver un job, c’est parce qu’il a été le premier à être visé par le hashtag  «balancestonporc», lancé par la journaliste Sandra Muller.

Blacklisté par une profession aux yeux de laquelle il incarne symboliquement ce qu’il y a de plus vil, Eric Brion n’en finit pas de battre sa coulpe, en vain. Et de s’insurger dans une indifférence totale.

Car l’intéressé se défend avec vigueur (et des accents de sincérité qui invitent à la retenue) d’avoir harcelée et encore moins agressée, celle qui l’a cloué au pilori,  pour l’exemple.

Eric Brion confesse une attitude graveleuse, quelques mots à l’évidence déplacés -«Tu as de gros seins, Je peux te faire jouir toute la nuit…»- tenus « lors d’une soirée arrosée» : des propos qu’il regrette amèrement et dont il n’a eu de cesse de s’excuser auprès de l’intéressée depuis plus d’un an.

Soyons un brin honnête : quel homme dans sa vie n’a pas prononcé, un jour de virée « entre mecs » ou dans un contexte « festif », proche d’une troisième mi-temps de rugby, des mots inexcusables et aussi vite regrettés ? Des mots qui ne relèvent pas, pour autant, d’une agression sexuelle caractérisée ou d’actes juridiquement condamnables.

Qui ne s’est pas livré, une fois dans sa vie à ce qui relève d’un comportement de type pré pubère, exacerbé par un certain degré d’alcoolémie? Bref, qui n‘a pas prononcé le petit mot de trop et versé dans ce que nos parents qualifiaient par le passé d’attitude «grivoise»?

Eric Brion, qui en paye le prix fort, a vu sa vie basculer : quinze mois plus tard, l’homme, qui a porté plainte en diffamation, ne parvient toujours pas à sortir de la fosse dans laquelle Sandra Muller l’a emmuré. Et ses mots de  repentance restent inaudibles.

Il y a ici, dans cette piteuse affaire, matière à méditer. Car si la croisade mondiale engagée par la journaliste française est éminemment salutaire, le statut inaugural de victime expiatoire conféré à Eric Brion nous laisse un arrière-goût un brin amer.

Avec cette question: Jusqu’où la vindicte?

 

 

 

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