Alain Weill: « Nous devons la vérité à ceux qui nous regardent »

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Media group Altice France head Alain Weill attends the inauguration of the Altice Campus in Paris on October 9, 2018. (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

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BFM TV, qui a consacré, selon une étude, le plus grand nombre de sujets aux « gilets jaunes », parmi tous les médias audiovisuels, est la cible de toutes les critiques depuis le début cette crise : le symbole de la fracture entre les médias et une partie de l’opinion français. Les critiques les plus vives sont venues d’une partie de la classe politique et de l’exécutif, qui lui reprochent d’avoir attisé cette crise en se polarisant, des heures durant, sur les violences, en faisant le tour des ronds-points de France et de Navarre.

Interrogé par le JDD, le patron d‘Altice France et fondateur de BFM TV, Alain Weill, défend son antenne et ses équipes, expliquant entendre des critiques inévitables au nom, dit-il, du poids qu’occupe ce média dans le paysage audiovisuel français : « BFM TV, qui est le premier média d’information en France, réunit régulièrement quelques 10 millions de téléspectateurs par jour. Et son audience a souvent franchi pendant cette crise, le cap des 20 millions de personnes. Il est donc normal que notre travail puisse faire débat. Qu’aurions-nous entendu si nous n’avions pas montré les images des violences de Bordeaux et Paris? Les mêmes qui nous accablent aujourd’hui nous auraient accusé de ne pas remplir notre mission d’informer ». Ces images en boucle n’auraient donc pas contribuées à l’amplification de ce mouvement se défend celui qui défend son antenne bec et ongle. Des journalistes « secoués et violentés », « agressés et stigmatisés par les hommes politiques et par certains de leurs contacts professionnels »,  « bousculés dans leur vie familiale et amicale »…Alain Weill revient, par ailleurs, sur les agressions de journalistes de BFM TV qui ont émaillé les cortèges des  gilets jaunes ces dernières semaines.

Et concède du bout des lèvres quelques erreurs et maladresses. C’est  là où le bas blesse. Il faudra aux dirigeants de BFM TV beaucoup plus pour raccommoder le lien qui s’est aujourd’hui distendu avec une partie de l’opinion. Car l’audience de BFM TV ne peut pas être regardée comme un blanc-seing qui exonérerait. Invité ce matin de RTL, le ministre de la Culture, Franck Riester, s’inquiétait de ce climat de défiance. Raison pour laquelle il annonçait vouloir réunir tous les responsables des grands médias afin de trouver des solutions à une crise de confiance qui s’est indiscutablement aggravée avec ce conflit.

 

 

 

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2 Comments
  • redjohnlerouge
    janvier 23, 2019

    BFM a une peur bleue de l’attribution du canal 14 après la disparition de France 4 à France Info. Le traitement de l’actualité sur les gilets jaunes qui met mal à l’aise la rédaction de la chaine info. Serait ce un moyen de faire pression sur l’Etat pour que le canal 14 ne leur revienne???

  • JEAN FRANCOIS RABILLOUD
    janvier 24, 2019

    C’est bien l’affaire des fréquences qui motive la direction de BFM . Bras de fer avec l’exécutif . LCI commence à leur tailler des croupières . Dans ce combat ,tous les arguments sont bons et le cynisme de Patrick Drahi et d’Alain Weill sans limite .