Sondage: La crise des Gilets jaunes plombe le moral des journalistes

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Hundreds of demonstrators gathered at midday at the foot of BFMTV's headquarters to denounce the "misinformation" they said was being conveyed by the continuous news channel. Clashes broke out with the police, who made several arrests. The "yellow vests" then headed for the headquarters of France Télévisions. In Paris, the movement gathered a total of some 800 people "in several erratic processions", according to the police prefecture. There were no injuries or degradation. 57 people were arrested, says the prefecture. By 6 p.m., 33 of them had been taken into police custody. Paris, December 29, 2018. Des centaines de manifestants se sont rassemblés à la mi-journée au pied du siège de la chaîne BFMTV, pour dénoncer la "désinformation" véhiculée, selon eux, par la chaîne d?information en continue. Des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui ont procédé à plusieurs interpellations. Les "gilets jaunes" ont ensuite pris la direction du siège de France Télévisions. A Paris, le mouvement a rassemblé au total quelque 800 personnes "dans plusieurs cortèges erratiques", selon la préfecture de police. Il n'y a eu ni blessé ni dégradation. 57 personnes ont été interpellées, précise la préfecture. A 18 heures, 33 d'entre elles avaient été placées en garde à vue. Paris, 29 décembre 2018.

 

À l’heure où le mouvement des Gilets jaunes cristallise une défiance croissante des Français à l’égard des médias, une profession jamais autant critiquée et conspuée dans le cortège et à travers les enquêtes, un sondage donne pour la première fois un aperçu de l’état  d’esprit des journalistes en France : une profession, on ne sera pas surpris, au moral en berne.

Réalisée par l’agence de communication indépendante ComCorp, cette étude porte sur les conditions de travail et le moral de cette profession, le tout sur fond de crise identitaire et sociale. « Se dresse le portrait d’une corporation aux difficultés croissantes, qui peine à concilier la passion d’un métier avec des conditions de travail de plus en plus précaires et une crise de confiance croissante de la part de ses concitoyens », résume Alexis  Noal, à l’initiative de cette enquête.

C’est ainsi que 88 % des journalistes estiment aujourd’hui que la profession de journaliste n’est désormais plus valorisée par les Français. Un pessimisme global qui se traduit par une perte de confiance en leur avenir professionnel, pour 70 % d’entre eux. C’est ainsi que plus de la moitié des journalistes interrogés pensent que les médias traditionnels sont condamnés. Il est ainsi frappant de constater que seuls 32 % des journalistes déclarent ne pas envisager de se réorienter professionnellement, contre 40 % qui l’envisagent et 17 % qui avouent déjà exercer une autre activité en parallèle. En toile de fond de cette enquête, une dégradation constatée amèrement des conditions de travail. Ajoutée à une paupérisation galopante d’un métier qui est transformé sur le plan social.

Manque de moyens, de temps, de ressources, charge de travail qui explose, ce sont 70,55 % des quelque 600 journalistes interrogés dans le cadre de cette étude qui déclarent que leurs conditions de travail se sont nettement détériorées ces dernières années. Symbole de cette dégradation, la proportion croissante des pigistes au sein des rédactions. Alors que le pourcentage de pigistes au sein des entreprises de presse est de 25 5 %, ces derniers représentent aujourd’hui quelques 71,3 % des premières demandes de carte de presse, contre 33 % en 2000. Moins de CDI, plus de contrats précaires.

Vient s’ajouter à ces contraintes matérielles, tout un ensemble de contraintes psychologiques qui conduisent 42 % à déclarer ne pas être libres d’exercer leur métier tels qu’ils le voudraient. Première contrainte: des rythmes de production toujours plus élevés, associés à une recherche permanente et pressante du « buzz », devenue une sorte de second réflexe. Pour près de la moitié des journalistes, les réseaux sociaux sont par ainsi perçus comme une forme de concurrence malsaine et déloyale, mais également appauvrissante pour le métier qu’ils exercent. Avec en leurs sein, sur Internet, des utilisateurs sans déontologie, ni éthique : ces propagateurs d’informations non vérifiées causent de gros dégâts et nuisent à la crédibilité des médias traditionnels, dans la mesure où ils sont souvent perçus comme des sources d’information aux yeux du grand public.

Le phénomène des fake news est ainsi pointé du doigt par 70 % des interrogés, comme ayant un impact majeur sur le regard que portent les Français sur les médias en général. Si la presse écrite et la radio sont quelque peu épargnés par les journalistes dans leurs critiques, internet et la télévision  sont exécutées sans sommation.

Cette crise de Gilets jaunes fait ainsi remonter à la surface tout le mal-être d’une profession qui confie aujourd’hui sa déprime, telle une lame de fond. Mais le journalisme reste, malgré tout, une vocation pour la plupart des interrogés : c’est l’un des paradoxes de cette étude. Alors que 57 % d’entre eux ne recommanderaient pas un jeune de se lancer dans des études de journalisme, une grande majorité, 74 %, affirment que si le choix aurait été donné, ils referaient la même carrière.

Et  lorsqu’on leur demande ce qui les pousse à poursuivre ce métier, malgré les difficultés évoquées et les critiques essuyées, les journalistes mettent en avant, avec force, une passion qui les anime et la quête de sens qui habite, disent-ils ce « job pas comme les autres ».

Au-delà des difficultés rencontrées, le journaliste dit ainsi continuer  de vivre sa mission d’information comme « indispensable à la bonne marche de notre démocratie ».

 

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