Léa Salamé bât en retraite: mais a-t-elle vraiment le choix?

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SALAMLE

 

 

Fait-elle le bon choix? La journaliste de France 2 et de France Inter a-t-elle raison de se mettre en réserve, de suspendre sa collaboration à ces deux médias le temps de la campagne des européennes, au nom de l’engagement de son compagnon Raphael Glucksmann désigné tête de liste du PS à cette élection? Ce retrait provisoire ne manque pas de susciter des réactions tranchées et contrastées. A l’instar de l’ancienne présentatrice du 19/20, Audrey Pulvar, qui avait dû renoncer, elle aussi, à ses activités sur France Inter après l’entrée au gouvernement, en mai 2012, de son compagnon de l’époque, Arnaud Montebourg. «En 2019, en France, on continue de reprocher à une femme les opinions politiques de son compagnon. Nous, pauvres petites choses si influençables, incapables de discernement ? Cette mise à l’écart de Léa Salamé est injuste et injustifiée», a-t-elle réagit dernièrement.

Injuste, sans doute, mais injustifiée pas certain…Car en prenant cette décision Léa Salamé prend intelligemment les devants. Conserver ses fonctions, à Inter et France 2, c’eût été prendre immanquablement le risque d’être stigmatisée au moindre mot, d’être taxer de partisanerie à la moindre question, décortiquée, surlignée et interprétée, qu’elle viendrait à poser à tel ou tel invité politique: dans cette époque de soupçon permanent, qui voit une large part de l’opinion et de la classe politique accuser les journalistes de tous les maux, continuer à exercer ce métier quand votre compagnon bât la campagne n’était,  hélas, pas possible.

Hélas… Car ce retrait a quelque chose d’attristant et de désespérant, tant il ne viendrait à quiconque de reprocher quoi que ce soit au travail de Léa Salamé. C’est dire le discrédit qui frappe les journalistes et ce principe de  précaution qu’ils s’imposent sans véritable gaieté de cœur. C’est dire au passage les dégâts qu’ont commis dans l’opinion nombre de médias, notamment audiovisuels, avec la couverture, contestée et contestable, des manifestations des Gilets jaunes. L’image de la profession, stigmatisée et conspuée sur le terrain pour un traitement souvent fait de parti-pris et de sensationnalisme, n’en est pas sortie grandie. Les dégâts collatéraux sont nombreux. Le jet de l’éponge de Léa Salamé, qui se met aujourd’hui prudemment, mais tristement,  à l’écart, en est un.

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1 Comment
  • redjohn
    mars 20, 2019

    Si son Gus est élu député, elle fait quoi? Le problème dans cette histoire est la connivence entre journaliste et politicien. Combien de politiques mariés à des journalistes? Beaucoup.