Asphyxiés par le CNC les producteurs de docs et de reportages en appellent à Franck Riester

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Comme l’indique le JDD de ce dimanche, les dirigeants des quatre premières sociétés de production de reportages d’infos et de documentaires en France, dont Bernard de Lavillardière et Tony Comiti, ont adressé, le 15 avril, un courrier alarmiste au ministre de la Culture, Franck Riester. 

 

En cause, l’arrêt par le Centre national du cinéma des subventions accordées jusqu’ici à la grande majorité  des sociétés de production qui alimentent, semaines après semaines, des émissions comme Capital, Zone interdite, Enquête exclusive sur M6, Les docs du dimanche, le Monde en face sur France 5, Infrarouge France 2 et Théma sur Arte. Ou encore, Reportage sur TF1,  Appels d’Urgence  sur TFX, Enquête sous haute Tension sur-C8 et Enquête criminelle sur W9. La liste est longue…Sans ces aides, « vitales » pour ces sociétés de production, toutes ces émissions risquent de se retrouver en panne sèche et leurs producteurs en faillite.

Car jusqu’ici cette banque du cinéma et de l’audiovisuel qu’est le CNC soutenait massivement un secteur aujourd’hui en crise. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : avant que le robinet ne se ferme, le CNC versait 50 000 euros pour un Zone Interdite, 37 000 euros pour un numéro de Capital, 32 000 euros pour une édition d’Enquête Exclusive ou encore, 40 000 euros pour la production d’un Doc du dimanche, sur France 5.

Des sommes qui permettaient non seulement d’amortir les coûts de production de ces reportages, mais également d’équilibrer les comptes fragiles de  leurs producteurs.

C’est ainsi qu’une société de production comme Pallas TV, – signataire de cette lettre- a perdu dernièrement 230 000 euros, après qu’elle ait réalisé pour le groupe M6 quatre Zone Interdites, ainsi qu’un numéro d’Enquête Exclusive, sans qu’elle ait touché le moindre euro de subventions.

Et il n’y a pas que le secteur de la production qui s’indigne. En effet, les chaînes elles-mêmes ruent dans les brancards en raison des efforts financiers qu’elles consentent chaque année en contrepartie de ces aides en versant des sommes conséquentes au CNC : 70 millions d’euros pour TF1, 50 millions d’euros pour M6, par exemple.

Conséquences de ces restrictions budgétaires ? Un risque d’asphyxie pour  tout un secteur qui comptait une quinzaine de sociétés il y a dix ans, contre six aujourd’hui. Cinq agences ont même dû mettre la clé sous la porte depuis le début de l’année. Tandis que quatre autres ont prudemment rejoint de grands groupes audiovisuels.  Parmi elles, l’agence Capa, rachetée par TF1 et KM reprise par le groupe Canal+.

Dans le courrier qu’ils ont adressé à Franck Riester, leurs quatre signataires s’inquiètent de dépôts de bilan à venir et en cascade. Ainsi que d’une  casse sociale importante, puisque ce secteur de la production fait vivre à lui seul  plusieurs centaines d’intermittents du spectacle, ainsi qu’une armée de journalistes et de reporters d’images. La balle est désormais dans le camp du ministre de la Culture qui devrait recevoir prochainement les auteurs d’une lettre qui se veut un signal d’alarme.

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