Régionalisation et proximité: BFM TV et Patrick Drahi ciblent le réseau Via

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Une quinzaine de titres de la presse quotidienne régionale (Ouest France, Nice-Matin, Sud-Ouest, Le ­Télégramme, La Provence…) associés aux 22 chaînes locales du réseau Via et aux cinq chaînes de la TNT en régions propriétés de la presse quotidienne régionale (PQR) vont lancer le 30 septembre, en direct de Bordeaux, une matinale d’info de deux heures animée par Cyril Viguier. À la tête de ce projet, deux industriels des médias: l’ancien actionnaire et propriétaire de Libération, Bruno Ledoux et  Christophe Musset, PDG du groupe Médias du Sud.

Or cette offensive de la presse quotidienne régionale, aujourd’hui adossée à un réseau de télés locales, inquiète non seulement une chaîne d’information comme BFM TV, mais également TF1 et LCI qui observent de près l’émergence d’un nouvel acteur, d’un nouveau média d’information à l’échelon ultra-local.

Interrogé le 15 septembre dans les colonnes du JDD, le directeur de l’information du télégramme de Brest, Hubert Coudurier, ciblait clairement la chaîne tout-info du groupe de Patrick Drahi, expliquant que la presse quotidienne régionale et les télévisions locales devaient être une « alternative» à BFM TV. Ainsi qu’à l’ensemble des chaînes tout infos, de C News à LCI.

L’enjeu est clair pour la PQR : développer des relais de croissance. Car la presse quotidienne régionale, qui a raté depuis plus de 30 ans tous les coches de la télévision, table sur l’émergence d’une plate-forme d’informations puissante et de proximité.

Les dirigeants de BFM TV ont compris le danger. C’est ainsi que le patron de SFR, Patrick Drahi, par ailleurs propriétaire de BFM TV, envisagerait de racheter les parts majoritaires de Bruno Ledoux et de Christophe Musset dans le réseau Via. Une opération à moins de 5 millions d’euros qui permettrait à BFM TV de disposer d’un tissu de correspondants régionaux, à travers un maillage de chaînes locales, un réseau par ailleurs associé à une vingtaine de titres importants de la PQR.

Cela fait en effet des semaines que du côté de BFM TV on réfléchit à délocaliser, à régionaliser le plus possible, l’information d’une antenne vivement critiquée lors de sa couverture de la crise des Gilets jaunes. « Proximité » : le mot est sur toutes les lèvres. Un slogan même unanimement entonné du côté de l’ensemble des chaînes tout-infos.

Le groupe TF1, propriétaire de LCI, peut-il laisser faire ? Difficile de l’imaginer. Du côté du groupe présidé par Gilles Pélisson on s’inquiète en effet de l’intrusion de Patrick Drahi et de BFM TV sur un terrain, les régions, dont la « Une » a fait de longue date  presque une chasse gardée. La très bonne tenue des journaux de 13 heures et de 20 heures de « La Une » repose notamment sur une solide couverture de l’actualité en régions.

Grâce à un réseau de correspondants historiquement bien implanté TF1 dispose en effet de très  nombreux relais.

Mais qu’en sera-t-il demain si l’antenne de BFM TV se retrouvait adossée à un réseau autrement plus puissant en régions ? C’est la raison pour laquelle on réfléchit du côté de TF1 à renouer des accords avec un certain nombre de grands quotidiens régionaux.

Ce qui avait été le cas dans les années 90, avec un maillage de correspondants en lien avec la PQR. Résultat, des reportages en grand nombre et une couverture performante de l’actualité en régions.

Avec à l’époque, déjà, parmi quotidiens associés à TF1,  le Télégramme de Brest : aujourd’hui, un titre en première ligne dans cette guerre des régions qui risque de voir s’affronter les groupes TF1 et SFR, BFM TV et LCI..

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