Déjeuner au Château.

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La publication par l’Express, sous ma modeste plume, d’une enquête sur Nicolas Sarkozy et les médias, me vaut…une invitation à déjeuner à l’Elysée. Yes !!! En effet, à peine le journal était-il en kiosque que j’ai eu droit à un coup de fil, fort courtois et plutôt détendu, de l’une des éminences du chef de l‘Etat, m’expliquant qu’il trouvait dommage que l’on ne se connaisse pas. J’y ai vu aucune malice, sinon le réflexe naturel d’un conseiller souhaitant, sans doute, me livrer « sa » vérité. Cela n’est pas choquant et témoigne, en tous les cas, d’un mode de relation que je trouve plutôt franc du collier. Attendons de voir.

La dernière fois que j’ai reçu un tel coup de fil remonte à…1984. François Mitterrand occupait alors l’Elysée où Jean-Claude Colliard était directeur de cabinet. Un beau matin, j’eu droit à une convocation au Château après un article qui avait déplu et que j’avais commis dans feu le Matin de Paris, un quotidien de gauche aujourd’hui disparu. Je m’étais donc rendu à l’Elysée le torse bombé, avec l’insouciance de mon jeune age, à l‘époque. L’entretien dura deux minutes trente…D’un ton glacial, le dit Colliard m’expliqua, de derrière son immense bureau Louis XV et avec un air de croque-mort, qu’il ne tolérait pas ce type d’articles, qui plus est dans un organe de presse supposé de gauche. 
Ce ne fut qu’un long monologue, au cours duquel j’eu la plus grande peine à bredouiller une vague réponse. Congédié tout aussi vite, je m’étais retrouvé sur le trottoir, avec le sentiment de n’avoir, désormais, pour seul et unique horizon que les Assedic. L’affaire se tassa, pourtant et mon cerbère élyséen se manifesta, par la suite,  à quelques reprises, avant que ce triste sire ne quitte l’Elysée pour le Conseil d’Etat. Où il pantoufle encore. Est-ce le fait du hasard ? Quelques semaines après cette entrevue pathétique, à l’Elysée, j’eu droit à un contrôle fiscal. Autre temps, autres mœurs ? Touchons du bois.

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