une affaire de famille

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Le patron de la rédaction du Figaro, Nicolas Beytout n’en pouvait plus…A entendre mes confrères du quotidien, il ne se passait un jour sans que Serge Dassault prenne son téléphone pour contester un titre, imposer un encadré, ou suggérer un article. Des relations qui allaient en se dégradant depuis des mois, au point qu’à l’été dernier, cornaqué par Nicolas Sarkozy, dont il est l’un des obligés, Nicolas Beytout (le seul patron de presse invité lors du fameux dîner du Fouquet’s, au soir de l’élection présidentielle victorieuse), avait failli atterrir à TF1 pour y prendre le rênes de l’info.

Il avait fallu, à l’époque, que Martin Bouygues, s’y oppose, sérieusement ébranlé par les critiques qui visaient alors TF1, une chaîne perçue comme une succursale de l’UMP. Nicolas Beytout n’aura pourtant pas attendu très longtemps pour être exfiltré du Figaro, tel un prisonnier. Et c’est aussi grâce à l’intervention de Nicolas Sarkozy, qui a joué pour l’occasion les intermédiaires, que le patron de LVMH, Bernard Arnault, a été convaincu  d’embaucher un Nicolas Beytout qui va retrouver, avec Les Echos, son ancienne maison. Le plus gros dans cette affaire très parisienne, c’est l’apparition de Nicolas Sarkozy. Alors que la France se débat dans un conflit social majeur, le chef de l‘Etat a trouvé le temps de se mobiliser pour caser l’un de ses protégés dans un groupe de son choix.

Non seulement, Sarko l’a fait, mais Sarko l‘a dit et assumé. Recevant vendredi dernier à l’Elysée, une poignée de journalistes économiques, venus l’entendre sur la crise des transports, le président de la République a préféré s’étendre sur le dernier transfert en date dans la presse française. Au point que les syndicats de journalistes, informés de ses déclarations, se sont inquiétés de l’ingérence du chef de l’Etat dans une affaire de presse. Mais ils font fausse route, car il ne s’agit, là, en effet, que d’une simple affaire de famille.

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