Un test politique à 70 millions d'euros.


patrice-de-carolis-dans-la-nasse-de-sarko_1229391155.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’été sera chaud pronostiquaient les augures, qui annonçaient quelques turbulences sur France Télévisions où l’annonce d’un surplus de recettes publicitaires de 70 millions d’euros file la migraine à Patrick de Carolis. Car là où d’aucuns se réjouiraient à TF1 ou M6, cette embellie publicitaire inespérée est un caillou dans la chaussure du PDG de France Télévisions. Que va faire Bercy en effet ? Permettre à Carolis de consacrer ces 70 millions à la réduction de la dette de France Télés, de 135 millions d’euros, comme Carolis le veut et l’a dit, hier? Ou bien défalquer cette somme des 450 millions d’euros d’aides que l’Etat s’apprête à verser au groupe publique après que Bruxelles ait donné son feu vert? La réponse à cette question viendra non pas de Bercy, mais de l’Elysée où l’on est décidé à tenir à bout de gaffe un Carolis droit dans ses bottes et dont il faut saluer à la fois la ténacité et les quelques bons résultats obtenus en matière de rentrées publicitaires : une gageure pour un groupe dont on a fait de la suppression de la pub un symbole !

Mais comme toujours dans ce beau pays, c’est avec le tiroir-caisse que les politiques ont coutume de jouer, dès lors qu’il s’agit de conforter ou  de déstabiliser un patron de chaîne : coupez lui l’oxygène budgétaire et il tombe comme une feuille, filez lui une rallonge et il termine son bail sans plus d’encombres …

Pour autant, je suis bien incapable aujourd’hui de faire le moindre pronostic. Oui, Nicolas Sarkozy n’aime pas Patrick de Carolis et c’est un euphémisme que de le dire. Oui, s’il était convaincu que l’éviction de ce dernier passerait dans l’opinion comme une lettre à la poste, il l’aurait déjà fait et n’hésiterait pas à lui couper les vivres. Mais oui, aussi, la présence à la tête des chaînes publiques d’un homme qui conduit assez courageusement une réforme digne des sept travaux d’Hercule a son avantage: un casse-tête de moins pour celui que le chef de l’Etat adoubera et installera à la tête de France Télés en août 2010. Ces 70 millions d’euros sont donc un joli test politique. C’est en effet à l’aune de l’arbitrage budgétaire que rendra prochainement l’Elysée que l’on mesurera l’étendue de la côte de popularité de Patrick de Carolis à l’Elysée. Un PDG plus proche de la sortie ou de l’augmentation? Faites vos jeux.     
 

0
4 Comments
  • Hervé
    août 28, 2009

    Chapeau à De Carolis!
    Sarkozy devrait apprendre à gouverner la France comme De Carolis administre France 2 au lieu de perdre son temps dans l’animosité.Petit homme!

  • Morgan
    août 28, 2009

    De Carolis-Cluzel même combat !
    Renaud, malgré ses bons résultats financiers et sa ligne éditoriale, Patrick de Carolis sera lourdé comme JP Cluzel, qui avait un tout aussi bon bilan à Radio France. La raison qui a prévalu au départ de Cluzel (c’est à dire, heu … ben aucune) prévaudra pour PdC. Cela ne vaut pas plus qu’un pari. Le (bon) plaisir d’un président (roi) c’est de nommer (donc de changer) les hommes à la tête des entreprises publiques. Et puis Renaud, donnez-moi le nom d’un président du service public reconduit (longuement) dans ses fonctions ? (il y a eu un petit truc avec Marc Tessier, non ?)

  • JohnDoe
    août 28, 2009

    Un bon bilan ???
    Eh ben, faut pas être difficile
    Audiences en berne, dette de 145 M€ : tout va bien.
    Rappel en 2005, prise de fonction de de Carolis, F2 + F3 = 33% PDM, et FTV avait + de 70 M€ dans ses caisses.
    On va lui donner un super-bonus, aussi ?

  • Raphaël
    août 29, 2009

    Le bilan de P. de Carolis est plutôt bon.
    Résultat financiers meilleurs que prévus après la suppression partielle de la publicité décrétée aux heures de grande écoute (très importante ressource), audiences qui se tiennent mieux qu’ailleurs (en 2005, il n’y avait pas la TNT), programmes qui se sont incontestablement améliorés, peu de mouvements sociaux…
    Depuis le temps qu’on entend dire qu’il doit dégager le père Carolis (en gros depuis qu’il est arrivé à son poste), ça ne m’étonnerait pas que l’Elysée veuille surprendre tout le monde en 2010…