La radio numérique, c’est pour 2021! Réalité ou Arlésienne?

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Quel avenir pour la radio numérique ? Quels lendemains pour France Inter, RTL, NRJ ou Europe 1, qui vont devoir abandonner à terme leurs vieilles fréquences  FM pour une autre technologie, le numérique ? Bref, comment faire passer la radio de papa d’une ère à une autre, sans déstabiliser les auditeurs et mettre en danger des stations confrontées à une crise de croissance et de modèle ?

Dirigée par l’ancien PDG de France Télévisions,Marc Tessier, une commission vient de rendre un rapport sur la question, commandé par Matignon. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le numérique pour tous n’est pas pour tout de suite. Technologie, prix des récepteurs, montée en puissance de cette fameuse Radio NumériqueTerrestre (RNT)….que d’obstacles!        

Marc Tessier est en tous les cas très clair sur un point : pour faciliter l’installation partout en France de la RNT, il faudra en finir avec  la vieille bande FM.  « Une  ardente obligation »,  pour l’ancien PDG, « ne serait-ce que pour justifier un investissement aussi élevé et pour alléger à terme la facture de l’Etat vis-à-vis de Radio France comme des radios associatives.

"Or, ajoute Tessier, nombre d’éditeurs ne sont pas disposés, à ce jour, à adhérer à une telle démarche de peur de perdre des auditeurs, ou pour dire le vrai, de placer sur le même plan les nouveaux services autorisés et ceux qui disposent d’une audience forte, fruit d’une implantation ancienne."

"Autre motif souvent invoqué : le parc des équipements de réception en AM et FM qui deviendraient obsolètes, si l’interruption du service FM était mise en oeuvre de manière anticipée. Ce parc est en effet important et se renouvelle lentement (durée de vie des postes radio largement plus longue que celle des autres équipements de réception tels que téléviseurs, smartphones…). En dépit de ces réserves, la mission est d’avis que, s’il est sans doute trop tôt pour retenir une date d’arrêt définitive, l’objectif doit cependant être réaffirmé et accepté par tous, et cela dans une perspective de temps comprise entre 2019 et 2021, afin que chacun puisse s’organiser en conséquence ( …) et mettre sur le marché des récepteurs adaptés et à des prix acceptables (…) Le succès de la Radio Numérique Terrestre dépend, en grande part du prix des récepteurs, ainsi que de la reprise des signaux broadcast par les terminaux à usages multiples tels que baladeurs MP4, téléphones portables…Or, ni sur le premier point, ni sur le second, les perspectives de marché ne sont très claires aujourd’hui. Cela conduit la mission à anticiper que la pénétration des équipements de réception sera lente, et que compte-tenu d’un calendrier d’ouvertures par région étalé sur 4 ans, il n’est pas certain que plus de 50% des foyers ne disposent d’un équipement dédié de réception numérique avant 5 ans.

"Autre obstacle de taille ainsi soulevé par cette commission, le prix des récepteurs. « Le marché des postes de radio s’élève à environ 56 millions, peut-on lire,  et celui des radios-réveils à environ 47 millions. Le prix moyen d’un radio-réveil est de 27 euros en 2009 (relativement stable par rapport à 2004 où il était de 25 euros), celui d’un poste de radio est de 46 euros en 2009 (contre 61 euros en 2004). Le prix moyen d’un baladeur MP4 est plus élevé, à environ 103 euros en 2009, mais en forte baisse par rapport à l’année pendant laquelle ce type d’appareil a commencé à être largement commercialisé, soit 188 euros en 2006".

"Cependant, à ce stade, les industriels envisagent, dans leur ensemble, d’aborder le marché des récepteurs RNT principalement à partir de postes de radio, en proposant non pas un prix proche du prix moyen, (46 euros), mais un prix plus élevé correspondant à un produit haut de gamme, c’est-à-dire environ 100 euros à 150 euros, qui valoriserait notamment l’écran sur lequel s’afficheraient les services associés. Certaines radios estiment pourtant, de leur côté, que le modèle numérique d’entrée de gamme devrait être commercialisé à un prix beaucoup plus bas, aux alentours de 30 euros, c’est-à-dire équivalent à celui actuel du radio-réveil".

Cher et donc peu attractif. Le prix des récepteurs, c’est là  l’un des arguments clé de cette révolution technologique. Mais sauf très gros effort des industriels, qui pour l’heure n’y croient pas, la RNT est vouée à l’échec, avant même son démarrage. 
 

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1 Comment
  • webeurmasque
    novembre 13, 2009

    il faut aussi ne pas oublier le pb que pose l’equipement des voitures qui n’est pas mentionné et qui pose de nbreuses difficultes d’ordre technique.
    dernier pb (un de plus) : pour les medias nationaux, les décrochages locaux (info et surtout pub) semblent ne pas être possible avec la RNT. Quand on sait que de nbreuses PME portent la pub dans les régions pour des radios type cherie FM et autres…