Parrainé par Alain Minc, le tandem Courbit-Lévy est aux portes de la régie de France Télévisions.

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Cela devait être qu’un simple dossier technique sans grands enjeux, ni grand intérêt. Et voilà qu’au fil des semaines la cession par France Télévisions des 70% du capital de sa régie publicitaire a pris une tournure politique et un tour explosif. Au point qu’à lui seul, ce chapitre résume assez bien toute la complexité des rapports entre France Télés et son actionnaire, l’Etat.

Dès les premiers jours et au vu des dossiers de candidatures, Patrick de Carolis avait fait savoir à Bercy que sa préférence allait au petit Poucet du lot, Hi-Média : Une petite structure à taille humaine et à laquelle est associé le groupe Sud-ouest, bref, un dossier qui disposait aux yeux du patron de France Télés de tous les atouts: de la souplesse, du savoir-faire et de l’exemplarité quant au volet social du plan de reprise. Mais c’était oublier Bercy, qui l’entendait d’une toute autre oreille…En effet, les hiérarques du ministère de l’Economie et le cabinet de Christine Lagarde, aiguillonnés par l’Elysée, avaient porté leur choix sur un autre dossier de candidature: celui emmené par deux mastodontes aux réseaux bien structurés, (on va le voir) : j’ai nommé l’ancien patron d’Endemol France et enfant gâté du petit écran, Stéphane Courbit, et la  figure tutélaire de l’empire Publicis, Maurice Lévy.

David contre Goliath. Décidé à ne pas s’en laisser compter, Patrick de Carolis, qui doit apposer en dernier ressort sa signature au bas de l’acte de cession pour que l’opération aboutisse, a donc ferraillé en coulisses pendant des semaines, afin d’imposer sa préférence. En vain. Car à Bercy, il était acquis de longue date que le PDG de France Télévisions n’aurait pas le dernier mot. Tutelle financière de l’audiovisuel public, cette grande maison a toujours considéré France Télévisions avec condescendance: une villégiature peuplée de saltimbanques incapables de gérer les deniers de l‘Etat et qu’il convient donc de tenir bride courte…

Or Patrick de Carolis n’échappe pas à la règle: soumis à rudes épreuves, ce PDG en fin de mandat travaille depuis cinq ans sous la férule d’une poignée de  hauts fonctionnaires peu enclins à lui faire des cadeaux.

Et il a donc eu fort à faire  avec ce dossier. Face à lui en effet, l’un des plus beaux réseaux de la place. Discret, brillant, ambitieux, et à la tête d’une fortune personnelle évaluée à quelques 200 millions d’euros, Stéphane Courbit est l’un des plus purs produits de l’école Alan Minc. L’essayiste et conseiller de Nicolas Sarkozy, qui a pris sous son aile une brochette de jeunes quadras évoluant dans le Paf, (d’Alexandre Bompard, patron d’Europe 1 à Bruno Patino, directeur de France Culture), s’est entiché de ce ténébreux dirigeant à la colonne vertébrale solide, un garçon que le chef de l’Etat a logé dans son disque dur, au cas où…Voilà pour les parrains.
 
Ainsi cornaqué, Courbit, qui s’est lancé dans le business des jeux en ligne, l’Eldorado du moment, se sent des ailes. D’autant qu’à ses côtés officie Maurice Lévy. Que l‘on ne présente plus: poisson pilote du CAC 40 dans l’univers de la communication, et ce depuis prés d’un demi-siècle, ce familier du chef de l’Etat, fondateur du séminaire de Davos et icône de la pub, est pour ainsi dire chez lui à Bercy. Et sa proximité avec Alain Minc ne fait qu’enjoliver le tableau. Minc-Lévy-Courbit, voilà donc une phalange difficile à freiner quand elle est lancée ! Personne à Bercy ne semble en tous les cas s’être soucié du fait qu’installé sur le marché de la production télé, avec un chapelet de sociétés de productions dans son portefeuille, Stéphane Courbit devrait se retrouver dans une situation pour le moins curieuse et sur laquelle devrait se pencher le Conseil de la Concurrence, au nom du mélange des genres: régisseur de France Télévisions  et producteur d’émissions pour cette même maison. Inédit.  Autre anomalie, le groupe Publicis peut-il prendre la tête d’une régie publicitaire d’un groupe pour lequel il travaille? Qu’en dira le  concurrent Havas? Que fera son propriétaire, Vincent Bolloré?   

Soucieux d’amadouer Patrick de Carolis, Bercy, dans sa grande sagesse, a contraint ces derniers jours Stéphane Courbit et Maurice Lévy à améliorer nettement leur offre, afin d’apaiser et convaincre le PDG de France Télés. Lequel devrait donner son feu vert à cette opération de rachat dans les  prochains jours, en adoubant la solution poussée par l’Etat. Voilà qui laisse pensif. 
 

 

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5 Comments
  • anderea
    janvier 26, 2010

    mais où va ce monde ..
    ah les jeux en ligne :on a du soucis à s e faire avec les enfants!sur certains jeux il suffit de donner le fournissier d’accés internet et ça se rajoute sur la facture même pas besoind de la carte bleue .
    petite chanson :le miroir aux alouettes est trop poli pour être honnête
    là aussi je mets mon post sur l’émission d e NS. car je sais qu’il ne passera pas ailleurs des journalistes d’express ne passent que ce qui va dans le sens du président ça commence à m’énerver:
    (même si il a fait l ‘éponge à souffrance comme dit CB çà arrive trop tard et il n’est pas crédible ;les français s’informent et leur quotidien prouve le contraire ; Tant qu’au chomage il ne peut pas baisser avec les fermetures annoncées pour les jours à venir comment peut ‘il dire ça! .Ou les français sont illuminés et ils ont besoin de croire au père noël .
    *La meilleure émission politique c’était ‘mots croisés’ et là aussi un Xavier Bertrand bouffi d’arrogance et vindicatif quand les autres essayaient d’élever le débat .C’est là où on se rend à l évidence que les élites politiques sont vraiment en faillite.
    *****vivement2012****
    Bonne journèe je pars en voyage ça me fera du bien

  • tetu29
    janvier 26, 2010

    Ah, Renaud, je vois que vous lisez Médiapart, c’est bien. L’enquête en 4 parties de Laurent Mauduit, elle est bien, hein ? Elle permet de faire rapidement des papiers. Effectivement, ça sent les vacances… Plagiaire ! Pardon, plagiste ! Ouarf !!!

    Sur Mediapart – http://www.mediapart.fr
    •Comment Courbit s’appuie sur Minc pour faire fortune
    •Courbit, Secret story, Big business & belle piscine
    •Courbit, ou l’art de faire des affaires sous Sarkozy
    • Les jeux en ligne, eldorado de Stéphane Courbit et du sarkozysme d’affaires

  • gengembre roger
    janvier 27, 2010

    l’argent pourrit tout même ceux qui l’étaient déjà avant

  • galliez
    avril 14, 2010

    Courbit, Satko ne pense qu’à ses amis richaes, qu’il enrichit, même s’ils sont nuls. On l’a déjà vu avec PROGLIO, et autres, maintenant les le « gourbi » de la pub! sarko se fout des programmes télé, la nullité de TF1 est probante! Moins de moyens aux chaines publiques,k Sarko, tel un Luis 14 veut tout controler! Mais nous on s’en fout des idées télévisuelles de Sarko, o, veut NOTRE TELE, c’est notre avis qui compte, pas celui du monarque!

  • Evangeline Cianciotta
    janvier 25, 2011

    Omg. Please help me. I just got an acne today and I think it’s because I ate too much junk food or something or I used a cucumber melon lotion on my face. So, how can I stop this horrible acne because I’m really stressing out and my school starts next week and I don’t want to go to school with my face looking this!!!!!