L'affaire Woerth propulse Pflimlin à la tête de France Télévisions.

par 9commentaires No tags 0


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Indiscutablement les affaires auront pesé d’un poids déterminant dans la nomination de Rémy Pflimlin, ce matin. L’imbroglio Eric Woerth, conjugué aux démissions d’Alain Joyandet et de Christian Blanc, ont obligé Nicolas Sarkozy, encouragé par Claude Guéant, à changer son fusil d’épaule et à renoncer à nommer celui à qui il avait promis le poste l’hivers dernier, le patron d’Europe 1, Alexandre Bompard. Même l’annonce a été différée, l’Elysée ne voulant pas d’un télescopage entre cette nomination à France Télévisions et les départs des deux ministres ce week-end. 

 
«Le choix de la raison », a plaidé le chef de l’Etat, toute la semaine dernière, devant ses proches, qui ne voulait pas d’un autre front ouvert avec l’opposition. Si le choix du discret Rémy Pflimlin n’enthousiaste pas de manière excessive le locataire de l’Elysée, il répond à un impératif de précaution : ne pas attiser le feu qui couvait autour d’une nomination hautement symbolique.

Programmé initialement pour prendre les rênes d’Arte, en mars 2011, l’ancien patron de Prestaliss a vu donc son destin basculer en pleine crise politique. Cette nomination fait un heureux et des victimes, à l’Elysée et au-delà. L’heureux gagnant dans cette affaire est Claude Guéant : le Secrétaire général de l’Elysée militait depuis des semaines pour un choix qui permette au chef de l’Etat de s’éviter une crise  avec le PS, où l’on n’aurait pas manqué de relever les liens d’un Alexandre Bompard avec François Fillon, voire sa proximité avec Nicolas Sarkozy.

Et la première victime du choix Pflimlin est Alain Minc: après avoir échoué dans le dossier du Monde, où il défendait le projet de reprise de l’Espagnol Prisa, l’éminence de grise de Nicolas Sarkozy encaisse un nouveau revers. Voilà  des mois qu’il défendait en coulisses la candidature Bompard, aux côtés d’autres soutiens du patron d’Europe 1 : d’Etienne Mougeotte à Pierre Lescure, de François Fillon à Jean-François Copé. 

L’arrivée de Rémy Pflimlin à France Télévisions ouvre en tous les cas une nouvelle ère pour cette entreprise, désormais placée sous la tutelle directe du chef de l’Etat : Une situation inédite et peu confortable pour celui qui s’installe dans le fauteuil de Patrick de Carolis, celui qui subissait depuis deux ans les oukases de l‘Elysée. Car c’est là bas que se dessine l’avenir de France Télévisions. C’est dans le bureau du chef de l’Etat que seront choisis dans les jours qui viennent les noms des futurs patrons des programmes et de l’information : un rituel détestable qui nous renvoie à une période que l’on croyait révolue à jamais. C’est ainsi que l’hypothèse d’une nomination du producteur Jean-Pierre Cottet, en lieu et place de Patrice Duhamel, à la direction des programmes, fait l’objet de tractations entre le nouveau PDG et le Château. Quant au remplaçant d’Arlette Chabot, (par Olivier Mazerolle ?), à la direction de l’info, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui s’en chargera : Un choix pour un poste clé, qu’il n’entend déléguer à personne.

C’est ainsi que les premiers pas du nouveau PDG risquent d’être compliqués : chacune de ses premières décisions sera examinée à l’aune de sa relation avec le chef de l’Etat.  Pas simple. A deux ans de la présidentielle, Rémy Pflimlin, prend en main les rênes d’une entreprise tenue à bout de gaffe par un président télévore. Ne pas toucher aux protégés du prince, ( Sabatier, Drucker, Moati…), isoler les «gauchistes», ( Ruquier, Demorand…), intégrer ou promouvoir les copains, ( Sled, Farrugia…), c’est à travers tous ces écueils que le nouveau promu va devoir naviguer. Epineuse feuille de route.    
  
 

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9 Comments
  • bonniot
    juillet 5, 2010

    j’enthousiasme, tu enthousiastes, il enthousiasse, nous enthousiasnons….

  • FSC
    juillet 5, 2010

    Pas mieux…

  • Loïs Eugène
    juillet 5, 2010

    Je trouve scandaleux que l’État choisisse le président de France Télévision et par conséquent les programmes qui passeront sur ces chaines. Ainsi avec ses nombreux amis à TF1, Sarkozy a la main mise sur la télévision. C’est une grave atteinte à la liberté des médias!

  • ADALBERON
    juillet 5, 2010

    Avant N Sarkosy, comment se faisaient les nominations : Dans le secret des couloirs. Depuis Sarkozy, plus d’hyprocrisie, il assume dans la clarté ce qui se faisait dans l’ombre. C’est comme pour les fonds secrets qui allaient dans quelles poches ???? Au moins M Jospin a fait un peu tard ce que la gauche symbole de pureté absolue aurait pu faire depuis longtemps.

  • fafia
    juillet 5, 2010

    mains mises sur les médias …. on rigole … ils s’en donnent à coeur joie les médias ….les médias aux ordres de la gauche !!! comme le nez au milieu de la figure faut être aveugle, pour ne pas voir ce manque de démocratie…. et en plus ça veut donner des leçons!!!!

  • Mimoune
    juillet 5, 2010

    Reste aux Français à être lucide en avril 2012 et à ne pas, ne plus, revoter pour N. SARKOZY. Il faut élire absolument quelqu’un d’autre : DSK-AUBRY ou autre duo DE VILLEPIN-BAYROU.

  • MICLAV
    juillet 5, 2010

    Quel est le candidat qui avait promis une République propre ? combines, manoeuvres, querelles, règlement de comptes, comédies burlesques,….voilà l’image qu’il donne de la république !!
    Il faudrait que certains enlèvent la peau de saucisson qu’ils ont sur les yeux! (n’est-ce pas FAFIA ?)

  • tenébon
    juillet 6, 2010

    Sarkozy = Berlusconi. Main mise sur les médias, c’est antidémocratique, et il faut que les français(es) rétablissent la situation en 2012. A ceux qui n’aiment pas le PS, votez BAYROU, c’est lui qui aurait dû arriver en 2007, et le Pays ne serait pas dans un état aussi déplorable.

  • petitbato
    juillet 6, 2010

    Demorand gauchiste? Hahaha! Elle est bien bonne celle là!