Une lettre ouverte de l'ancien directeur de la rédaction de France Soir, Gilles de Prévaux. .

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Alors que France Soir traverse une crise, qui s’accompagne de nouveaux changements à la direction du titre, avec la nomination d’un nouveau directeur de la rédaction, Rémy Dessart;, l’un des anciens patrons de cette même rédaction, Gilles de Prévaux, adresse, ce lundi, à son successeur une lettre ouverte, diffusée largement au sein du journal.  Lettre dans laquelle il solde le passé et remet en perspective les problèmes que traverse ce quotdien propriété du russe Sergueï Pougatchev et que dirige son fils, Alexandre Pougatchev.   

 

Le 26 août 2010

Cher Remy,

J’apprends à l’instant que mon nom va être supprimé ce soir de l’ours de France-Soir. Donc, c’est encore en tant que Conseiller éditorial de France-Soir que j’écris cette lettre.J’avais décidé et déjà annoncé à bon nombre de personnes que je comptais démissionner de mes fonctions de Conseiller éditorial, mais la façon de procéder à cette suppression sans même m’en parler m’a vraiment surpris.Pour une seule raison: tu ne m’en as pas soufflé mot il y a quelques instants lors de notre entretien téléphonique…au cours duquel tu m’as convié à déjeuner prochainement !Je n’avais effectivement plus de raison de rester Conseiller d’un Présidentqui n’écoute que les gens qui lui disent… ce qu’il a envie d’entendre.

Quoi qu’il en soit, par cette lettre, je te redis tous les voeux que je forme pour France-Soir, un journal que j’aime, auquel j’ai consacré 22 ans dema vie professionnelle, dont une partie à la grande époque de Pierre Lazareff, puis dix ans comme patron des Informations, avant d’être rappelé, 26 ans plus tard comme Directeur de la Redaction pour créer une nouvelle formule dans un marché très concurrentiel.J’ai aussi très souvent une belle pensée pour ses collaborateurs, journalistes ou non, devenus souvent des Amis, même si j’ai dû, face à la brusquerie des évènements, rester jusque là en retrait.

prevaux.jpgPuisse France-Soir rester un journal digne de ce nom, maintenu danssa crédibilité, loin du trash annoncé, et des scandales quotidiens souhaités par le Président !Permets-moi aussi, en te souhaitant beaucoup de perspicacité  dans tes nouvelles fonctions, de saluer ton Prédécesseur, Christian de Villeneuve qui, dans le cadre d’une formule que j’avais créée et – on oublie de le dire – qui avait séduit tout le monde et avait été approuvée page par page par le Président, avait su, avec son grand talent reconnu par tous, développer le quotidien.Il a été remercié en catimini, avant un week-end de 15 août, dans des conditions indignes.

Cela devrait faire réfléchir ses successeurs…Le Président voulait 200 à 250 000 exemplaires vendus en première année.Devant moi, de grands noms de la presse lui avaient dit que c’était impossible, que 60 ou 80 000 peut-être…Ma formule, dès les premiers jours a permis des ventes de plus de 90 000. Plus de 430% d’augmentation!Une légère baisse a suivi: France-Soir, avec plus de 60 000, n’avait plus "que" 280% d’augmentation !En réalité, comme après tout lancement, le journal avait baissé avant de se redresser.

En juillet, si je suis bien informé, vous aviez encore  regagné 2000 lecteurs, soit une diffusion superieure de 330% à celle du lancementde la formule… cinq mois avant !Mais le Président n’était jamais content. Il voulait des scandales, toujours des scandales, pour ne pas en dire plus dans cette lettre…Soudain, il ne parla plus que du "Bild", montrait des exemplaires.Il me fallut un certain temps pour comprendre qu’il était "conseillé" par  Holger Wieman, ancien éditeur (il y a 20 ans) d’un des douze magazines de Prisma-Presse, qui  le flattait, notamment par ses "connaissances" de Bild (où il n’a jamais travaillé), son CV alléchant ( très approximatif et très superlatif), et son bagout, sa propension connue de critiquer et démolir… sans rien proposer de concret.La formule est nulle, la Rédaction est nulle…

Tout était nul dans le rapport écrit qu’il avait remis au Président… qui l’a fait lire à de nombreuses personnes. J’aurais pu ne rien dire sur cet homme que j’ai vu démarrer dans un autre Groupe de Presse, où nous avons travaillé ensemble, et qui convoite de toute évidence de prendre les rênes de ce journal.  Pourquoi, et pour qui ? Mais j’ai aussi entendu dire, et répéter de bonnes sources, qu’il s’appropriait des titres, des fonctions et des succés qui ne lui appartenaient pas dans notre métier.Ce qui a provoqué cette lettre, dans laquelle je me dois de donner des précisions sur quelqu’un qui, investi d’une mission d’audit externe, n’appartient pas encore à France-Soir !Il répète par exemple, à l’envie, que le succès de Télé-Loisirs, c’est lui!

J’ai en réalité lancé ce magazine avec Axel Ganz en mars 1986. Dix mois tout juste après, j’avais atteint 1 million d’exemplaires vendus. Holger Wieman est arrivé bien après comme Directeur d’édition, avant de passer Editeur. Télé-Loisirs fera 1,5millions sans lui (Editeur Jean-Marie Burn), etjusqu’à 2,14 millions (Editeur Denis Berriat). Dans n’importe quelle société, on vérifie scrupuleusement les CV. Il est vrai qu’à ce niveau, avec une telle proximité avec le President…Même sur Google, des "erreurs" ont été inscrites. Par qui ?

PE_France-Soir_1.jpgCi-joint quelques liens internet pour vérifier mes dires qui ne vont certes pas "grandir" cet homme là sur lequel j’aurais pu être intarissable…

– Il n’a jamais été "Directeur de la Publication" des magazines Télé-Loisirs  et Voici. Poste occupé bien sûr par Axel Ganz.-Il n’a jamais été non plus "PDG de la Presse Magazine de Gruner&Yahr" (Poste inexistant

-Il n’a jamais été PDG de Gala, Voici et Télé-Loisirs.  (Poste inexistant. Axel Ganz étant lui même désigné comme "Gerant".

-Il n’a jamais été "Directeur adjoint de Prisma-Presse à Paris".  Le Directeur Général Adjoint a toujours été Jean Pierre Caffin. Au  dessous, il n’y avait que des Editeurs, Rédacteurs en Chef, Directe
ur de     Pub, DRH, ou Directeur Financier…

– Il a bien été responsable des magazines de Gruner&Yahr au Royaume  Uni, mais il oublie de dire comment ça s’est terminé, pourquoi sa   carrière à Gruner&Yahr, comme à Prisma Presse s’est arrétée là…  

Au bout de la traversée du désert, aujourd’hui enfin… le mirage? Arretons là, Rémy. Je ne voulais pas faire si long.  Mais j’ai si peur pour tous les journalistes de France-Soir, pour certains auprès desquels j’ai pris quelques engagements. J’aurai souhaité vivement, cher Remy, que, en vrai journaliste,  tu les  maintiennes sur la route du succès. Mais je leur dois la vérité!   Puisque lors de notre entretien téléphonique tu as été d’une grande hypocrisie, je ne garderai pas pour moi ta "confidence".  "Alors, tu vas faire du trash? t’ais je demandé.  "Tu sais, Gilles, m’as-tu répondu, on peut faire du trash  sous des habits dorés…"     Ainsi donc, vous avancez masqués…  Puisse France-Soir ne pas aller vers un formidable gâchis!  Et puisque j’ai décidé de rendre cette lettre publique en réponse aux  décisions prises en catimini,  Je salue Chacune et Chacun d’entre vous, chers Amis que j’ai eu la  fierté de cotoyer, et je vous témoigne de mon amitié indéfectible. 

Gilles de Prevaux 

 Conseiller éditorial,  Ancien Directeur de la  Rédaction de France-Soir  (26 octobre 2009 / 30 avril 2010

 

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10 Comments
  • Luc
    août 30, 2010

    J’ai quitté France Soir il y a plusieurs années désormais. Deux propriétaires et un nombre incalculable de directeurs de la rédaction plus tard, rien n’a changé : au programme, pathétiques querelles de chefs et journalistes à l’abandon.

    • Gilles de Prevaux
      juillet 9, 2011

      Deux précisions importantes:

      – Je n’ai pas abandonné France-Soir. Le Président m’a sorti de ma retraite (j’avais 65 ans) pour me demander de créer une nouvelle formule). Il était prévu que je ne reste que deux ou trois mois, et à la demande du Président, je suis resté 6 mois.

      – Mon poste de « Conseiller éditorial » auprès du Président était à titre tout à fait gracieux.

      Le propre de tout homme, encore plus d’un journaliste, est de tout vérifier avant de raconter des fadaises…

      Gilles de Prevaux

  • Chris
    août 30, 2010

    Ce monsieur est bien étrange. Il met au point une « nouvelle formule » mais quitte ses fonctions le jour de son lancement. Il laisse son successeur (Ch. de Villeneuve) s’en dépatouiller tout en restant conseiller (appointé) du Pdg. Là, il appelle son successeur (Dessarts) et révèle le contenu de leur conversation téléphonique (privée) tout en tirant à boulets rouges sur le Pdg et son nouveau conseiller. A décrypter cette lettre, c’est « Avant moi, le déluge ! Après moi, la bérézina ! » Bon courage à ce quotidien moribond.

  • armelcv
    août 31, 2010

    Les journalistes sont à l’abandon, et j’ai bien l’impression que le journalisme aussi est à l’abandon.
    Cela étant, se vanter d’avoir créé Télé-Loisirs… je ne suis pas sûr non plus que l’on puisse parler de journalisme.

  • katherine icardi lazareff
    août 31, 2010

    Je veillerai particulièrement à ce que le nom de mon grand père PIERRE LAZAREFF ne soit pas associé à une ligne éditoriale « trash »….
    QU’ON SE LE DISE…..!

  • Joe
    septembre 2, 2010

    Une faute de typo par ligne (il y en a même une dans le titre de l’article), c’est quasiment illisible.

  • Rouletabille
    septembre 4, 2010

    c’est toujours moche d’étaler sur la place publique un conversation privée. A quand la diffusion sur le Net de la bande sonore de ladite conversation ?

  • janssens
    septembre 12, 2010

    gilles de prevaux accuse Holger Wieman de mentir sur son curriculum, il devrait déja s’abstenir de mentir lui-même… Il n’a jamais été patron des infos dans le France-Soir de Lazareff mais chef de service au même titre que deux de ses confrères,sous l’autorité de Robert Soulé, directeur de ce service des informations générales…

    • Gilles de Prevaux
      juillet 9, 2011

      Décidément, la mauvaise foi…

      Il faudrait reprendre des cours de lecture: je n’ai jamais écrit que j’étais patron des infos du temps de Pierre Lazareffmais que j’avais travaillé à France-Soir du temps de Pierre Lazareff.

      Je fus bien par la suite Chef des Infos pendant 9 ans, ce qui m’a permis d’engager un certain Janssens, et de faire travailler à l’époque ou plus tard, sa femme et deux de ses trois enfants.

      Dans le France-Soir de 2010, Janssens, âgé de plus de 70 ans voulait collaborer par l’intermédiaire « d’un jeune qu’il aurait formé »…

      Cela ne put se faire, mais principalement à cause d’un procès engagé par Janssens précédemment…

      Ah, la sénilité….

  • Stevie Lamberty
    octobre 19, 2011

    Brilliant post, Anders.
    Keep up the good work, looking forward to next post.