Bertrand Méheut:  » J’ai lu ce matin dans la presse… »

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Lors du Comité de management du groupe Canal+ du 16 février, Bertrand Méheut, ( à doite sur la photo), sur lequel court depuis plusieurs semaines des rumeurs de départ, a démarré, d’un trait d’humour, sa réunion en ces termes: «J’ai lu ce matin dans la presse trois choses. Un, que je préparai ma succession, deux, que ce serait Rodolphe Belmer, (à ses côtés),  mon remplaçant, trois, que je quittai le groupe ». Et d’ajouter, « je confirme les deux premiers points et pas le troisième!» Le PDG a voulu ensuite expliciter sa pensée, en indiquant qu’il était « de la responsabilité de tout chef d’entreprise de préparer sa succession ». Et qu’il avait choisi pour cela, celui qu’il avait installé en 2003 à la tête de Canal+ France, Rodolphe Belmer. Brillant manager, ce dernier se voit ainsi officiellement intronisé comme dauphin d’un groupe qui sait organiser en douceur la transition. Artisan du sauvetage de «Canal», Bertrand Méheut, qui ne quittera pas pour autant le groupe, -en prenant vraisemblablement la tête du Conseil du surveillance-, laissera  les rênes opérationnelles, à une date non encore fixée, à celui qui prendra alors les commandes du Directoire.

 Il est à noter que, dans sa forme, ce passage de témoin est assez rare. En effet, Bertrand Méheut, dont le bilan est flatteur, aura anticipé comme peu de patrons d’entreprises, attachés à leurs fauteuils, un changement de gouvernance, que rien n’exigeait. Avec des résultats ronflants et une image intacte, le groupe Canal+ n’a jamais tourné aussi rond. Et rien n’obligeait encore une fois Bertrand Méheut, qui a la confiance de son actionnaire, à passer ainsi la main, tout du moins sur le plan opérationnel. On se souvient de TF1 en son temps et de l’inamovible tandem Patrick-Le Lay-Etienne Mougeotte, que le groupe Bouygues dut déraciner et pousser virilement vers la sortie, car usé par l’exercice du pouvoir. Or ce n’est pas le cas de Bertrand Méheut. Il semble que, dans ce cas de figure précis, la sagesse a prévalu. Et que sa mission accomplie, – le sauvetage et la relance d’un groupe en capilotade au départ de Jean-Marie Messier et de Pierre Lescure-, il ait estimé que le temps était venu pour celui qui a largement concouru au succès de ce groupe d’en prendre les rênes. Et tout cela se fait en bonne intelligence, sans heurts, ni claquements de portes. So british…

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