France Télévisions :A quoi joue François Hollande ?

par 11commentaires No tags 0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le PDG de France Télévisions, Rémy Pflimlin, est-il en train de se faire tranquillement étouffer par la nouvelle majorité et ses bras séculiers, une poignée de parlementaires PS, le cabinet de François Hollande et le ministère d’Aurélie Filippetti ?  Veux-t-on, de l’Elysée au ministère de la Culture et de la Communication, jusqu’à Matignon,  couper l’oxygène à celui qui vient de présenter aux salariés de son groupe un vaste projet, contesté en interne, de fusion des rédactions de France 2, France 3 et RFO?

Tout ce qui se passe en ce moment ressemble en tous les cas et à s’y méprendre à ces traquenards classiques tendus par le politique à des patrons de chaînes insidieusement poussés vers la sortie, car devenus indésirables.

Car la situation pour Rémy Pflimlin devient plus qu’inconfortable. Confronté à des difficultés budgétaires grandissantes, – 55 millions d’euros de déficit, officiel, affichés au compteur, pour 2012- et des perspectives toutes aussi faméliques pour 2013, (puisque le ministre du Budget a décrété une baisse de 4% des subsides de l’audiovisuel public), le PDG de France Télés se voit aujourd’hui imposer par l’Etat une feuille de route impossible à appliquer: restructurer au pas de course et sans le moindre coup de pouce de Bercy, une entreprise devenue poudrière et au bord de l’asphyxie budgétaire.

Du haut de leurs balcons, les sicaires de François Hollande regardent Rémy Pflimlin se débattre comme il peut: alors que les syndicats grondent et que la pression monte, l’intéressé sait qu’il n’aura pas un euro d’aides pour accomplir sa mission de redressement. Si bien que ce chantier inévitable, vital même pour l’avenir de son groupe, s’apparente de jour en jour à un véritable piège pour celui qui doit le mettre en œuvre. Rémy Pflimlin qui le sait s’est exprimé sur Europe 1, en expliquant :  Le gouvernement nous dit que c’est la crise, que tout ce qui dépend de l’Etat doit participer à l’effort. Quel est le budget dont nous disposerons ? En fonction de ce budget, nous devrons adapter les missions et l’Etat devra prendre ses responsabilités« . En clair, le PDG de France Télés ne se laissera pas enfermer dans une nasse et l’Etat devra afficher la couleur et dévoiler ses intentions.

On ne peut donner que raison à Rémy Pflimlin: silencieux, mais à la manœuvre, ministres et conseillers accentuent leurs pressions sur France de Télévisions, sans que l’on sache ce qu’attend vraiment l’Etat de ce PDG esseulé. Quel périmètre, quelles missions, quels développements, pour France Télévisions ? Mystère.  Mais le savent-ils? Ont-t-ils vraiment réfléchi à ce que doit être un groupe audiovisuel de cette taille en 2012, face aux enjeux qui le guettent? On en doute.

Toute cette affaire et ce bras-de-fer, qui n’ose dire son nom, nous rappelle un épisode de sinistre mémoire qui vit une ancienne ministre de la Culture et de La communication socialiste, Catherine Tasca, pousser à la démission Philippe  Guilhaume, après que François Mitterrand  en eut donné la consigne: courageux PDG  de France 2 et de France 3, Guilhaume n’eut pas d’autres choix que de jeter l’éponge, après que l’Etat l’ait acculé sur le plan budgétaire. Et c’est en lambeaux que ce PDG quitta l’entreprise. Le parallèle est tentant. Reste à souhaiter que l’histoire ne se répète pas en ces mêmes termes. Souhaitons-lui.

 

 

 

 

.

 

0
11 Comments
  • phoenix
    septembre 14, 2012

    Pflimlin est dans son rôle. Il suit même à la lettre, les préconisations de la Cour des Comptes dans son dernier rapport sur France Télévisions. Je partage votre analyse sur l’absence d’une ligne claire de l’Etat-actionnaire mais ce n’est pas nouveau.
    Je pense néanmoins qu’on va laisser Pflimlin faire le sale boulot jusqu’à terme. A moins que la majorité actuelle veuille encore en rajouter à la confusion.

  • fred4n
    septembre 14, 2012

    Lorsque France Télévisions sera budgétairement étranglé, M.Pigasse sera peut-être intéressé par le rachat de tout ou partie … inspiré par le parcours de S.Berlusconi ?

    • peeters
      septembre 14, 2012

      il y a un monde entre la vulgarité de Monsieur Berlusconi et Monsieur Pigasse…..

      • peeters
        septembre 14, 2012

        je trouve l’article de l’express plus que tendancieux
        Pfimlin et son équipe ont mal géré leur mandat, l’audience est tombée sous la barre des 10% à plusieurs reprises….FR3 même battue par Arte et W9!!!!
        Et face à la descente en enfer des audiences de TF1, il y avait un boulevard que France Télévision n’a pas emprunté….

      • fred4n
        septembre 14, 2012

        Vous avez raison, je ne compare pas les personnes mais les débuts de parcours, plus précisément la stratégie pour conquérir simultanément le pouvoir et le contre-pouvoir. Comparé à S.Berlusconi, M.Pigasse est plus élégant, plus brillant, plus intelligent, … plus redoutable ?

        • peeters
          septembre 14, 2012

          je suis dans le métier et je peux vous dire que la situation est catastrophique, absence de choix, d’axe, copinage, incompétence…..et je pense que le changement des équipes du sous-sol au dernier étage…au moins apportera une autre vision …..

          • fred4n
            septembre 14, 2012

            Oui, ce n’est pas contradictoire, vous parlez en connaissance, d’une nécessaire optimisation à l’intérieur, je parle d’une possible stratégie de conquête venant de l’extérieur.

          • Gab
            septembre 14, 2012

            Bah, ils n’ont qu’à faire comme aux Inrocks 😉

            Je trouve que le vieux slogan « La droite la plus bête, la gauche la plus malhonnête » reste bien d’actualité.
            Hélas.

  • phoenix
    septembre 14, 2012

    Ce n’est pas en renversant la table et en changeant les équipes que France Télé retrouvera de la sérénité. Bien au contraire. Les équipes dirigeantes successives ne sont pour rien dans les difficultés que traverse le groupe. C’est l’Etat-actionnaire et lui-seul qui n’a aucune vision. Le problème doit se régler à ce niveau-là car France Télévisions est dotée à l’intérieur de gens très compétents qui n’ont pas à payer pour l’incurie de l’Etat.
    Renaud Revel a raison de dire que Rémy Pflimlin fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. C’était la même chose avec Carolis, Tessier avant lui et ainsi de suite depuis vingt ans…

  • Mécheri
    octobre 3, 2012

    Ceci étant, nombreux sont les citoyens, de tous bords politiques, à être convaincus qu’il est plus qu’urgent de redonner du sens à notre unité nationale. De redonner des couleurs à notre Marianne.
    Toutefois, nos amis journalistes si objectifs, font continuellement barrage, y compris lors de ces fameux débats sur l’intégration, immédiatement relayé par le faux débat sur « la laïcité et islam ». Et plus encore, actuellement lorsque l’on voit certaines couvertures de magasine reprendre en écho certains raccourcis extrémistes et xénophobes, du style : »Faut-il avoir peur de l’Islam ? » … un mot déjà, en lui-même, si péjoratif dans nos esprits.
    A croire qu’une poignée de journalistes serait justement payés pour faire barrage et que les autres n’osent rien dire pour qu’une information objective et pas seulement à coloration xénophobe puisse être enfin rendue publique !
    Très Cordialement.

  • Mécheri
    octobre 3, 2012

    L’INDEPENDANCE de France télévision, celà fait vraiment sourire … »Mr Pfimlin … esseulé » ( rien que celà !) .. « SON groupe » ( Ah Bon ! ).
    Oui, en ce qui concerne l’audience, tombée en-dessous de 10 % :
    Pour illustration et s’agissant de l’audience tombée en désuétude, il suffit de voir les efforts de certains citoyens français, issus de l’immigration à qui l’on reproche très justement de ne pas apporter la contradiction sur les télés aux extrémistes !
    Toutefois, impossible de passer sur une chaîne à grande audience, pour simplement montrer au peuple de France une autre image, visant à montrer que nous ne sommes pas tous des « voleurs de poules et de mobylettes » …
    Aussi, comment ne pas s’impatienter, en observant que nous sommes pas moins de 17 millions de personnes, vivants en France, issus de ces vagues d’immigration qui ont construits plus de la moitié des pavés, bâtiments et autres réseaux autoroutiers de Paris ? ( Chiffre déterminé en croisant les fichiers INED – INSEE, sur le patronyme, donc en intégrant les mariages mixtes, seconde, 3ième et 4ième génération ).
    Et, qu’en face, on subit la vindicte constante de quelques poignées de xénophobes, s’employant à continuellement à nous réduire à des extrémistes. Extrémistes qui ont beau jeu d’associer le terrorisme à l’islam, puis les islamistes aux musulmans, puis le musulman à tout individu ayant un patronyme à consonance étrangère …