Hypermarché casher: pourquoi l'Elysée, Manuel Valls et le CSA veulent taper du poing sur la table.

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Ce plan, parmi de nombreux autres, a déclenché la colère et l’inquiétude des responsables politiques et policiers lors de la prise d’otage de l’hypermarché casher. Au point que Manuel Valls a lui-même pris son téléphone en pleine intervention des équipes du Raid pour exiger des patrons de certaines rédactions de chaines de télévision, – quand ce n’était pas ses dirigeants-, afin que ces plans soient occultés. La crainte du Premier ministre et de l’état-major policier : que le preneur d’otages  Amedy Coulibaly en tire quelques informations sur le dispositif policier l’entourant.
Cet incident n’est pas le  seul à avoir opposé durant ces longues heures de traque et de  siège les autorités policières et politiques aux médias. Au point de motiver la convocation par le CSA des responsables de l’audiovisuel,  public  et privé, l’objectif étant de tirer les enseignements d’une séquence médiatique à nulle autre pareille.
Car de nombreux manquements ont d’ores et déjà été pointés du doigt au CSA. L’urgence de l’immédiateté et la concurrence que se sont livrées les chaînes, tout-infos ou non, durant ces 72 heures de traque, a été en effet l’occasion de surenchères et de dérapages. La divulgation en pleine crise de la présence supposée d’otages dans la chambre froide de ce magasin en est un exemple criant. Si les chaines disent avoir redoublé de prudence, l’intensité, la fulgurance des évènements et leur soudaineté, ont vu les médias audiovisuels se multiplier en informations pas souvent vérifiées ou contrôlées. Certains journalistes experts en liaison directe avec certains membres du Raid ont ainsi bénéficié d’informations privilégiées, lesquelles, assure l’un de ces patrons de chaine, n’ont pas toutes été divulguées à l’antenne. Ce qui pose aussi la question de la responsabilité même de certains policiers présents sur le terrain.
Par ailleurs et à la demande de Manuel Valls et du ministère de l’Intérieur, les images de l’assaut du supermarché n’ont pas été diffusées en direct, mais en léger différé. De manière à que soient occultées des images difficiles, si l’assaut en question s’était mal déroulé.
Le CSA va donc étudier de très près toute cette longue séquence médiatique qui a vu les chaines d’infos, BFM TV et  I>Télé, réaliser des scores historique:  pas moins de 38% de part de marché pour la première que François Hollande avait dans son bureau en continu durant toute la durée de ces évènements.

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14 Comments
  • Mountbatten
    janvier 13, 2015

    Dans ce type d’opération les médias doivent comprendre que toute information donnée aux terroristes sur le dispositif mis en place peut leur permettre de contrer l’action en cours et par conséquent de mettre en danger la vie des otages et celle des policiers et gendarmes.

  • Cmoicharlie
    janvier 13, 2015

    La responsabilité du gouvernement et notamment le ministère de la justice sont confirmée dans ces attentats terroristes. Le silence de Mme Taubira est maintenant insupportable et inacceptable. C’est un scandale.

  • Vandest
    janvier 13, 2015

    La presse, notamment audiovisuelle, sait parfaitement ce qu’elle fait quand elle divulgue ces informations. C’est son métier. Dans ce type de situations, la déontologie elle s’assoit dessus. Ce comportement cynique est-il enseigné dans les écoles de journalisme ?

  • Vandest
    janvier 13, 2015

    La presse, notamment audiovisuelle, sait parfaitement ce qu’elle fait. Elle ne fait que son métier. Dans ce type de situations, la déontologie elle s’assoit dessus. Le cynisme est-il également enseigné dans les écoles de journalisme ?

  • chacalmalouin
    janvier 13, 2015

    Liberté de la presse, mais liberté surveillée..
    2 journalistes de RFI ont été assassinés au Mali, ils voulaient informer, ils échangeaient.

  • chacalmalouin
    janvier 13, 2015

    Lire ils dérangeaient

  • Piou21
    janvier 13, 2015

    SaiLiberté de la presse, oui, mais pas en méprisant la vie des personnes en danger. L’info qui tue n’est plus de l’info, c’est de la complicité… Pour quelque euros de plus, pour quelques auditeurs de plus!!! sissez votre commentaire…

  • Piou21
    janvier 13, 2015

    Liberté de la presse, oui, mais pas en méprisant la vie des personnes en danger. L’info qui tue n’est plus de l’info, c’est de la complicité… Pour quelque euros de plus, pour quelques auditeurs de plus!!!

  • Piou21
    janvier 13, 2015

    iberté de la presse, oui, mais pas en méprisant la vie des personnes en danger. L’info qui tue n’est plus de l’info, c’est de la complicité… Pour quelque euros de plus, pour quelques auditeurs de plus!!!

  • BozoLeClown
    janvier 13, 2015

    Parmi les dérapages inadmissibles qui se sont produits, un autre exemple : le jeune Lilian Lepère, celui qui est resté caché sous l’évier dans l’imprimerie, a témoigné ce matin que sa présence dans l’imprimerie avait été révélée par des médias, avant l’assaut du Raid. Dieu merci, cette information n’est pas parvenue aux oreilles des frères Kouachi. Sinon … Cette manière de faire de l’info est totalement irresponsable et j’espère qu’il y aura des sanctions fortes, bien au-delà d’un simple rappel à la déontologie.

    • Mimi-2
      janvier 13, 2015

      @BozoLeClown : J’ai entendu cette info donnée en direct par un député-maire dans l’émission de Bourdin (RMC) entre 9h et 10 heures. Elle a été relayé dans les émissions suivantes. Bourdin a également mis en danger des personnes qui étaient sur les lieux en leur faisant préciser leur position. Son attitude a été irresponsable.

      • BozoLeClown
        janvier 13, 2015

        @Mimi-2 : Bonjour Mimi. Merci pour cette précision. On met en cause les journalistes, ce qui est parfaitement justifié. Mais ils ne sont pas les seuls à participer à cette machine infernale de l’info en direct, qui ne peut que déraper. Il y aussi des imprudences commises par les personnes interviewées (ici, même un député-maire !), et aussi par des acteurs de terrain, éventuellement des forces de l’ordre, qui donnent eux-mêmes des infos. Pour moi, c’est ce besoin d’avoir des infos en temps réel et de suivre les choses minute par minute qui est une folie. Mais ça, on ne le changera malheureusement pas. Qu’au moins il y ait des sanctions nettes pour rappeler aux rédactions et à leurs interlocuteurs la prudence nécessaires. Bonne journée.

        • Mimi-2
          janvier 13, 2015

          @BozoLeClown : bonjour Bozo. C’est le député-maire qui a appelé lui-même Bourdin et qui a précisé qu’une personne était cachée à l’intérieur de l’usine en plus de l’otage. On voit bien le niveau de responsabilité de cet élu ainsi que du « journaliste » qui n’a pas cherché à couper court mais au contraire qui a repris cette info. Bonne soirée.

  • Piou21
    janvier 13, 2015

    Liberté de la presse, oui, mais pas en méprisant la vie des personnes en danger. L’info qui tue n’est plus de l’info, c’est de la complicité… Pour quelque euros de plus, pour quelques auditeurs de plus!!!.