Qui veut la peau de Mathieu Gallet?

par 8commentaires No tags 0

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Le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, tiendra-t-il sous la canonnade? Et si oui, combien de jours? C’est la question qui agite le monde des médias depuis que ce patron de 38 ans, assiégé par les syndicats, s’est pris les pieds dans la moquette molletonnée de son bureau. La violence de l’offensive l’oblige aujourd’hui à répliquer sur tous les fronts. Dans les colonnes du Monde, d’abord, où il s’emploie à désamorcer la bombe à retardement qui le menace. Et en interne, avec la publication d’une lettre d’explication, rendue publique ce matin. Ainsi que la proposition faite aux syndicats d’un moratoire sur la mise en place du vaste plan d’économie décrété voilà peu.
Tout cela sera-t-il suffisant pour le sauver de la noyade alors que de l’Elysée au cabinet de Fleur Pellerin, en passant par ses prédécesseurs, à Radio France, – Jean-Paul Cluzel et Jean-Luc Hees-, chacun nourrit le réquisitoire et charge allégrement le jeune PDG, lequel commence à avoir le dos bien large.
L’inspection général de Finances, qui a été saisie en milieu de semaine dernière sur la question de travaux réalisés par Mathieu Gallet pour son bureau, a rendu ce matin confidentiellement une partie de sa copie. Et la réponse de ce service se veut claire: si le remplacement de la moquette de cette pièce est une décision du PDG, les travaux d’ensemble, – d’un montant de quelques 100 000 euros-, sont l’œuvre de la présidence précédente. Quant à la voiture de fonction de l’impétrant, l’Inspection des Finances précise qu’il ne s’agit, comme la presse l’a rapidement relayée, d’une luxueuse berline, – une C6 a-t-on pu lire-, mais d’une 508 Peugeot hybride bien moins somptueuse que relatée. Les quelques errements d’un PDG un brin novice ne devraient pas masquer le plus important : l’état de délabrement budgétaire de Radio-France, ce gouffre financier qui ne peut lui être imputé. A savoir, quelques 280 millions d’euros de trésorerie négative à l’horizon 2019, une somme coquette qu’un rapport de la Cour des Comptes, publié dans les jours qui viennent, verse au passif de ses deux prédécesseurs, un document accablant pour Jean-Paul Cluzel et Jean-Luc Hees.
Mais le mal est fait. Réfugié dans sa tour d’ivoire, où il s’est rapidement coupé des personnels et des syndicats de l’entreprise, et fort mal conseillé par quelques « spin-doctors» peu inspirés, le patron de la Maison Ronde est devenu l’homme à abattre. Ainsi, devraient fleurir cette semaine dans la presse d’autres allégations concernant cette-fois-ci son train de vie à la tête de son ancienne maison, l’Institut Nationale de l’Audiovisuelle, où la nouvelle équipe dirigeante en place distille des goupillons à qui veut…C’est Open bar !
Pris en étau entre des syndicats qui ont entonné une Carmagnole et des cercles gouvernementaux qui ont mis sa tête à prix, au nom de ses fonctions passées et exercées au ministère de la Culture, sous les mandatures de Christine Albanel et de Frédéric Mitterrand, (période Sarkozy), l’homme est politiquement indésirable.
Et les syndicats qui l’ont compris ont entamé une chasse à l’homme qui rappelle celle lancée en 1990 par Catherine Tasca, qu’assista dans sa besogne l’ensemble des syndicats de l’audiovisuel public, contre l’éphémère PDG de France Télévisions aujourd’hui disparu, Philippe Guilhaume.
Mais il est une autre cible de choix dans cette partie de ball-trap en la personne d’Olivier Schrameck. L’Elysée et Fleur Pellerin ne ménagent pas leurs critiques à l’égard du président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de son Collège, à l’origine de la nomination de Mathieu Gallet il y a un peu plus d’un an: un faux-pas pointé du doigt dont on se gausse avec gourmandise. Or cette élection en forme de carambolage annoncé semble un levier tout trouvé pour peser sur le CSA à l’heure où celui-ci s’apprête à désigner le prochain PDG de France Télévisions. Pas question de laisser les coudées franches à un organisme qui s’est discrédité en installant à Radio France un dirigeant aujourd’hui en pleine déroute, entend-t-on dans certaines allées du pouvoir où le très fragile Mathieu Gallet fait un bouc-émissaire tout trouvé.

 
Les premiers résultats des élections cantonales, qui ont vu la résurrection de Nicolas Sarkozy, changent par ailleurs la nature de cette nomination: en l’espace d’une nuit, France Télévisions est redevenu un enjeu politique. L’affaiblissement (supposé) du CSA, – qui ne peut pas se permettre une démission du PDG de Radio France, laquelle n’est pas totalement à exclure compte tenu de l’explosivité du climat social-, fait aujourd’hui le jeu de l’exécutif où l’on pousse les feux, avec deux objectifs: un, fragiliser l’instance de régulation, deux, imposer un candidat de son choix.

 
Ainsi de la candidature de la présidente de France Médias Monde, Marie Christine Saragosse, une hiérarque proche du PS dont François Hollande pourrait aujourd’hui se satisfaire. La spectaculaire remontée du patron de l’UMP, avec la perspective d’une élection présidentielle explosive en 2017, modifient en effet la donne. Olivier Schrameck se retrouve ainsi au cœur d’un volcan : tout à la fois à la tête d’un organisme qui revendique son indépendance et face à une majorité politique qui le presse, au nom d’un même ADN partagé.

 
Autre écueil en vue, l’UMP qui veille au grain. Et où Nicolas Sarkozy aura beau jeu de crier à la reprise en main, après qu’il ait joué de son bureau à l’Elysée, cinq années durant, les DRH du Paf.

 
Voilà donc le CSA prévenu et sous pression. Voilà également un PDG de Radio France pris au piège. Qui se retrouve à son corps défendant à l’épicentre d’une bataille qui le dépasse. Bien que d’une immense maladresse, Mathieu Gallet ne mérite pas pour autant cet assassinat. Le rapport de la Cour des Comptes, qui va pointer les vraies responsabilités, sera-t-il suffisant pour le sauver de la noyade ? Rien n’est moins sûre. Seuls les syndicats de Radio France ont aujourd’hui la réponse à cette question. Accepteront-ils de se faire instrumentaliser ? De décapiter un homme sur l’autel d’une piteuse cabale? Quelques mètres carrés de moquette méritent-ils l’opprobre et cette curée?

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8 Comments
  • natdelarhune
    mars 23, 2015

    1 an et déjà un Gallet Bashing ! Qu’on s’intéresse à la gestion de Hees et de Val par exemple cela aura plus de sens. Maintenant que Radio France, tout comme France Télévisions, fasse des économies ! Dans ce pays économies et réformes sont des mots tabous, à force on regarde la caravane passer et le monde entier rigole !

    • Phil
      mars 28, 2015

      @natdelarhune : Tout à fait d’accord, et des économies, il doit y en avoir un paquet à faire dans ce genre de maison poussiéreuse…

  • ricardo
    mars 24, 2015

    Si il y avaItalie que ça!!! Il est la pour casser radio France.ce monsieur voulez fermer fip radio, à changer depuis début de l année la programmation du mouv en radio rap cefranc comme il dit..une radio misérable..un skyrock..en meprisant les auditeurs qui écoutaient cette radio..d ailleurs auditeurs qui partez sur d autres radios. Bonjour la culture!!! Et faut voir France Inter

    • mouais
      mars 26, 2015

      @ricardo : Apprenez à écrire!!! C’est illisible.

  • Christian G.
    mars 28, 2015

    Je ne sais pas si quelqu’un veut sa peau, mais ce qui est certain, c’est que les déconvenues s’enchaînent pour ce jeune dirigeant…
    Accablé à tort ou à raison, l’avenir proche nous le dira vite !

  • Robert
    octobre 26, 2015

    On se demande pourquoi les jeunes sont toujours le vouc et misere des anciens. Mathieu Gallet à un travail de fond a effectuer et c’t clair qu’il ne plaira pas à tout le monde.

  • bouth
    janvier 7, 2016

    un proverbe se dit  » si jamais le juge est ton principal adverssaire il faudra tout simplement plier ta moquette » ce monsieur trop naif pour accepter un poste « fusible » au moins il aurait du se rejoindre et faire partie au clan le plus fort pour pouvoire sauver sa peau, surtout quand il s’agit du monde de la presse dans un bain politico-financier.

  • Emilie J.
    janvier 18, 2016

    Je crois que ce monsieur est la victime d’une grande conspiration contre lui, il était naif à un point où il ne savais même pas qu’il était manipulé. Maintenant, je ne sais pas qui a essayé de l’éliminer mais je sais qu’il n’est pas apprécié du tout au sein de Radio France.
    Vous devez joindre la partie la plus forte monsieur Mathieu Gallet si vous voulez sauver votre peau.