Rémy Pflimlin au Conseil d'Etat: un pantouflage qui passe mal

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Le recasage du PDG sortant de France Télévisions, Rémy Pflimlin, au Conseil d’Etat, au-delà du fait que l’on est brusquement saisi d’un fou-rire, est l’exemple même de ce que le système français peut produire. Notre belle République a pour cela d’exotique et d’atypique de disposer d’un certain nombre d’institutions, – Conseil d’état, Cour des Comptes, Conseil économique et social, Quai d’Orsay…-, où l’Etat reloge les accidentés de la fonction publique. Ainsi de Rémy Pflimlin qui rejoint, par la grâce de François Hollande, l’un des Samu sociaux de la République, ce au nom de la discrétion et de l’élégance dont il aurait fait preuve au moment de son zéro pointé infligé par le CSA.
Elle n’est pas belle la vie? Gratifié d’un bilan pour le moins mitigé, -l’entreprise à bout de souffle est exsangue financièrement-, notre capitaine d’industrie, auquel le CSA n’a trouvé aucunes circonstances atténuantes au moment de l’examen de son parcours, a trouvé à l’Elysée une oreille compatissante. Un jour prochain on s’étonnera que nous ayons toléré si longtemps ces pratiques, baptisées « pantouflages », qui n’ont aucun équivalent dans les autre grandes démocraties. L’audiovisuel publique, comme d’autres grandes administrations, serait ainsi un univers à part: ceux à qui on en confie les commandes l’utilisent au service de leurs passe-droits, de leur image ou réputation. C’est un marchepied pour la suite, un simple point d’eau sur le chemin d’une carrière. Ces dirigeants qui fréquentent bien plus les couloirs des ministères que les plateaux de télévision n’ont de fait aucun intérêt véritable pour leur métier. Quant à l’Etat il les jaugent et les jugent non pas à l’aune de leurs résultats, mais en fonction de la souplesse de leur échine, de leur niveau d’allégeance et des services rendus durant leur passage à la tête de cette grande maison. En un mot, des zélotes du pouvoir, des courtisans auquel l’Etat, à son plus haut niveau, offre une porte de sortie quand souffle le vent du boulet.

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3 Comments
  • Gwada50
    août 5, 2015

    Rassurez-vous, Français ! Ce n’est réservé qu’aux (déjà) nantis, « accidentés » du travail pour incompétence ou virage intempestif ! Donc, dans une fourchette de 1800 à 6200 euros. Comme dans la « vraie » vie ???

  • satmag
    août 5, 2015

    article totalement médisant : le bilan de Pfilmlin à la tête de France télévisions est loin d’être si négatif : le groupe dépasse désormais très nettement le groupe TF1 en audiences. les pertes annoncées sont dues à la réduction de la dotation budgétaire de l’état et encore, les recettes sont plus fortes que prévues.

  • Dolynn
    août 5, 2015

    M. Revel, le mot « audiovisuel » serait-il féminin?
    Si la réponse est non, l’audiovisuel est public, pas publique 😉

    Que pensent les employés de France Télévision?

    Merci pour votre article qui met en lumière un des nombreux petits arrangements entre les patrons et l’Etat.