Tensions autour de la réorganisation de la direction de l'info de France Télés

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Delphine-ErnotteA peine installée Delphine Ernotte se voit confrontée à sa toute première crise. La nouvelle présidente de France Télévisions, qui travaillait depuis plusieurs semaines à la réorganisation de la direction de l’information du groupe, se heurte à l’opposition de son actuel patron, Pascal Golomer. La raison du bras-de-fer ? La nomination programmée d’un numéro 2 venu de TF1, – autant dire de Mars- Germain Dagognet.
Etat dans l’état, la rédaction de France 2, qui a toujours historiquement refusé les greffes extérieures, n’a jamais été un oasis: Delphine Ernotte en a pris conscience qui se heurte depuis quelques jours à un tir de barrage. Même David Pujadas, malgré son bilan et l’énorme travail effectué depuis des années aux commandes du  journal de 20 heures, n’a jamais vraiment été totalement accepté au sein d’une maison aux arcanes et codes extrêmement complexes : Sans l’indéfectible soutien et la protection de Thierry Thuillier, – l’ex patron de l’info et des programmes de France Télévisions parti sur Canal+-, il n’est pas sûre que David Pujadas, transfuge de LCI, aurait pu tenir aussi longtemps à son poste…
Réputé pour être un familier de l’ancien couple DSK-Sinclair, Germain Dagonnet, qui fréquenta par le passé Lionel Jospin et Olivier Schrameck, se retrouve ainsi estampillé dans les couloirs de France Télévisions où l’on évoque, à quelques encablures des Régionales et de la présidentielle, un parachutage politique. Oubliés ses états de service à TF1, où cet excellent rédacteur en chef est notamment connu pour être à l’origine du redressement des journaux du weekend de la chaine, avant que ceux-ci connaissent un fléchissement au début de cet été. Même l’entourage de François Hollande à l’Elysée y est allé de sa petite maladresse en disant tout le bien qu’il pensait de cette nomination en l’adoubant. De là à affirmer que Delphine Ernotte, avec cette nomination, serait en train de donner quelques gages au pouvoir, en installant aux côtés de Pascal Golomer un homme chargé tout simplement de le cornaquer, il n’y avait qu’un pas que beaucoup franchissent allègrement aujourd’hui.
C’est naturellement sans aucun fondements. C’est également l’illustration de l’esprit de citadelle qui anime une rédaction dressée su ses ergots dès lors que l’on tente de lui imposer un management venu de l’extérieur. Picrocholine cette querelle, qui en dit long sur les tensions qui risquent de jalonner toute la séquence médiatique et politique qui s’ouvre à l’horizon de l’élection présidentielle, n’en est pas moins un premier test pour Delphine Ernotte qui va devoir asseoir son autorité et imposer ses choix. Au prix d’une crise?

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