« Tout sauf Sarko »: Des médias et des instituts de sondage à l’unisson

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Sarko

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ensemble des médias à plat-ventre, une nuée en procession, en lévitation, des journalistes aplatis aux pieds de celui que les sondages consacraient avant l’heure, des feux d’artifices tirés par une légion de courtisans défilant dans son bureau dans l’attente d’une onction…Il est bien loin le temps qui voyait toute une profession célébrer l’ascension de celui que l’opinion, au travers des mêmes instituts de sondage, voue aujourd’hui aux gémonies. L’entreprise de démolition médiatique de Nicolas Sarkozy ressemble à s’y méprendre à celle de sa construction en 2007,quand les éditocrates de France et de Navarre promenaient leurs encensoirs et que les Sofres, BVA, Ipsos, Ifop et consorts faisaient tomber comme à Gravelotte des sondages en forme de plébiscite. « 80% des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se présente à l’élection présidentielle de 2017 », selon la dernière livraison de BVA, un institut qui bégaye à l’envie, comme ses homologues, cette même question devenue visiblement obsessionnelle chez les sondeurs et pour les médias: «Voulez-vous encore de Nicolas Sarkozy?» *

Pas une semaine en effet sans que l’une de ces fabriques de l’opinion cible celui dont les médias creusent la tombe avec une constance confondante, inversement proportionnelle au zèle que manifestaient ses laudateurs il y a neuf ans de cela. «Tout sauf Sarko » semblent crier les sondologues dont la petite musique ressemble à s’y méprendre à celle qu’il nous distillait en 1995, quand ils célébraient la victoire, assurée et annoncée, d’Edouard Balladur à l’élection présidentielle, avec le succès que l’on sait. On ne compte pourtant plus les ratés des sondeurs, surtout en matière d’élections, le plus célèbre d’entre eux étant le premier tour des élections présidentielles de 2002, où aucun institut n’avait vu le Front National arriver au second tour. Que dire de ce sondage IPSOS datant de février 2012 dans lequel 74 % des Français disaient que l’islam est une religion « intolérante »? Était-ce le bon moment pour sonder l’opinion publique alors que la guerre au Nord Mali contre les Djihadistes faisait rage?
Une maille à l’envers, une autre à l’endroit: Tombée dans l’antisarkozisme épidermique, la machine sondagiaire nous tricote donc un canevas mortifère. Et les médias embrayent avec délectation : trop heureux d’enterrer celui qui les tint bride courte et les rabroua, après les avoir longtemps câlinés, journaux et télés célèbrent la lente chute d’un Nicolas Sarkozy démonétisé par le microcosme, éxécuté par la vox populi. Chaque pelletée vient s’ajouter à la précédente, qui voit l’ancien locataire de l’Elysée, (dont les « observateurs » patentés scrutent au microscope la mine et analysent la gestuelle), enseveli chaque jour un peu plus sous un tombereau de sentence définitives. L’intéressé a beau dire ou beau faire, plus rien ne passe : devenu inaudible Sarkozy, que le «système » donne perdant, fait du sur place. Les médias qui ont changé de monture célèbrent aujourd’hui l’ascension du seigneur de Bordeaux, Alain Juppé: un vieux cheval de retour  regardé par les instituts de sondage et leurs relais comme un pur-sang auquel on trouve toutes les qualités, oubliant son passage à Matignon où il laissa, (avec Laurent Fabius, en 1984), le pire des souvenirs pour un Premier ministre sous la Cinquième République. Il serait du coup assez réjouissant de voir la machine médiatique se gripper et Nicolas Sarkozy se redresser avec le coup de rein dont il est capable. Il serait jubilatoire d’assister au retournement immédiat d’un métier en génuflexion célébrant le Phénix.

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