Numéro 23 : ces questions qui taraudent le Conseil d’Etat

par 3commentaires No tags 0

pascal-houzelot-1_5346237

 

 

 

 

 
Le Conseil d’Etat qui doit se prononcer d’ici la fin mars sur le maintien ou non de Numéro 23 sur la TNT, –une chaine mise à l’encan par le CSA, qui lui reproche une absence de transparence quant à son tour de table et pacte d’actionnaires- se pose de nombreuses questions. Pascal Houzelot, son PDG, qui a remis au sages du Palais Royal, le 30 décembre, un mémoire en défense, serait-il un bouc-émissaire et un levier tout trouvé pour dégager une fréquence sur la TNT ? Bref, veut-on définitivement déloger ce programme pour permettre à France Télévisions d’y installer sa chaine tout-infos, un projet appelé de tous ses vœux par l’Elysée où on lui cherche un point d’amerrissage ? Car malgré les conclusions d’un rapporteur indépendant, qui à deux reprises a estimé qu’il n’y avait pas matière à sanctionner aussi durement Numéro 23 et son fondateur, malgré les assurances données par ce dernier quant à la solidité de l’assise financière du groupe russe de télévision UTH, (contrôlé par Alicher Ousmanov, première fortune de Russie), qui a acquis dès 2013 15% de la chaine, rien n’y a fait.

 

Pilonné par les dirigeants de M6 et de TF1, et cloué au pilori, après que le CSA lui ait laissé presque deux années durant les coudées franches et avant qu’il ne se raidisse, Pascal Houzelot, auquel l’Express avait consacré un long portrait en mai 2015,    voit son avenir entre les mains d’un Conseil d’Etat : une institution où l’on n’écarte pas en coulisses un retournement en faveur de celui qui fait aujourd’hui figure au CSA de pestiféré. Dans les éléments que Pascal Houzelot et ses conseils ont transmis aux sages du Palais Royal figurent quelques faits factuels. Ainsi de l’accord passé dès avril 2015 entre Pascal Houzelot et Next Radio, qui préfigurait une vente de Numéro 23 au propriétaire de RMC et de BFM TV : une opération dont le CSA avait été informé.

 

Reste les sommes en jeux et l’importance du montant d’une vente avortée: 80 millions d’euros. Un chiffre astronomique qui avait indigné les observateurs, ainsi que les membres du CSA. Mais le Conseil d’Etat sera contraint d’examiner la jurisprudence en la matière. Vincent Bolloré en son temps céda ses deux chaines, D8 et D17, au groupe Canal+ pour quelques 180 millions d’euros, sans que le CSA y trouva à redire. Bien avant cela, le producteur Claude Berda fit de même avec la vente de TMC et de NT1 au groupe TF1 pour une montagne d’euros ( 150 millions d’euros! ).

0
3 Comments
  • Serge surpin
    février 4, 2016

    Vous oubliez le principal dans cette affaire : Mr Houzelot a vendu un pourcentage du capital de sa chaine à des intérêts russes et il a prévenu le CSA des modalités de la transaction seulement un an après. Pire, dans l’accord de cession avec les russes, il est indiqué que la chaine devra être vendue très rapidement. Donc quelques semaines seulement après la création de la chaine. Ce qui prouve une volonté de faire rapidement de l’argent avec cette chaine. Les investisseurs français connus qui devaient investir dans la chaine promis lors des auditions de 2012 ne sont pas venus. Mr Houzelot a caché les faits au CSA et c’est cela qui est reproché. Le problème c’est que pour vendre la chaine a ALain WEILL il a dû cette fois ci dire la vérité. Et le conseil n’a pas du tout apprécié d’être pris pour des idiots.

    • Lefevre
      février 17, 2016

      @Serge surpin : complement d accord. I express soutient systématiquement monsieur Houzelot sans jamais citer l ensemble du dossier… J attends mieux de un journal soi disant sérieux….

  • Lefevre
    février 17, 2016

    Voici un article tout à fait télécommande et totalement partial… Vous oubliez que monsieur Houzelot n a eu qu en tête de revendre sa chaîne avant même son obtention. Il a manipulé à ses fins personnelles un bien offert par l état au nom de la diversité qui est un thème si important pour tous. Si quelqu’un se gare sur une place handicapée, n appelleriez vous pas la fourrière ? Mr Houzelot a également oeuvre à manipuler le csa à coup de dîners mondains… Tout cela est un scandale qui choque l ensemble des français dans un contexte économique difficile. Je suis surpris que mr Houzelot ne soit pas envoyé en prison.