Une série télé, un film et une version dominicale de Salut les Terriens: Thierry Ardisson prépare la rentrée

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Hier sur Canal+, maintenant sur C8 : vous achevez votre onzième saison avec « Salut les Terriens ». Avec quel  bilan en termes d’audience ?

Quand je suis arrivé sur Canal+, la case, alors occupée par Stéphane Bern, naviguait à 750 000 téléspectateurs. J’ai atteint au bout d’un an la barre du million de personnes, pour tourner, deux ans plus tard, autour d’une moyenne d’1,2 million de téléspectateurs : ce qui est le score de « SLT », aujourd’hui sur C8. Mon transfert sur cette chaîne s’est donc révélé positif. Je regrette d’autant moins ce changement que je me sentais à  l’étroit sur Canal+, où Michel Denisot et Renaud Le Van Kim, son producteur, régnaient en maitres. Je me souviens avoir dit en filant sur D8 : « C’est le Far-West ! Celui qui construit le salon de coiffure sera coiffeur, celui qui construit la banque sera banquier. Et celui qui réussira à imposer sa marque sera parmi les tauliers ». C’est ce qui s’est passé. Si bien que C8 m’a demandé de réfléchir, pour la rentrée de septembre, à une version dominicale de mon émission : baptisée Les Terriens du Dimanche, elle se rapproche de celle que j’animais sur Paris Première, il y a vingt ans, Rive Droite / Rive Gauche, mais axée sur la Politique et le Sociétal. S’ajoute à cela, un « prime » en préparation, intitulé « Samedi Soir à Pigalle » : une émission entre le cabaret et la rencontre intimiste, animée sur le mode familier et tutoyant de « 93, Faubourg Saint-Honoré ».

Qu’est ce qui a changé dans la télévision, telle qu’on la fabrique aujourd’hui, comparée à celle des Années 80-90 ?

Beaucoup moins d’audace de la part des chaînes dans la prise de risque, c’est sûr. Il  y a des choses que j’ai faites qui seraient impensables aujourd’hui. Mais je ne crois pas, pour autant, que la télévision de 2017 soit moins permissive que celle d’il y a vingt ans : diffusé à 19 h, c’est-à dire très tôt dans la soirée, Salut les Terriens reste une émission que je trouve très gonflée ! Ce qui a sans doute changé pour moi, en revanche, dans la manière de faire de la télé et en tous les cas avec ce type de programme, c’est leur extrême préparation dans l’écriture. Quand j’arrive sur le plateau de « SLT », j’ai sous les yeux 150 fiches que j’ai préalablement rédigées ! Ce qui a changé, également, ce sont les réseaux sociaux et la mithridatisation du métier que j’exerce par les Robespierre du digital : n’ayant ni compte Twitter, ni compte Facebook et un téléphone portable Nokia à clapet, je m’évite cette guillotine. Le fameux échange de mars 2001 avec Michel Rocard : « Sucer, c’est tromper ? »,  a mis huit jours pour atterrir dans « Le Monde », sous la plume de Daniel Schneidermann. Quinze secondes suffiraient aujourd’hui.

Vous êtes un enfant de la télévision publique, où vous avez fait une grande partie de votre carrière. En avez-vous la nostalgie ?

Pas une seconde, même si mon université reste l’ORTF, avec Daisy de Galard, Claude Santelli, Jean-Christophe Averty… Je ne me reconnais pas aujourd’hui dans un Service Public vidé de sa substance, qui devrait obliger les producteurs à mettre un supplément d’âme culturel dans tout ce qu’ils entreprennent. Quand je faisais Tout le monde en parle, sur France 2, je recevais, certes, des bimbos de la téléréalité, mais également Michel Houellebecq et Bret Easton Ellis ! Si bien que rejoindre aujourd’hui une chaîne de Service Public ne me parait pas plus glorieux que de rester sur C8, où je suis très heureux. Je bénéficie avec Vincent Bolloré, avec qui j’ai de bonnes relations, d’une prime de génération : nous avons le même âge. C’est lui d’ailleurs qui m’a suggéré d’adapter en série télé mon dernier livre, Les Fantômes des Tuileries, une fois achevé le prochain, Le Petit Livre Blanc, qui sort à l’automne : une ode à la Monarchie.

A la différence de Cyril Hanouna, qui a signé avec Vincent Bolloré, justement, un accord de production majeur, vous n’appartenez pas à l’écosystème de Vivendi. C’est un regret?

J’aurais bien aimé que cela m’arrive ! J’aurais bien aimé que l’on me dise : « On lance une nouvelle chaîne, on veut arriver à la hauteur de M6 dans tant d’années, on te donne, chaque 1er janvier, 50 millions d’euros et démerde-toi pour que cela soit bien».  Chapeau Hanouna ! Vincent Bolloré a failli racheter mes sociétés, Ardisson & Lumières et Ardimages, mais ça ne s’est pas fait. Ardisson, aujourd’hui, c’est une PME de quatre personnes.  « Small is beautiful » : cette légèreté me permet de proposer des concepts d’émissions à différentes chaines et à différents coproducteurs. Ce que j’ai fait, par exemple, avec « Le Blind Test », qu’on produit avec Shine et qu’on vend partout. Je reste fondamentalement un publicitaire, mon premier métier et à ce titre, un créateur de concepts télé, ciné, séries.

Vous avez produit un  film, « Max », avec Mathilde Seigner et Joey Starr…

Et je travaille aujourd’hui à la co-production, avec StudioCanal, d’un second long  métrage,  « Les Enfants du Palace » : un film musical sur cette boite iconique des Années 80.  Je viens par ailleurs de m’associer à deux jeunes producteurs de talent autour d’une société, Nolita Cinéma. L’un des projets, en l’écriture, est une série, toujours avec StudioCanal, « Talk-Show »,  qui se déroule dans les coulisses d’une chaîne de télévision. Voyez, je suis indécrottable. Dans les usines de Détroit à l’abandon, au moment de la Grande Dépression, était écrit à la peinture sur un panneau : « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ». Eh bien, c’est moi qui le ferai, avant de tirer ma révérence.

 

 

Hier sur Canal+, maintenant sur C8 : vous achevez votre onzième saison avec « Salut les Terriens ». Avec quel  bilan en termes d’audience ?

Quand je suis arrivé sur Canal+, la case, alors occupée par Stéphane Bern, naviguait à 750 000 téléspectateurs. J’ai atteint au bout d’un an la barre du million de personnes, pour tourner, deux ans plus tard, autour d’une moyenne d’1,2 million de téléspectateurs : ce qui est le score de « SLT », aujourd’hui sur C8. Mon transfert sur cette chaîne s’est donc révélé positif. Je regrette d’autant moins ce changement que je me sentais à  l’étroit sur Canal+, où Michel Denisot et Renaud Le Van Kim, son producteur, régnaient en maitres. Je me souviens avoir dit en filant sur D8 : « C’est le Far-West ! Celui qui construit le salon de coiffure sera coiffeur, celui qui construit la banque sera banquier. Et celui qui réussira à imposer sa marque sera parmi les tauliers ». C’est ce qui s’est passé. Si bien que C8 m’a demandé de réfléchir, pour la rentrée de septembre, à une version dominicale de mon émission : baptisée Les Terriens du Dimanche, elle se rapproche de celle que j’animais sur Paris Première, il y a vingt ans, Rive Droite / Rive Gauche, mais axée sur la Politique et le Sociétal. S’ajoute à cela, un « prime » en préparation, intitulé « Samedi Soir à Pigalle » : une émission entre le cabaret et la rencontre intimiste, animée sur le mode familier et tutoyant de « 93, Faubourg Saint-Honoré ».

Qu’est ce qui a changé dans la télévision, telle qu’on la fabrique aujourd’hui, comparée à celle des Années 80-90 ?

Beaucoup moins d’audace de la part des chaînes dans la prise de risque, c’est sûr. Il  y a des choses que j’ai faites qui seraient impensables aujourd’hui. Mais je ne crois pas, pour autant, que la télévision de 2017 soit moins permissive que celle d’il y a vingt ans : diffusé à 19 h, c’est-à dire très tôt dans la soirée, Salut les Terriens reste une émission que je trouve très gonflée ! Ce qui a sans doute changé pour moi, en revanche, dans la manière de faire de la télé et en tous les cas avec ce type de programme, c’est leur extrême préparation dans l’écriture. Quand j’arrive sur le plateau de « SLT », j’ai sous les yeux 150 fiches que j’ai préalablement rédigées ! Ce qui a changé, également, ce sont les réseaux sociaux et la mithridatisation du métier que j’exerce par les Robespierre du digital : n’ayant ni compte Twitter, ni compte Facebook et un téléphone portable Nokia à clapet, je m’évite cette guillotine. Le fameux échange de mars 2001 avec Michel Rocard : « Sucer, c’est tromper ? »,  a mis huit jours pour atterrir dans « Le Monde », sous la plume de Daniel Schneidermann. Quinze secondes suffiraient aujourd’hui.

Vous êtes un enfant de la télévision publique, où vous avez fait une grande partie de votre carrière. En avez-vous la nostalgie ?

Pas une seconde, même si mon université reste l’ORTF, avec Daisy de Galard, Claude Santelli, Jean-Christophe Averty… Je ne me reconnais pas aujourd’hui dans un Service Public vidé de sa substance, qui devrait obliger les producteurs à mettre un supplément d’âme culturel dans tout ce qu’ils entreprennent. Quand je faisais Tout le monde en parle, sur France 2, je recevais, certes, des bimbos de la téléréalité, mais également Michel Houellebecq et Bret Easton Ellis ! Si bien que rejoindre aujourd’hui une chaîne de Service Public ne me parait pas plus glorieux que de rester sur C8, où je suis très heureux. Je bénéficie avec Vincent Bolloré, avec qui j’ai de bonnes relations, d’une prime de génération : nous avons le même âge. C’est lui d’ailleurs qui m’a suggéré d’adapter en série télé mon dernier livre, Les Fantômes des Tuileries, une fois achevé le prochain, Le Petit Livre Blanc, qui sort à l’automne : une ode à la Monarchie.

A la différence de Cyril Hanouna, qui a signé avec Vincent Bolloré, justement, un accord de production majeur, vous n’appartenez pas à l’écosystème de Vivendi. C’est un regret?

J’aurais bien aimé que cela m’arrive ! J’aurais bien aimé que l’on me dise : « On lance une nouvelle chaîne, on veut arriver à la hauteur de M6 dans tant d’années, on te donne, chaque 1er janvier, 50 millions d’euros et démerde-toi pour que cela soit bien».  Chapeau Hanouna ! Vincent Bolloré a failli racheter mes sociétés, Ardisson & Lumières et Ardimages, mais ça ne s’est pas fait. Ardisson, aujourd’hui, c’est une PME de quatre personnes.  « Small is beautiful » : cette légèreté me permet de proposer des concepts d’émissions à différentes chaines et à différents coproducteurs. Ce que j’ai fait, par exemple, avec « Le Blind Test », qu’on produit avec Shine et qu’on vend partout. Je reste fondamentalement un publicitaire, mon premier métier et à ce titre, un créateur de concepts télé, ciné, séries.

Vous avez produit un  film, « Max », avec Mathilde Seigner et Joey Starr…

Et je travaille aujourd’hui à la co-production, avec StudioCanal, d’un second long  métrage,  « Les Enfants du Palace » : un film musical sur cette boite iconique des Années 80.  Je viens par ailleurs de m’associer à deux jeunes producteurs de talent autour d’une société, Nolita Cinéma. L’un des projets, en l’écriture, est une série, toujours avec StudioCanal, « Talk-Show »,  qui se déroule dans les coulisses d’une chaîne de télévision. Voyez, je suis indécrottable. Dans les usines de Détroit à l’abandon, au moment de la Grande Dépression, était écrit à la peinture sur un panneau : « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ». Eh bien, c’est moi qui le ferai, avant de tirer ma révérence.

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