Affaire Angot-Rousseau: le CSA saisit et Yann Moix (indigne) sous les projecteurs

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L’affaire Christine Angot-Sandrine Rousseau ne cesse de s’amplifier avec la lettre adressée au CSA de la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa. Estimant qu’une victime d’agression sexuelle, Sandrine Rousseau, y a été « humiliée », la ministre pointe du doigt l’émission, ses chroniqueurs et son animateur. Rappel des faits sous la plume de l’AFP. La romancière Christine Angot, chroniqueuse de l’émission depuis la rentrée, s’est emportée sur le plateau contre Sandrine Rousseau alors que l’ex-élue écologiste expliquait comment les violences sexuelles doivent être entendues au sein de structures telles qu’un parti politique. « Je ne peux pas entendre ça. Essayez de le comprendre », a lancé Christine Angot, elle-même très véhémente. « Il n’y a personne qui veut l’entendre. On se débrouille! », a lancé la romancière avant de quitter le plateau. Son départ, supprimé du montage final de l’émission, a été confirmé par France 2.

Christine Angot a été elle-même victime d’inceste, ce dont elle parle dans ses romans. L’autre chroniqueur de l’émission, l’écrivain Yann Moix, a ensuite déclenché les pleurs de Sandrine Rousseau en lui reprochant d’être porteuse d’un discours politique sur les violences sexuelles. « Vous n’imaginez pas la violence de ce que vous dites. C’est l’histoire que j’ai vécue que je raconte. Ce n’est pas un discours que je porte », a répondu Sandrine Rousseau. « A un moment donné, la question est: comment fait-on bouger les choses? (…) Il n’y a pas de bonne méthode ».

 

Voilà pour le résumé de l’affaire.

Il est extrêmement délicat d’exprimer un avis tranché sur une polémique où tout est affaire de sensibilité à fleur de peau. L’âme tuméfiée, Christine Angot comme Sandrine Rousseau ont chacune vécu des histoires où elles ont été toutes deux profondément meurtries : l’une dans sa chair, à jamais, l’autre psychologiquement,pour longtemps. Si bien que la violente réaction de la première, comme les larmes de la seconde, devraient nous inciter au silence et au respect: au nom de leur intimité et de la douleur qui les habitent.

Car chacune de ces deux femmes a exprimé, comme elle le pouvait et le ressentait, une forme de désespoir. Aussi Yann Moix s’est-il comporté de manière indigne en accablant celle qui dans cette triste histoire a tout simplement eu le courage de lever le voile sur les mœurs ignominieux d’une classe politique où certains confondent depuis des lustres les allées de l’Assemblée ou du Sénat à un terrain de chasse. Un peu de pudeur et moins d’effets de manches ! On ne demandait pas à Moix de prendre au pied levé la défense de sa voisine et consœur, (aussi meurtrie soit-elle), mais d’entendre le mal-être d’une femme qui a eu à endurer les assauts inqualifiables, insupportables, d’un responsable politique atteint de priapisme. Ce n’est pas à un chroniqueur télé de juger de la sorte de l’intimité d’un être quand des fêlures sont à ce point béant. Ce n’était pas à Yann Moix de s’ériger en juge, là où on attendait un peu d’écoute et de compassion. Et encore moins d’administrer cette médiocre leçon à une femme qui a tout simplement eu le mérite de dénoncer,sans fards, des pratiques qui relèvent d’un barbare droit de cuissage. Si la douleur et la sortie (qui n’a rien de théâtrale) de Christine Angot doivent être respectées et entendues, la tristesse et le désarroi de Sandrine Rousseau, doivent être, de la même manière, écoutées et comprises.

 

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1 Comment
  • Boris
    octobre 4, 2017

    Yann Moix est un con, doublé d’un écrivain parmi les plus médiocres de son temps. Il est néanmoins un peu meilleure que son acolyte dégénérée…