Face aux  » fakes-news » les français plébiscitent le journalisme

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Il souffle comme un vent nouveau dans l’opinion à l’égard des médias et de la population journalistique. Selon un sondage réalisé par Viavoice, en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France, dans le cadre des Assises internationales du journalisme qui se tiendront de mercredi à samedi à Tours, 92% des personnes interrogées déclarent que le journalisme est utile. Dont 96% des cadres, 94% des professions intermédiaires et 90% des employés et ouvriers. Voilà qui vient contredire nombre d’enquêtes précédentes qui mettaient inlassablement en exergue les travers d’une corporation souvent pointé du doigt pour sa partialité supposée, ses liens de connivence avec les pouvoirs, politiques et économiques, son absence d’indépendance et une forme de parti-pris ou d’approximation dans le traitement de l’information.

Ce sondage est d’autant plus intéressant qu’il est publié à un moment où les français affirment souvent être en mesure de se forger seuls une opinion, de se passer des médias traditionnels, pour s’informer, en allant butiner sur Internet et les réseaux sociaux. C’est le café du commerce digital : à chacun son kiosque à journaux et son sommaire quotidien. C’est ce que l’on pensait…

Or il se passe depuis quelques mois un événement salvateur pour la profession, avec l’explosion des « fakes-news » et la prolifération d’une information low-cost : ses ravages et la prise de conscience du politique,  qui va légiférer en la matière, ont semble-t-il ouvert les yeux d’une opinion étonnement mature et clairvoyante, qui a pris soudainement toute la mesure du caractère éminemment dangereux d’une information approximative ou délibérément fallacieuse.

A l’instar du consommateur qui veut se rassurer en privilégiant un produit labellisé « NF » ou «bio» sur le linéaire d’une grande surface, le téléspectateur, l’auditeur ou le lecteur semblent vouloir se fier à des médias dont ils savent à la fois la rigueur, l’honnêteté et l’intransigeance. Si internet a massacré, dans un premier temps, un secteur qui a vu des milliers de titres disparaitre et des milliers de journalistes jetés à la rue, il a également consacré le règne de la désinformation et de la manipulation. Cette lente prise de conscience se traduit par des signes avant-coureurs : la renaissance de quelques-uns des flambeaux de la presse américaine, qui retrouve peu à peu, après avoir manqué sombrer, tout son lustre et sa puissance, en est un majeur. De même, la chasse faite aux «fakes-news » par une profession sur le qui-vive est un gage de sérieux et de crédibilité pour des français longtemps suspicieux à l’égard d’une profession soupçonnée de collusion avec les élites. Ainsi 61% des sondés disent attendre des journalistes « qu’ils vérifient les informations fausses, les rumeurs, la désinformation ». Leur mission première.

 

Mais sont-ils prêts à payer en  retour pour une information dite de qualité ? Ils sont 40% à dire l’accepter. Ce chiffre peut apparaitre faible, mais il est bien plus important qu’il y a dix ans: comme dans l’industrie musicale, qui renait de ses cendres et que l’on pensait moribonde, le dogme de la gratuité sur internet est en train de doucement tomber.

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